C’est en évoquant une consommation alimentaire sous contrainte, avec de moins en moins de bouches à nourrir dans les années à venir et de plus en plus d’individualisation, que le consultant Philippe Goetzmann a ouvert le table ronde, organisée par GECO Food Service, à l’issue de son assemblée générale. Il a posé un diagnostic clair en égrainant plusieurs réalités dont une dépense alimentaire des Français qui n’augmentera plus, une démographie qui ralentit, des ménages qui se fragmentent, un manque de temps qui devient criant et une cuisine du quotidien qui se transforme en corvée et qu’on externalisera de plus en plus. Il a rappelé notamment que la taille moyenne des foyers s’est réduite et que plus de 70 % des ménages sont des solos ou des couples sans enfant avec un repas collectif qui, de fait, se raréfie au profit d’un repas individuel qui s’installe comme la norme avec une valeur qui se déplace vers le food service et les solutions repas. Cette évolution bouscule la distribution traditionnelle : « La grande distribution perd structurellement du poids sur le panier alimentaire à domicile. Ceux qui survivront sont ceux qui intégreront la dimension de service, en cuisinant pour leurs clients », a-t-il précisé.
De son côté Perrine Bismuth, managing partner de French Food Capital a expliqué comment son fonds soutenait l’émergence de « champions français » capables de répondre à cette nouvelle donne. « Le secteur agroalimentaire français est ultra-fragmenté. Notre rôle, c’est d’aider des PME à grossir, en structurant leur offre et leur réseau. ». Et la cofondatrice du fonds d’investissement d’indiquer traiter moins de dossiers purement retail : « Trop de dépendance à la grande distribution, trop d’aléas. À l’inverse, des entreprises qui ont bâti leur stratégie sur le food service qui affichent une meilleure visibilité, une relation client durable mais surtout un pricing power plus solide. » Et de citer des exemples concrets : « Huguenin, notre boucher haut de gamme, prépare la viande selon le cahier des charges des chefs. C’est une valeur de service qui fidélise. Même logique pour Plantin qui vend de la truffe mais surtout éduque et conseille ses clients restaurateurs. C’est ce qui fait la différence. ». Et la spécialiste de préciser que si, pour beaucoup d’industriels, le food service reste un petit marché annexe, demain c’est là que se logera la croissance.
Du côté de la grande distribution, on fourbit ses armes. Philippe Palazzi, directeur général du groupe Casino et président de Monoprix et Naturalia, a confirmé une tendance qui se renforce côté distributeur et notamment en proximité : « Nos clients veulent pouvoir déjeuner sur le pouce, à toute heure. On déploie des concepts comme La Cantine Monoprix pour proposer du snacking et du prêt-à-manger de qualité, directement en magasin pour la vente à emporter. » Sa conviction est claire avec un commerce qui s’’hybride entre retail et restauration et une frontière qui s’efface. Mais il n’a pas manqué de soulever les défis qui se posent face à ces nouveaux terrains de conquête : « Faire de la restauration, ce n’est pas faire de la distribution, ce sont des métiers avec des marges, des process et des compétences différentes. ». Et le patron de Casino de lever le voile sur la stratégie du groupe qui réfléchit à la mise en place « de cuisines centrales, façon dark kitchens », capables de préparer des repas pour non pas des enseignes mais des marques telle que Casino, Monoprix, Franprix, Spar ou Naturalia, tout en gardant la qualité et la fraîcheur. « Il nous faudra aussi former nos équipes à la restauration et ne pas calquer les méthodes d’achat du retail sur le food service. », a-t-il répondu, conscient que le secteur à ses propres codes. Un message bien reçu par l’assistance. Frédérique Lehoux, a, quant à elle, insisté sur la vigilance à observer demain face à des acheteurs retail bis qui deviendraient des acheteurs food service : « Il faudra garder l’opportunité de créer de la valeur servicielle. », a-t-elle ajouté.
Liste Membre du COMEX – post Elections du 12 juin 2025 = 18 Membres (dont 2 nouveaux) + 1 Président
Présidence : Michel SANSON Président
Collège Agroalimentaire 14 Membres
Pascal BERTRAND EURIAL Food Service & Industry, Directeur Commercial & Marketing
Pierre BIDAULT BONDUELLE Europe Long Life, Directeur Commercial Food service France
Ludovic COURTIER ESPRI Restauration, Directeur Général Trésorier
Xavier DELAROSE CARGILL Global Edible Oils Solutions Foodservice France Team Lead, Vice-Président
Julien DHENNIN PEPSICO France, Directeur Commercial Hors Domicile
Erwan DUBOIS VANDEMOORTELE, Directeur de filiale
Nicolas GERALD EUREDEN Foodservice - D'AUCY Foodservice, Directeur Commercial et Marketing
Bruno LE PEMP LACTALIS Consommation Hors Foyer, Directeur Général
Yann NIEUL ANDROS Restauration, Directeur Food Service - nouveau membre
Céline NOIRET-CHARNIER BEL Foodservice, Sales Director
Véronique RACINE SAVENCIA Foodservice Directrice Générale, Co-Présidente de la Com. Boulangerie-Pâtisserie
Jocelyne RAMEL AOSTE, Directrice Commerciale - Nouveau membre
Olivier RITZMANN HILCONA Foodservice, Directeur Foodservice France
Fabienne ROCHEFORT PIERRE MARTINET, Directrice Marketing & Communciation Présidente de la Com. Etudes & Outils Marketing
Collège Equipements, Services & Hygiène 4 Membres
Joséphine COPIGNEAUX WERNER & MERTZ France Professional, Marketing Manager
Alexander LOHNHERR MEIKO France, Président Vice-Président
Philippe MEUNIER ECOLAB Senior Marketing Manager Europe West, Institutional
Jean-Christophe REYNES SOLIPRO BOLTON SOLITAIRE, Directeur Division professionnelles
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