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Profession de foi. Le Snarr rappelle le rôle moteur de la restauration rapide dans le ‘système’ France

4 Avril 2022 - 1704 vue(s)
Dans un climat post-crise sanitaire très tendu et hyper-inflationniste pour la RHD qui souffre notamment de pénurie de personnel, le Syndicat National de l’Alimentation et de la Restauration Rapide a dressé un bilan plutôt encourageant pour la branche, véritable moteur de tout un écosystème qu’il souhaite mettre en lumière. Notamment sur le front du bilan social suite à la revalorisation des grilles de salaires, des compétences ou encore des parcours professionnels.  

Signées par les partenaires sociaux et entrées en vigueur dans la foulée en février dernier, les nouvelles grilles de salaires de la restauration rapide, témoignent d’un dialogue social qui n’a jamais été rompu durant la crise et d’une volonté de valoriser l’employabilité des métiers, ont expliqué de concert, Jérôme Tafani, vice-président du Snarr et la déléguée générale du syndicat Esther Kalonji qui ont livré, il y a quelques jours, leur état de santé de la branche et souligné son rôle majeur dans le "système" France. Après avoir rendu un hommage appuyé au précédent président du syndicat, Alexis Bourdon (démissionnaire et remplacé depuis le 22 mars par Romain Girard) et salué son bilan et l’ensemble des projets qu’il a portés depuis sa première élection en 2014, Jérôme Tafani n’a pas manqué de rappeler combien la restauration rapide avait fait preuve d’agilité et d’adaptation ces dernières années pour rester en cohérence avec les besoins des consommateurs, les nouvelles habitudes alimentaires, les exigences sanitaires et environnementales mais aussi comment elle a su s’adapter à la nouvelle donne en intégrant de nouveaux parcours clients via le digital.

"Ces défis, nous les relevons au quotidien et notre ambition est d’aller plus loin car notre contribution sociétale est essentielle au système France", Jérôme Tafani, vice-président du Snarr.

192 000 salariés aux avant-postes

Si la restauration rapide s’est installée comme une pratique du quotidien, appréciée et essentielle au mode de vie des Français, c’est qu’elle a su s’inscrire au service de la dynamique des territoires, ont expliqué les représentants du Snarr. Elle pèse près de 20 % du parc de la restauration aujourd’hui. D’ailleurs sur les deux dernières années, ce sont près de 5 000 nouveaux établissements qui ont ouvert, selon les tous derniers chiffres (NDLR : selon CHD Expert) et rappelés par Jérôme Tafani. « Le tissu économique est nourri par des entreprises de la restauration rapide qui créent du lien social et des emplois non délocalisables », a complété Esther Kalondji qui a évoqué le poids de la branche qui,  avec ses 192 000 salariés, sert 1 repas sur 4 pris hors domicile. Une restauration rapide qui a su épouser le modèle de consommation alimentaire des Français.

+ 7,5 % d’augmentation du salaire de base sur 4 ans pour maintenir le pouvoir d’achat

La déléguée générale a profité aussi de cette prise de parole pour évoquer les enjeux en termes d’emplois et les actions très concrètes enclenchées pour rendre l’employabilité du secteur plus attractive. « Si la dynamique passe par le recrutement de nouveaux talents, la pérennisation des emplois tient dans la capacité de la branche à retenir et conserver ses collaborateurs à travers un accompagnement salarial et de bonnes conditions de travail », a-t-elle indiqué. Cela induit d’être en mesure de valoriser et de reconnaître aussi bien les formations que la montée en compétence des salariés. Et sur ces points, le Snarr s’est toujours montré proactif. Preuve en est, les accords salariaux signés avec les partenaires sociaux au niveau de la branche qui ont permis, sur ces 4 dernières années, de revaloriser de 7,5 % le salaire de base (qui n'a jamais été en dessous du Smic) pour préserver le pouvoir d’achat des salariés dans un contexte économique inflationniste. La hausse a même été de 3,79 % lors des dernières négociations de février 2022.

Revalorisation de 5 % du niveau IV mais aussi de la PAC

« On vient chez nous pour avoir un job, mais aussi parce que nous sommes parmi les rares employeurs à accepter tout le monde, quelles que soient les origines, l’éducation, la provenance, tout en offrant une formation à tous et la possibilité de construire ensuite, des vraies carrières », a expliqué Jérôme Tafani. En ce sens, un soutien plus marqué a été souhaité en direction de ceux qui s’investissent en restauration rapide. C’est le cas pour les collaborateurs de niveau IV (managers et managers adjoints) qui ont vu depuis février dernier, leur rémunération annuelle augmenter de 5 % tout comme pour ceux qui font le choix de poursuivre dans la branche. En effet, si la revalorisation des primes annuelles conventionnelles affiche + 5 % pour les salariés de moins de 3 ans d’ancienneté, elle est de 10 % pour ceux de plus de 3 ans d’ancienneté (soit une hausse de 40 €). « Nous avons aussi créé un niveau supérieur d’ancienneté à plus de 10 ans. Une manière de prendre en compte, ceux qui suivent un long parcours dans nos métiers, dans l’attribution de la prime d’activité », a ajouté Esther Kalonji qui a insisté sur l’effort régulier de la branche pour préserver le pouvoir d’achat des salariés, mais aussi pour rester à leurs côtés dans leur quotidien. « Nos actions passent aussi par tous ces leviers qui vont permettre d’augmenter l’attractivité de nos métiers. Que ce soit par la valorisation des heures de nuit, la prise en charge des frais de transport après 22 h, l’élargissement du don de jours de repos, la création de congés spéciaux, la réflexion sur l’acquisition de moyen de mobilité douce, la valorisation de la prime de coupure, le soutien de salariés dans la difficulté grâce au Fonds d’action sociale, l’accompagnement du handicap… ».  Et de rappeler que l’objectif qui prévaut dans les actions du Snarr, est à la fois d’accompagner les salariés dans leur quotidien mais surtout d’intégrer de nouveaux talents, de favoriser la montée en compétence et la fidélisation des salariés.

Snarr

Plus de certifications et un nouveau diplôme pour 2022

Si la branche s’est investie dans la formation des personnes qui entrent dans ses rangs pour un premier emploi afin d’améliorer leur employabilité, elle s’attache aujourd’hui à favoriser le parcours de ceux qui veulent y rester. Parmi les pistes, l’élargissement de tous les diplômes reconnus à l’extérieur. Si par le passé, un seul CQP faisait référence, la Snarr a fait habiliter un CAP de production et des services en restauration. De quoi ouvrir un certain nombre d’emplois en restauration et valider du même coup, les acquis obtenus dans les enseignes de restauration rapide. En 2022, un nouveau diplôme intermédiaire devrait voir le jour, baptisé « Responsable opérationnel de restauration rapide » ; il sera préparé en un semestre.

Si le syndicat insiste sur sa volonté d’être toujours moteur de l’insertion par l’emploi avec un effort continu de modernisation et d’amélioration des conditions de travail, de la formation, de l’intégration (une campagne pour favoriser l’alternance est au programme 2022) et de la mise en avant des carrières, il a aussi insisté sur ses engagements sociétaux et ses axes de contribution pour répondre aux défis du 21e siècle. A commencer par sa forte présence dans  les territoires et au cœur du modèle agricole français, son accessibilité avec des repas variés à prix abordables mais aussi son fort pouvoir d’innovation notamment dans les nouveaux parcours clients. Sans oublier son investissement sur le volet environnemental. Sur ce dernier point, rappelons que si la profession a été mise au pied du mur sur un certain nombre de sujets (tri 5 flux, retrait des emballages plastiques, mise en place du réemploi), elle a su reprendre l’initiative et innover.

 

Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Suivez Paul Fedèle sur Twitter @francesnacking
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