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Les défis du foodservice et des acteurs de la supply chain, selon Xerfi

9 Mars 2022 - 4343 vue(s)
Dans le cadre de la sortie d’une étude portant sur les défis des fournisseurs face à la mutation de la RHF, les nouveaux usages, la digitalisation, la RSE­ et les opportunités pour les acteurs de la supply chain, Delphine David, directrice d’étude chez Xerfi évoque les belles perspectives de la restauration, tout comme les mouvements de concentration qui se renforcent chez les fournisseurs et la digitalisation galopante du parcours client.

Comme l’explique Delphine David, dans un communiqué du cabinet Xerfi qui vient de paraître portant sur la mutation de RHF et ses conséquences sur la supply chain, les perspectives de croissance de la restauration hors foyer s’annoncent encore conséquentes, après la tempête traversée. Le rapport évoque un rebond de 15 % du marché des produits alimentaires et boissons pour la RHF après – 36 % d’activité en 2020 (plus de 10 milliards d’euros) en raison des fermetures d’établissements liées à la crise sanitaire. Elle pronostique un retour à l’activité de 2019 de 30 Md€ à 2024. Plusieurs éléments (persistance de facteurs sociodémographiques et culturels favorables, digitalisation et montée en puissance de la livraison, capacité d’innovation et de renouvellement de la restauration, offensives du commerce de détail alimentaire sur le marché du snacking) participeront à la relance de la RHD et de son écosystème. Après avoir cédé près de 22 % en 2020, le chiffre d’affaires des fournisseurs leaders a gagné 12 % en 2021, selon les estimations de Xerfi. Et il devrait s’apprécier de 22 % en 2022 puis de 4 % en 2023. Toutefois, les fournisseurs sont soumis à d’importantes contraintes (pressions tarifaires des clients, évolution réglementaire, adaptation des offres aux nouveaux usages des consommateurs…) et à de fortes augmentations de coûts (marchandises, main-d’œuvre, carburant) qui pèsent sur leurs marges (taux d’EBE tombé à 2,2 % en 2020). La situation financière des entreprises s’est également dégradée. Le taux d’endettement des grossistes indépendants a ainsi doublé à plus de 70 % en raison notamment d’un important recours au prêt garanti par l’Etat (PGE) tandis que leur rentabilité financière a été divisée par deux (6,3 % en 2020).­      ­­

­Une course à la taille critique­       ­        ­­       ­

Pour renforcer leurs parts de marché, massifier leurs achats et négocier de plus gros volumes, les fournisseurs de la restauration (et en particulier les grossistes) se sont lancés dans une véritable course à la taille avec pour objectif d’obtenir des conditions tarifaires avantageuses, explique l’experte de Xerfi. A cet effet, poursuit-elle, ils procèdent par croissance externe (à l’image du groupe Pomona qui a racheté le grossiste DGF en juin 2021), par la conclusion de partenariats (comme les groupements d’indépendants spécialisés dans les boissons C10 et Distriboissons qui se sont rapprochés pour créer une centrale de négociation commune en mars 2021) et par une organisation en groupements d’indépendants. Le marché des produits alimentaires et boissons pour la RHD est déjà concentré. La vingtaine d’acteurs leaders représente en effet les deux tiers de l’activité. Les groupes Metro et Pomona font largement la course en tête, suivis de France Frais, Vivalaya ou encore Martin Brower France et Transgourmet. Les fortes pressions concurrentielles donneront lieu à de nouveaux rapprochements, notamment entre grossistes, prévoit Xerfi. Des alliances à l’achat sont envisageables entre groupements d’indépendants et de nouvelles opérations de croissance externe semblent très probables alors que les cibles ne manquent pas parmi les grossistes indépendants. Les cash & carry seront, eux, confrontés à la concurrence croissante des opérateurs de la grande distribution alimentaire. Ces derniers investissent massivement dans la livraison et ils ont tout intérêt à lancer l’offensive sur le marché BtoB alors que la restauration gagne des « parts d’estomac ». Enfin, d’autres opérateurs émergent à l’instar des plateformes de circuits courts qui mettent en relation producteurs et restaurateurs. Si certaines (comme Collective Food) se spécialisent sur le BtoB, d’autres viennent du BtoC (LaRuche qui dit oui ! et Pourdebon). Grossistes (plus des deux tiers du marché), cash & carry, producteurs, prestataires logistiques et commerce de détail alimentaire sont les cinq grands circuits intervenant sur le marché des produits alimentaires et boissons pour la RHF.      ­        ­

­Les axes de développement en question­   ­        ­

­Pour Delphine David, l’un des principaux enjeux pour les fournisseurs concerne la digitalisation des parcours clients alors que la crise a favorisé le développement de l’achat en ligne. Tous les acteurs, et en particulier les groupements d’indépendants, n’ont pas encore de site marchand. Les plus avancés lancent aujourd’hui leur marketplace. Par ailleurs, les fournisseurs tentent de se positionner en guichet unique auprès de leurs clients grâce au développement de leur palette de services, puisuit-elle. Celle-ci s’étend peu à peu à tous les maillons de la chaîne de valeur des restaurateurs : de la communication aux ventes (aide à la digitalisation), en passant par la gestion des ressources humaines (outils de recrutement, de planification), des infrastructures (location de matériel) et la cuisine. L’accompagnement dans la mise en place de la démarche RSE devient un axe de différenciation auprès des clients alors que les fournisseurs eux-mêmes accélèrent sur le plan du développement durable dans un contexte d’évolution réglementaire (lois EGalim, AGEC, Climat et résilience notamment) et d’attentes des parties prenantes. Outre la prise en compte du bien-être et de l’amélioration des conditions de travail des collaborateurs, les démarches RSE s’articulent autour de quatre objectifs : garantie d’une alimentation durable et de qualité, promotion d’une agriculture raisonnée et locale, réduction des impacts environnementaux des activités logistiques et de transport, diminution des déchets d’emballages et du gaspillage alimentaire.

Elément issus du communiqué de presse de Xerfi et de l'interview de Delphine David.

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