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TVA à 20 % pour la restauration, la bombe fiscale qui menace la restauration française

22 Octobre 2025 - 5809 vue(s)
Un amendement explosif à la loi de finances 2026, en discussion cet après-midi, fait trembler tout un secteur. Le député Philippe Brun propose une TVA différenciée de 5,5 % pour les Maîtres Restaurateurs (ils sont plus de 3 300) et de 20 % pour le reste de la restauration. Une mesure jugée « socialement régressive, économiquement dangereuse et juridiquement contestable » par l’ensemble de la profession. Le Snarr, le GHR, la FEB, le GNC et les Traiteurs de France sont vent debout.

Alors que le texte est débattu aujourd’hui à l’Assemblée nationale dans le cadre de la discussion sur la loi de finances 2026, c’est un véritable séisme qui se prépare (si l'amendement était voté) pour les 177 000 restaurants, brasseries, bistrots, fast-foods, traiteurs et acteurs de la restauration du quotidien. En effet, l’amendement présenté par le député Philippe Brun propose tout simplement une fiscalité différenciée pour les Maîtres Restaurateurs d’un côté, et tous les autres restaurateurs de l’autre. Qu'il s'agisse du bistrot du coin comme de la brasserie, de la pizzéria, cafétéria, fast-food ou restauration boulangère. Derrière la promesse de « valoriser le fait maison », la réforme instituerait une fracture inédite dans le paysage culinaire français avec, d’un côté, la « restauration dite d’excellence » et, de l’autre, une restauration populaire lourdement taxée, qui passerait de 10 à 20 %. Pour Ester Kalonji, déléguée générale du Snarr, contactée par snacking.fr : « Ce n’est pas entendable. On se bat tous pour le pouvoir d’achat des Français. Tout le monde a le droit de choisir la forme de restauration qui lui convient, selon son budget et le moment de la journée, sans être pénalisé. Cette mesure serait dévastatrice pour toute la restauration. » De son côté, Franck Trouet, délégué général du GHR, n’est pas plus tendre : « On ne peut pas opposer, d’un côté, une restauration du quotidien et, de l’autre, le tout fait maison. Il y a un entre-deux où travaillent des professionnels qui cuisinent des produits frais, parfois mêlés à quelques produits préparés. » Et Catherine Quérard, présidente du Syndicat, d’ajouter : « Cet amendement donnerait de l’air à 1 % des restaurateurs et asphyxierait les 99 % restants. »

Des conséquences dévastatrices

Si rien n’indique encore que cet amendement sera voté, pour autant la graine est plantée et  le contenu du texte s’aligne toutefois sur des propos distillés depuis des mois par certains, auprès des plus hautes instances de l’État, sur la nécessité de surtaxer (voire de créer un permis d'exercer) certaines formes de restauration. Derrière l’intention affichée, les conséquences s’annoncent dévastatrices : + 10 % immédiat sur les additions, des marges écrasées, une rentabilité mise en péril et plus de 10 milliards d’euros de pertes pour l'Etat selon une étude Xerfi (7,5 milliards pour la restauration, 3 milliards pour la filière amont). Le Snarr, le GHR, Traiteurs de France, le GNC et la FEB s’organisent pour une riposte collective, tandis que l’Umih garde un silence prudent. « Les restaurateurs n’auront pas les moyens d’absorber cette hausse, tout comme les clients », alerte encore Franck Trouet. Pour Paul Boivin, délégué général de la Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie : « Nous devons défendre la restauration sous toutes ses formes, dans une période compliquée, et une telle mesure frapperait directement le porte-monnaie des Français. » D’autant que ce texte ne repose sur aucune étude d’impact et a toutes les chances de fragiliser encore davantage un secteur déjà sous tension. « C’est la mort assurée de 15 à 42 000 établissements », prévient Franck Trouet, qui s’appuie sur l’étude Xerfi. En favorisant près de 3 300 établissements labellisés Maîtres Restaurateurs au détriment de 170 000 autres, le gouvernement prendrait le risque d’une restauration à deux vitesses : celle des centres-villes privilégiés et celle des territoires populaires étranglés. Alors que l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie abaissent leur TVA pour soutenir leur restauration, la France s’apprête à faire l’inverse. Une décision à contresens  qui pourrait bien marquer un tournant dramatique pour une profession qui regroupe au total plus de 180 000 établissements, 1 120 000 emplois et qui traverse une crise majeure.

Modifé le 22 octobre à 18 h. 

Alors que l'amendement a été finalement rejeté, la profession reste très mobilisée.  

Snarr

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Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Retrouvez Paul Fedèle sur Linkedin
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