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Malgré l'inflation, les Français conservent leur appétit pour la livraison de repas

24 Mai 2023 - 4242 vue(s)
Près d’1 consommateur sur 2 s’est fait livrer un repas en 2022, et 37 % d’entre eux ont eu recours à la livraison pour leurs courses alimentaires. Une pratique, boostée par la pandémie, et qui s’est depuis durablement installée avec un chiffre d’affaires cumulé évalué à 7 milliards d’€ aujourd’hui et des perspectives à 9,2 milliards d’€ d’ici 2026 selon le cabinet Food Service Vision. Malgré le contexte inflationniste, les perspectives resteraient favorables alors que l’offre se diversifie.

A ceux qui pensaient que la livraison de repas ne serait qu’un feu de paille, phénomène passager boosté par le contexte des confinements, la dernière Revue Livraison publiée par le cabinet Food Service Vision vient apporter un sérieux démenti. En effet, le chiffre d’affaires cumulé de la livraison s’élèverait aujourd’hui à 7 milliards d’euros et pourrait atteindre les 9,2 milliards en 2026. Ainsi, 48 % des Français y auraient eu recours en 2022. Mais sur les 6 derniers mois, la pratique s’accélère encore ! Et ce sont au total près de 6 Français sur 10 (59 %) qui auraient déjà fait l’expérience de la livraison. 4 clients sur 10 commandent même toutes les semaines, et la part des clients réguliers s’est stabilisée à un niveau élevé par rapport à ce qu’il était en 2019, avant Covid (+ 10 points). Sans surprise, les jeunes et plus spécialement les « millennials » (18-35 ans) sont les principaux consommateurs. « Leur insertion professionnelle, et donc leur pouvoir d’achat, augmenteraient leur fréquence de consommation en livraison », soulignent les conclusions de l’étude, fruit d’une approche multi-dimensionnelle (enquête auprès de professionnels et consommateurs, tracking des offres, interviews…).

Le jeune actif d'Île-de-France sur-représenté

Ainsi, le profil type de l’utilisateur serait majoritairement de sexe masculin, génération « millennials » donc, actif, résidant dans des grandes villes (plus de 100 000 habitants) avec une surreprésentation en Île-de-France. La part des CSP + est en augmentation sensible (+ 7 points entre 2021 et 2023), alors que celle des inactifs baisse fortement. La progression la plus rapide se situe dans la même région Île-de-France (+ 7 points). L’usage de la livraison est plutôt régulier avec trois repas livrés en moyenne par mois, encore très majoritairement au domicile dans près de 8 occasions sur 10, sur les fins de semaines (2/3 des occasions), essentiellement au dîner (6 occasions sur 10) et en groupe de 2,6 personnes en moyenne. Le cadre professionnel ne représente pour le moment que 29 % des commandes, mais est en nette progression depuis 2020 (+ 8 points), cela concerne très majoritairement le déjeuner, en semaine.

Le prix, principal frein identifié

Le choix du restaurant reste guidé par la qualité (67 %) et le prix (60 %), devant le prix de la livraison (58 %), l’étendue du choix (54 %) et la rapidité de livraison (58 %). Cependant, le principal reproche des consommateurs reste la nourriture ou la boisson renversée (77 %) devant la commande incomplète (74 %) et le plat chaud devenu froid (68 %). Les parts de ceux qui indiquent vouloir commander plus souvent, et de ceux qui réduisent leurs commandes, s’égalisent toutefois autour de 20 %. Et pour ces derniers, les raisons sont assez faciles à identifier. 66 % invoquent en effet des raisons budgétaires, 39 % préfèrent préparer eux-mêmes leurs repas, et 25 % privilégient la vente à emporter. À noter que les promotions déclenchent plus de 40 % des commandes sur les plateformes de livraison !

La livraison se structure et séduit de nouveaux entrants

Sur ce marché de la livraison, les agrégateurs, déjà largement dominants les années précédentes, continuent de renforcer leur position sur le marché (+ 8 points de progression par rapport à 2020). Les consommateurs auraient d’ailleurs de plus en plus tendance à n’utiliser qu’une seule plateforme (41 %, contre 30 % en 2020). « Uber et Deliveroo concentrent l’essentiel du marché et renforcent encore leur progression, au détriment de Just Eat, et le smartphone devient le premier canal de commandes en livraison (41 %) ». Le nombre de marques proposant un service de livraison ne cesse d’ailleurs d’augmenter : de 50 800 en octobre 2021 à 56 300 en janvier 2023 (+ 10 %). Food Service Vision distingue d’ailleurs plusieurs typologies d’acteurs : les « classiques » (le restaurateur propose ses produits en livraison en propre ou via un agrégateur sous sa propre marque) ; les « marques hybrides » (le restaurateur choisit de développer une nouvelle marque exclusivement dédiée à la livraison avec un sourcing et une production internalisés) ; les « full dark » (sans restaurant physique avec production dans une « ghost kitchen ») ; les « licencieurs » (marques ayant déjà une notoriété proposant une licence de marque à des restaurateurs qui produisent suivant un process et un cahier des charges définis par le licencieur) ; et enfin donc les « licenciés » produisant les marques des licencieurs (l’une des déclinaisons possibles pouvant consister ici à réunir ces marques au sein d’un « food court » physique et digital).

Une activité déjà essentielle

Ainsi, près de 43 000 restaurants indépendants proposeraient aujourd’hui la livraison, pour un chiffre d’affaires global de 3,7 milliards d’euros (environ 85 000 € en moyenne par point de vente). Cette activité représenterait alors en moyenne 26 % du chiffre d’affaires des points de vente 33 % pour la vente à emporter et 41 % pour la consommation sur place. IL faut y ajouter plus de 8 800 restaurants « chaînés » pour un chiffre d’affaires global de 2,65 milliards d’euros, soit 400 000 € en moyenne en livraison par point de vente. U global, pour 70 % des restaurateurs, la livraison « contribue significativement au chiffre d’affaires » et 67 % d’entre eux estiment que c’est une activité rentable.  La pizza, sans surprise, reste le plat le plus populaire : 70 % des utilisateurs l’ont déjà commandée en livraison. Néanmoins, son taux de pénétration enregistre une baisse significative (- 15 pts). Le burger baisse également (- 15 pts au déjeuner). En revanche, la part des Français se faisant livrer de la nourriture asiatique augmente très fortement (+ 10 pts par rapport à 2021). Mais les pokés et les glaces figurent parmi les catégories les plus en progression. À noter que les boissons et desserts sont présents dans la moitié des commandes.

Des offres et marchés qui se diversifient

D’ailleurs, l’offre, comme les services en livraison, se diversifient largement sous l’impulsion des agrégateurs cherchant à rentabiliser leur modèle : développement de la livraison en marque blanche, tests de systèmes de consigne, livraison de courses alimentaires et non alimentaires (produits d’hygiène, de beauté, d’entretien...),  développement des partenariats avec des distributeurs spécialisés (Picard, Naturalia, Bio c’Bon, So.bio…), développement des abonnements, ou encore négociation de contrats d’exclusivité avec certains restaurants. Par ailleurs, les principales plateformes de livraison de repas ont développé la livraison de courses en partenariat avec des grandes marques de distribution. « On note enfin l’émergence et le développement de plateformes alternatives qui mettent en avant des offres de restaurants équitables, proposent des conditions de travail convenables ou ciblent des communautés locales », indique Food Service Vision.

 

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