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Le SIAL Paris au point cardinal des tendances alimentaires

21 Juin 2022 - 1331 vue(s)
Après une édition 2020 avortée pour cause de pandémie, le Salon International de l’Alimentation reprend ses droits et s’apprête à accueillir à Villepinte, du 15 au 19 octobre prochains, 7 000 exposants issus de toute la filière agroalimentaire internationale. Parrainée par le chef Mauro Collagreco, cette édition entend s’inscrire au cœur des transformations majeures de l’écosystème food. Elles sont nombreuses alors que le Covid-19 a bousculé les tendances de consommation et que les tensions sur les coûts des matières premières se font vives.

4 ans que les professionnels de la filière agroalimentaire attendaient le grand retour du SIAL Paris qui constitue un rendez-vous phare avec ses 7 000 exposants venus de toute la galaxie food internationale, ses 250 000 m² d’exposition et ses 300 000 visiteurs attendus traditionnellement à Paris Nord Villepinte. Et en ayant choisi de conserver la thématique « Own the change », initialement prévue pour l’édition 2020 annulée à cause du Covid-19, les équipes organisatrices de Comexposium ont choisi de mettre encore l’accent sur les mutations des habitudes de consommation et la nécessité d’une transition alimentaire accélérée par les dernières années que nous venons de vivre. « Après 4 années, cette édition du SIAL sera à n’en pas douter un grand moment. Nous sommes tous collectivement conscients des challenges à relever pour imaginer des solutions d’avenir et s’engager durablement. Il faut faire de cette crise une opportunité pour accélérer les changements avec le défi de produire en quantité, en qualité, de manière éthique, durable et sociale pour protéger les hommes, mais aussi favoriser une accessibilité afin de donner l’accès à tous à cette alimentation », soulignait Nicolas Trentesaux, le directeur général du SIAL, lors de la conférence de presse organisée à Paris ce mardi 21 juin. Le choix du chef du restaurant Mirazur, Mauro Collagreco, en tant que parrain de cette année du SIAL Paris, s’inscrit dans la logique de cette ambition alors que le triple étoilé d’origine argentine multiplie les engagements en faveur d’une alimentation locale et éthique et a également obtenu pour sa chaîne de burgers Carne, la certification environnement et sociétale B Corporation.

L'alimentation, un acte citoyen pour deux tiers des consommateurs

Il faut dire que, à l’échelle mondiale, 63 % des consommateurs considèrent aujourd’hui l’alimentation comme un acte citoyen qui équivaut à choisir le monde dans lequel nous voulons vivre selon les résultats de l’étude Kantar Insights Food 360 menées pour le SIAL. D’ailleurs, 71 % des consommateurs ont changé leur comportement au cours des deux dernières années, en grande majorité pour aller vers une alimentation plus saine (67 %). Après la santé, les changements de comportements alimentaires restent fortement motivés par la priorisation du local (48 %), de l’attention aux ingrédients (37 %) et du respect de l’environnement (36 %). Ainsi, même aux États-Unis, qui était l'un des pays les plus en retard en termes d’engagement (avec le Royaume-Uni), le changement consommateur s’accélère désormais en ce qui concerne la santé/diététique, l’attention aux ingrédients (forte diffusion des applis de scan-food début 2022) ou encore l’environnement. À noter que ces préoccupations gagnent des zones auparavant timidement engagées, comme l’Asie et le Moyen-Orient qui continuent de recruter des adeptes de produits sains, écologiques ou locaux. Le virage responsable se stabilise en Europe, signe à la fois d’une maturité manifeste dans la prise de conscience et d’une évolution de l’offre en phase avec les attentes. La part des innovations éthiques et éco-responsables, croissante au niveau mondial depuis 5 ans (de 2,5 à 7,9 %), y est particulièrement marquée (10 %), et même 12,3 % en France selon les données partagées par Xavier Terlet du cabinet ProtéinesXTC. « Les fournisseurs mettent particulièrement en avant des produits locaux, des emballages recyclés et recyclables sans oublier le phénomène du vrac, ralenti par la crise pour des raisons sanitaires, mais dont l’avenir passera sans doute par les marques », indique-t-il. « En Europe, on observe en revanche un ralentissement des croissances sur le bio. Saturation du marché ? Problématique du prix ? On pourrait avoir demain un effet ciseaux entre, d’un côté, un bio moins cher et de l’autre un bio « augmenté » mettant en avant d’autres allégations complémentaires telles que le local, le bien-être animal, la santé… ».

 

A l'épreuve des prix 

Plus largement, la pression économique repose de manière brûlante les termes du rapport qualité/prix qui évolue vers une équation plus complexe, celle du bénéfice/prix ou « value for money ». Certes, au-delà de la santé et de l’environnement, la notion de plaisir concerne aujourd’hui une innovation sur deux dans le monde, et reste un facteur de motivation essentiel de l’alimentation (pour 72 % des sondés, + 2 points). Mais sacrifier l’une de ces trois dimensions pour une question de pouvoir d’achat sera de moins en moins acceptable dans un contexte de crise multi-factorielle (géopolitique, sanitaire, climatique, ...). L’enjeu pour les acteurs sera donc maintenant de pouvoir répondre à l’ensemble de leurs attentes avec une offre claire et accessible au plus grand nombre. D’autant que la crise a généré ou amplifié des modifications de comportements déjà auparavant observables renforçant encore le virage entrepris en faveur de la transition alimentaire. On n’oubliera pas non plus le digital alors que le numérique ouvre de nouveaux modes d’accès aux produits, à l’information et au conseil.

La restauration doit trouver de nouveaux leviers

Durement touchée par la crise sanitaire, la restauration a bien sûr aussi fait face à l’obligation de s’adapter, elle qui n’avait pas encore retrouvé à fin 2021 ses niveaux de fréquentation d’avant-crise : - 14 % de visites en moins au niveau mondial et même – 28 % en Europe selon les chiffres partagés par Maria Bertoch, du cabinet The NPD Group, qui insiste sur la montée en puissance de la restauration rapide et du nomadisme alimentaire boosté par les périodes de confinement. Ainsi, la restauration hors-domicile se trouve prise en étau entre des hausses de prix inédites et un potentiel de reprise modéré. Car la sensibilité au prix serait encore plus aigüe alors qu’en avril 2022, 78 % des sondés estiment que les prix dans la restauration avaient déjà augmenté depuis l’année dernière (dont 24 % ont beaucoup augmenté). Et 55 % considèrent que cette augmentation va avoir des conséquences sur leurs habitudes de restauration hors domicile. Et si le plaisir convivial du restaurant reste indispensable pour beaucoup, les consommateurs développent face à la perte de pouvoir d’achat des stratégies diverses : réduction du nombre de repas pris à l’extérieur, recherche de prix bas ou réduction de l’addition avec la suppression des produits « périphériques » - boissons, café ou dessert. 31 % précisent qu’ils se rendront moins souvent au bar ou au restaurant, 18 % qu’ils seront à l’affût des meilleurs prix et promotions, 15 % qu’ils commanderont moins d’articles selon The NPD Group. Aller chercher le consommateur, là ou il se trouve, constitue donc un enjeu majeur alors que 22 % des 18-24 ans, 18 % des 35-54 ans mais également 7 % des 55 ans et plus, envisagent d’augmenter leurs nombres de commandes de repas en ligne dans les prochains mois. Enfin, en restauration aussi, le manger mieux, le manger sain, le manger responsable font figure, plus que jamais, de vrais leviers de séduction. Ainsi, 69 % des convives européens (NDLR : issus du Big 5 soit Allemagne, Espagne, France, Grande Bretagne, Italie) invitaient les restaurateurs à prendre davantage en compte les sujets liés au développement durable. C’est 16 points de plus qu’il y a 6 mois seulement !

 

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