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Revue Stratégique Food Service Vision. Des résultats en demi-teinte pour la restauration

20 Mars 2024 - 866 vue(s)
Si la restauration commerciale affiche une croissance de 9 % de son chiffre d'affaires en 2023, elle est essentiellement due à la hausse des tickets moyens dans un contexte d'augmentation des prix selon la dernière Revue Stratégique de Food Service Vision. D'ailleurs, les résultats des derniers mois montrent un net ralentissement, y compris en restauration rapide, avec des arbitrages des convives sur le contenu de leurs assiettes. Toutefois, le ralentissement de l'inflation comme un calendrier plutôt favorable pour le secteur laissent augurer de lendemains meilleurs...

L’année 2023 s’est achevée sur une note positive avec une hausse de 9 % du chiffre d’affaires de la consommation hors domicile par rapport à l’année précédente, même si le rythme de croissance s’est singulièrement ralenti au cours de l’année. En s’intéressant aux performances de la restauration commerciale, on remarque que celles-ci ont suivi la même tendance, passant d’une croissance à deux chiffres au premier trimestre 2023 à « seulement » 3 % en décembre, en retrait marqué par rapport à la restauration collective (10 %). Sur l’ensemble de 2023, la restauration commerciale peut tout de même afficher une croissance de 9 % en 2023. Elle est due essentiellement à la hausse du ticket moyen (+ 7 %) et, dans une moindre mesure, grâce à la fréquentation (+ 2 %). Mais Food Service Vision faisait remarquer qu’à partir du troisième trimestre 2023, la fréquentation n’avait plus progressé.

Des performances très disparates

Le début de l’année 2024 se situerait sur le même trend. Pour les mois de janvier et février, la croissance du chiffre d’affaires de la consommation hors domicile aurait ainsi atteint les 3 %, confirmant ainsi la tendance au ralentissement. La hausse du chiffre d’affaires de la restauration commerciale se stabilise à 2 % en valeur (3 % pour la restauration collective, + 5 % pour les commerces de proximité). Plus spécifiquement, la restauration rapide et la restauration à table affichent pour janvier et février 2024 une croissance modeste de leur chiffre d’affaires (respectivement + 1 % et + 2 %), ce qui traduit concrètement une baisse de fréquentation des consommateurs. Les chaînes de restauration à table sont plus à la peine que les chaînes de restauration rapide, avec des croissances négatives sur les deux premiers mois de l’année 2024. Food Service Vision observe d’ailleurs une grande dispersion dans la performance des opérateurs de la restauration. « Au sein d’un même segment de restauration, les écarts de performance se creusent, pour chaînés comme indépendants », indique le cabinet spécialiste.

Un ralentissement de la spirale inflationniste

Pourtant, la fin décembre 2023 et les deux premiers mois de 2024 ont profité de la dynamique des vacances d’hiver, portée par les touristes français et les visiteurs étrangers (82 % de taux d’occupation en montage à + 9 % selon ADN Tourisme). Et sur le plan économique, la situation s’est plutôt stabilisée. Le pouvoir d’achat du revenu disponible est reparti à la hausse au quatrième trimestre 2023 à + 0,7 % (source : INSEE). Et si les prix n’ont pas baissé, l’inflation s’est sensiblement ralentie atteignant son plus bas niveau depuis deux ans, avec une hausse des prix de l’alimentation de 5,7 % sur un an à fin janvier et de 3,6 % en février, contre 7,2 % en décembre (et 15,9 % en mars 2023 !). Food Service Vision, qui s’est intéressé aux cartes des distributeurs de la restauration, observe ce même ralentissement de l’inflation. Après un dernier trimestre 2023 quasiment sans hausse, leurs prix n’ont augmenté « que » de 1,2 % au cours du premier trimestre de cette année, certaines familles de produits ayant même vu leur prix baisser de manière non négligeable (- 4,3 % sur l’huile de tournesol, - 2,5 % sur le bœuf haché, - 2,1 % sur les produits de la mer pour ne citer que le Top 3). Sur un an, la hausse moyenne s’établit à 5,7 % sur l’ensemble des familles de produits. Conséquence, après de multiples hausses, les prix sur les cartes de restaurants n’ont quasiment pas augmenté (+ 0,2 %) sur le dernier trimestre, chaînés comme indépendants.

De gros consommateurs... et des arbitrages

Pour expliquer des résultats en demi-teinte pour la restauration, Food Service Vision avance que le marché s’est resserré sur les gros consommateurs. En février, les convives qui se sont rendus plus de cinq fois au restaurant constituaient désormais 36 % de la population pour 73 % des occasions de repas. Au cours des trois derniers mois, les consommateurs ont plutôt maintenu leur fréquence de visites hors-domicile mais ont arbitré sur le contenu de leurs repas. Ainsi, 56 % d’entre eux ont sacrifié au moins une composante (en majorité les entrées). « L’arbitrage des dépenses se fait au profit des vacances : 36 % des Français se sont fait plus plaisir en février 2024 pendant leurs vacances, soit 14 points de plus qu’en 2023 », soulignent les conclusions de l’étude. Tandis qu’en dehors des périodes de vacances, les dépenses des consommateurs restent sous contrôle.

Des raisons d'y croire

Alors, à quoi faut-il s’attendre pour les mois à venir ? Plutôt du bon, se plaît à espérer Food Service Vision qui anticipe et prévoit une hausse de chiffre d’affaires de la restauration pour 2024, portée par une bonne dynamique de fréquentation liée à une forte activité touristique et un maintien des flux professionnels ainsi qu’une inflation des cartes modérée voire stabilisée. « Les arbitrages consommateurs devraient se maintenir, mais davantage sur la réduction du nombre de composantes que sur la fréquence ». Les ponts du mois de mai, les grands salons internationaux sans oublier les événements sportifs de l’été comme l’Euro 2024 et bien sûr les Jeux Olympiques et Paralympiques constituent un calendrier plutôt favorable. D’ailleurs, les restaurateurs sont assez optimistes : 78 % des indépendants sont confiants ou très confiants sur leur activité au premier semestre, soit 15 points de plus par rapport au trimestre précédent ! De quoi garder le sourire.

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