La taille réduite des foyers, la baisse du temps consacré à cuisiner ou encore l’essor du télétravail favorisent l’essor du snacking sous toutes ses formes au même titre que la baisse du pouvoir d’achat, les attentes de rapidité de service et la volonté d’optimisation du temps de repas boostent la restauration sur le pouce. Autre symbole de cette mutation, l’apéritif dînatoire supplante peu à peu le dîner classique, tirant vers le haut le rayon apéritif en grande distribution, explique l’étude « Marché du snacking à l’horizon 2030-Les stratégies face à l’offensive du foodservice et aux nouveaux comportement alimentaires », publié par Xerfi. Un rapport qui indique que ce marché, devrait frôler les 15 md€ d’ici 2030 en France dans les GSA à travers les produits de grignotages encas, goûters, apéritifs et les solutions repas. Principal moteur des ventes, ces GSA ne sont toutefois pas seules sur ce créneau et la menace du foodservice, dans toute sa diversité est en effet bien réelle. Car, avec le développement des services de livraison à domicile (Deliveroo, Uber Eats…), les barrières physiques entre les circuits sont tombées et la concurrence, à l’origine circonscrite à la pause-déjeuner, concerne désormais aussi le dîner. Boulangeries, stations-service, bureaux de tabac et autres distributeurs automatiques représentent déjà près de 5 milliards d’euros, incitant tous les acteurs à développer des formats adaptés, explique Matteo Neri, auteur de l’étude. Les partenariats conclus par des grandes marques avec certains de ces circuits de proximité en quête de diversification, pour y distribuer leurs produits, illustrent bien cette dynamique.
Face à l’érosion des volumes traditionnels pour, aussi, la poussée des produits de snacking qui progresse de 6 % en moyenne par an, contre 3 % pour les PGC-FLS depuis 2021, les enseignes de la grande distribution investissent massivement dans le snacking. Leur format nomade, leur praticité et leurs prix compétitifs s’inscrivent dans les nouvelles habitudes de consommation (déstructuration des repas, individualisation de la consommation). Les principaux acteurs de la distribution enrichissent d’ailleurs leurs gammes, repensent leurs concepts de proximité en créant même, pour certains, des espaces dédiés à la consommation rapide en entrée de magasin notamment. Monoprix a imaginé La Cantine ; Carrefour, autre exemple, a remodelé son enseigne City autour d’une offre « sur le pouce » en enrichissant ses références de MDD (hot dog, tacos, kebab), tandis que Picard expérimente un concept hybride mêlant restauration et distribution. Si ces initiatives traduisent une volonté claire d’intégrer le foodservice au modèle des distributeurs, la conquête de ce nouveau territoire reste encore à consolider même si les frontières deviennent de plus en plus poreuses entre tous les univers de la distribution et du hors domicile.
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