Les acteurs du snacking sont pris dans un étau. D’un côté, une flambée persistante des coûts de production. Plus globalement, le coût des matières premières agricoles a augmenté en moyenne de plus de 25 % sur les trois dernières années, sans oublier les hausses de 15 % à 30 % sur l’énergie et les emballages. Par ailleurs, la sensibilité-prix du consommateur est plus forte que jamais. Face à l’inflation, 70 % des Français ont modifié leurs habitudes de consommation (Insee, Observatoire de la Consommation début 2025). Concrètement, le franchissement des seuils de prix psychologiques continue d’entraîner de véritables arbitrages dans le choix et la fréquentation des clients (diminution des quantités par ticket, downsell en termes de qualité, baisse des taux de repeat). En parallèle, la concurrence reste vive et se renouvelle constamment. Le marché français du snacking, tout en voyant un dynamisme d’ouvertures de points de vente, a également enregistré un nombre record de fermetures l’année dernière. Cette effervescence, où de nouveaux acteurs arrivent pendant que d’autres disparaissent, exige une agilité et une différenciation accrues. Maintenir une activité rentable avec des marges saines est donc un défi quotidien dans cet environnement en constante évolution.
Face à cette équation complexe, la seule et « simple » réactivité aux hausses de coûts pour dicter les décisions de prix (« Cost + ») n’est donc plus suffisante. Par ailleurs, les leviers traditionnels de compétitivité prix semblent à bout de souffle et ne permettent plus de créer de différenciation. Enfin, s’accrocher aux pratiques promotionnelles traditionnelles, souvent peu lisibles et destructrices de valeur, ne peut pas être, non plus, une réponse viable et durable. Dans un marché où les acteurs ont épuisé le potentiel des mêmes leviers, il est temps d’embrasser des stratégies de prix disruptives, à l’instar du pricing dynamique. Ce concept, longtemps perçu comme l’apanage des compagnies aériennes ou des hôtels, est désormais largement démocratisé. Ce n’est plus seulement Uber et les VTC qui l’ont popularisé, il fait désormais partie du quotidien de nombreux Français avec un ajustement des prix en fonction de la demande, de l’urgence ou de l’intérêt perçu. Le consommateur est donc, non seulement, habitué mais il pratique lui-même le pricing dynamique au quotidien, ce qui le rend d’autant plus acceptable dans d’autres contextes. L’enjeu pour le snacking n’est pas de communiquer bruyamment sur ces ajustements de prix, mais de les intégrer de manière subtile, en exploitant et en comprenant finement les fluctuations de la demande. Cela inclut notamment : les moments de la journée, les jours de la semaine, la saisonnalité et les événements locaux, la demande en temps réel/les invendus. L’avantage des « first movers » est considérable : dans d’autres secteurs, les pionniers du pricing dynamique ont été en mesure de capturer des parts de marché significatives et d’optimiser leurs revenus bien avant que leurs concurrents ne s’y mettent. Ils ont eu le temps de perfectionner leurs algorithmes et d’affiner leur offre. Dans le snacking, où cette pratique est encore marginale, être parmi les premiers à l’implémenter correctement peut générer un avantage concurrentiel décisif.
Les gains potentiels sont substantiels. En optimisant leurs prix, les enseignes peuvent espérer une augmentation de leur chiffre d’affaires de 5 % à 15 % et une amélioration de leur marge nette de 2 % à 5 %. Une chaîne de cafés américaine a ainsi rapporté une augmentation de 7 % de ses revenus sur certaines plages horaires grâce à ces ajustements. En Allemagne, une enseigne de boulangerie-pâtisserie a réduit ses invendus de près de 40 % grâce au pricing dynamique. Pour le consommateur, cette approche, si elle est bien gérée, peut être perçue comme plus juste que des promotions complexes. Elle offre la possibilité de prix plus attractifs lors des périodes creuses et participe à la réduction du gaspillage. Deux prérequis majeurs pour se lancer : le pricing dynamique nécessite une exploitation fine des comportements clients qui devra s’appuyer sur un meilleur pilotage de l’activité et donc de la donnée (rendue possible à l’heure de l’Intelligence Artificielle). Et enfin, la démarche doit reposer sur une communication claire et propre à chaque enseigne. En conclusion, le pricing dynamique est une véritable opportunité stratégique pour le snacking. C’est un levier de modernisation et de résilience qui, bien pensé et paramétré, permettra aux acteurs de surmonter les défis actuels et de se positionner comme des leaders innovants et rentables.
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