Loin des pronostics sombres sur l’avenir de la « cafét », Flunch, fort de 140 établissements en France et de 26 sites récemment rénovés aux progressions à deux chiffres, affirme qu’il n’a pas dit son dernier mot. Il vient de lancer son prototype faim en plein centre-ville de Lille, au 53 rue Pierre-Mauroy. Avec ce lieu de 125 m², dont 45 m² dédiés à la vente et à la distribution, le groupe s’adresse à une clientèle mobile, pressée, mais soucieuse de qualité. « Notre objectif est clairement de nous rapprocher du client dans sa mobilité et de répondre à ses nouveaux usages : manger rapidement, emporter, se faire livrer, tout en gardant l’ADN Flunch fondé sur le goût, la qualité et un prix juste », explique Hervé Rampal, directeur général de Flunch, qui a conçu ce projet inédit en France, aux côtés du président Baptiste Bayart après une vaste étude de marché.
Chez faim, l’expérience commence dès l’entrée. Pas besoin de borne ni de passage en caisse classique (sauf pour les titres resto pour le moment, avant que les cartes soient acceptées par le terminal). On entre, on se sert, on sort après que la carte bancaire a validé la transaction à la sortie. Un système qui s'appuie sur la technologie Just Walk Out d'Amazon s’appuie sur la solution du géant du commerce en ligne, adaptée à la française et simplifié. Car ici, pas de caméra intrusive ou de balance, seulement une multitude de capteurs fixés au plafond qui suivent les gestes et constituent un panier virtuel. « Nous avons voulu un parcours client le plus simple et fluide possible. On devient soi-même son panier et tout se fait naturellement », détaille Hervé Rampal. Concrètement, chaque vitrine est divisée en zones paramétrées et identifiées. Lorsqu’un client retire un produit, les capteurs détectent l’action et l’ajoutent immédiatement dans un panier virtuel anonyme associé au client. Si le produit est reposé, il disparaît de ce même panier. Le système fonctionne, donc, par suivi des objets et non par reconnaissance faciale imposée par le RGPD. Chacun est « capté » uniquement par sa trajectoire et ses interactions avec les zones de produits qui ont été paramétrées au préalable et qui correspondent à une « zone tarifaire précise de la vitrine ». Même en cas de tentative de « triche » (par exemple, prendre deux produits cachés l’un derrière l’autre comme nous l’avons testé), la quarantaine de capteurs enregistre bien la double prise. Sitôt tous les produits pris, il suffit de passer par la borne de sortie, de valider avec sa carte bancaire une pré-autorisation à 1 € et, sitôt les portes passées, la totalité du "panier" est débitée de votre CB. Pour ceux qui souhaitent recevoir le ticket de caisse, il faudra au préalable, passer par un écran, entrer son mail (une fois pour toute), afin de l'associer au paiement et de recevoir, dans sa boîte, l'addition.
Derrière cette fluidité, une petite équipe de cinq personnes assure la vie quotidienne de ce lieu ouvert de 8 h à 21 h, 7 jours sur 7 et qui permet de satisfaire tous les moments de consommation de la journée. Parmi eux, l’un est dédié au show cooking, une autre à l’accueil pour guider et expliquer le fonctionnement aux nouveaux clients, tandis que les autres veillent au réassort et au bon déroulé du service. Dans les vitrines, le choix est large depuis le café à 1,80 €, les viennoiseries et cookies, les mini-sandwichs dès 2,20 €, les wraps à 4,50 €, les boissons, les desserts mais surtout les plats cuisinés en barquette, (15 recettes entre 5,50 € et 6,90 €). De la blanquette de veau au navarin, en passant par les coquillettes-jambon, ils constituent le coeur de l'offre et de l'ADN de faim dont le slogan est : "On a vite fait de bien manger" écrit en grosse lettre à côté de l'enseigne. Des plats qui sont préparés quotidiennement dans le laboratoire traiteur du groupe et livrés frais, dans des emballages 100 % compostables.

"Le coeur du concept repose sur des plats de qualité fabriqués par Flunch, à prix très accessibles et avec un parcours client simplifié au maximum", Hervé Rampal, directeur général de Flunch et de 'faim'.
Pour le « spectacle », mais aussi pour se rapprocher du produit, il y a aussi deux plats du jour en show cooking (8,90 €) qui mijotent dans des casseroles et diffusent, au même titre que la cuisson des viennoiseries ou des cookies sur place, un parfum de cuisine. L’un est proposé pendant un mois (aujourd’hui le couscous généreux servi dans une barquette en carton) l’autre change toutes les semaines (c’est un filet de volaille). Sitôt servi, le plat est posé à un emplacement précis qui permet aux capteurs d’enregistrer la prise. Les desserts (mousse au chocolat, crumble de pomme, tarte citron… ) complètent l’offre, qui sera bientôt enrichie d’une gamme exotique (pad thaï, poulet massala…). Le grignotage n’est pas en reste puisque snacks salés et sucrés, format produits d’impulsion, garnissent des placards de séparation des vitrines.
Avec une cible large, de la génération Z aux cols blancs en quête d’efficacité, Faim vise 250 tickets par jour. De quoi prouver sa rentabilité sur une petite surface et inspirer de nouveaux desseins pour un investissement de 400 k€. La livraison, prévue dès octobre, doit encore élargir le champ des possibles, notamment sur le créneau stratégique du dîner. « Les Français veulent manger vite, bien, mais aussi retrouver le goût du plat chaud, face à des offres industrielles souvent décevantes. C’est exactement là que nous nous positionnons », souligne le DG. Faim n’est pour l’instant qu’un prototype, mais Flunch voit grand avec deux autres ouvertures déjà programmées à Paris et dans le Nord pour valider le concept. Des implantations témoins qui, si elles confirment le succès qui est en train de se dessiner, enclencheront la franchise dès la fin d’année prochaine. En parallèle, l’enseigne poursuit la modernisation de ses cafétérias historiques, avec l'objectif d’ici 2027 que toutes les cafétérias Flunch Compagnie (90 sur 140) soient rénovées. Une mue ambitieuse pour un acteur historique qui entend rester incontournable sur le marché du « bien manger accessible ». Et peut-être, demain, voir faim fleurir dans les lieux de flux comme les gares, campus universitaires, quartiers d’affaires… où il aura forcément sa place face à la GMS/Proxi, qui n’a pas caché, elle aussi, ses ambitions.
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