Si la restauration hors domicile a progressé de 1,5 % en 2024 et amorcé 2025 sur une hausse de 1 % sur le début d’année, la période mars-mai révèle de fortes fluctuations. Les professionnels doivent composer avec une fréquentation plus irrégulière et des coûts de matières premières en forte hausse, accentuant les écarts de performance entre les acteurs, explique le cabinet Food Service Vision dans sa dernière étude stratégique. Les fortes variations sont à mettre au compte de phénomènes conjoncturels et structurels, note l’étude. D’un côté une météo contrastée entre le nord et le sud ; la perte d’un jour ouvré en mai, un ramadan à dates avancées ; un calendrier scolaire qui s’est imbriqué dans les ponts (créant un faux rythme d’activité) ; un contexte économique et social peu favorable. De l’autre, une baisse persistante de la fréquentation des centres villes et centres commerciaux, un activité de plus en plus sensible au tourisme et aux vacances ; la restauration festive se substituant progressivement à la restauration fonctionnelle.
Alors que la Revue Stratégique #22 montrait une restauration rapide et commerciale en perte de vitesse fin 2024 (+ 1 % de chiffre d’affaires pour la rapide, - 1 % de fréquentation) avec un ticket moyen gonflé par l’inflation, le printemps 2025 confirme la fragilité du secteur. De mars à mai, la consommation hors domicile a reculé de 2 % en mars, bondi de 7 % en avril puis stagné en mai, portant la hausse cumulative à 2 % sur les cinq premiers mois. La restauration commerciale suit une trajectoire similaire : - 3 % en mars, + 8 % en avril et 0 % en mai pour une progression modeste de 1 % depuis janvier, malgré une baisse consolidée de la fréquentation de 1 %. Seuls les commerces de proximité tirent leur épingle du jeu avec + 9 % en avril et + 2 % en mai, confirmant la tendance observée fin 2024 (+ 3 % sur l’année, + 4 % au dernier trimestre). Ce rebond est en partie soutenu par le tourisme : entre le 5 avril et le 5 mai, le nombre de nuitées étrangères en France a grimpé de 17 % par rapport à 2024, porté par 112 000 visiteurs américains, devant les Espagnols (71 000).
Après un répit de l’inflation fin 2024 (+ 0,2 % seulement sur les cartes au dernier trimestre), la hausse de prix refait surface au premier trimestre 2025 avec + 2,7 % d’augmentation sur les cartes dans la restauration indépendante. 83 % des restaurateurs déclarent subir des hausses chez leurs fournisseurs, notamment + 52,1 % pour les chocolats, + 21,7 % pour la margarine, le café et la chicorée, + 18,4 % pour le veau, + 18,1 % pour le bœuf et + 16,4 % pour les beurres. Dans ce contexte, les consommateurs poursuivent leurs arbitrages. Selon Food Service Vision, 1 Français sur 3 déclare dépenser plus au restaurant en vacances, contre seulement 1 sur 10 le reste de l’année. Déjà en 2024, le rapport qualité/prix poussait les clients à réduire le nombre de composantes dans leurs repas, notamment à midi en semaine. Pour l’été et le second semestre, la météo et la saison touristique seront plus que jamais déterminantes pour amortir une consommation sous tension mais aussi de la capacité des acteurs de la restauration à faire revenir les consommateurs.
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