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Maison Bécam, 20 ans d’artisanat ambitieux et l’appétit d’un futur leader national de la boulangerie

6 Novembre 2025 - 2191 vue(s)
Née en 2005 sous le nom Jardin des Saveurs et devenue Maison Bécam en 2014, l’enseigne angevine souffle cette année ses 20 bougies en accélérant avec détermination. Production artisanale à grande échelle maîtrisée, franchise structurée, nouveaux formats, équipe dirigeante étoffée… , Nicolas Bécam, aux côtés de son épouse Cécile, raconte avec passion comment il entend rester un artisan exigeant, tout en bâtissant un réseau national, fondé sur des outils pointus, qui vise les 50 boulangeries dès 2027 et les 100 boutiques à huit ans.

Maison Bécam fête ses 20 ans. Comment résumeriez-vous ce parcours ?

Quand nous avons ouvert Jardin des Saveurs en 2005, nous n'avions jamais rêvé de bâtir une enseigne nationale. Nous voulions simplement faire du bon pain, du bon feuilletage et accueillir nos clients comme à la maison. L’aventure s’est façonnée pas à pas et nous avons grandi à notre mesure. En 2011, une première levée de fonds, assez modeste de 150 000 € nous a permis de structurer la maison. Puis, en 2014, est née la marque Maison Bécam parée d’une nouvelle identité et d’un nouveau concept qui s’est aussi invité dans nos trois premières boutiques Jardin des Saveurs, rebaptisées pour l’occasion. Ce fut un vrai tournant. Aujourd’hui, nous avons 31 boutiques, dont 17 en franchise. Ce développement est venu avec l’envie de partager ce que nous savons faire autour d'un triptyque collaborateurs, clients et partenaires mais pas uniquement de grandir pour grandir. La mise en lumière de notre marque, dans l'émission Capital sur M6 l'hiver dernier, a été un nouveau virage et le levier d'un développement encore plus soutenu aujourd'hui.

Votre développement s’accompagne d’investissements semi-industriels importants. Pourquoi cette stratégie ?

Parce que l’artisanat d’aujourd’hui doit se donner les moyens de durer. Notre premier atelier de pâtisserie, livré en 2022, a représenté 3,5 M€ d’investissement. Il nous a permis non seulement de monter en gamme mais aussi de gagner en régularité et d’accompagner l'ouverture de nos boutiques… Mais il sera déjà saturé dès 2027 avec le développement que nous vivons et les nouvelles adresses attendues. Nous avons acquis un nouveau savoir-faire qui est de faire gagner économiquement un lieu de fabrication de pâtisserie à grande échelle. D’où notre projet de second site, encore plus ambitieux de l’ordre de 1 800 m² et 5 000 m² de terrain qui sera livré par tranche, sur 36 mois. 500 m² sont dédiés à la R&D et à la formation. Car, outre un nouvel outil pour grandir jusqu’à 100 boutiques, ce sera un vrai lieu de créativité où chacun des 5 métiers de l’entreprise, la boulangerie, la pâtisserie, la viennoiserie, le snacking et le coffee shop pourront bénéficier d’un lieu pour évoluer et innover. Ce sont 6,5 M€ investis sur 36 mois. On veut pouvoir imaginer des produits innovants et en série limitée, surprendre nos clients mais surtout, rester agiles. L’innovation n’est pas réservée aux industriels, nous souhaitons rester artisans… mais armés pour l’avenir et servir nos partenaires franchisés.

Comment pilotez-vous la croissance du réseau ?

Notre ambition est forte, mais elle s’appuie sur une organisation solide. Nous avons renforcé la direction autour de neuf cadres clés, une équipe capable de porter une croissance structurée. Depuis l’automne, nous sommes sur un rythme d’une ouverture par mois et visons 50 boutiques en 2027. Et le marché répond présent car nous avons aujourd’hui une progression de 10 % de chiffre d’affaires à périmètre constant et 9 % de clients supplémentaires, sans hausse de prix. Notre positionnement premium accessible parle aux gens au même titre que notre sincérité d’artisan boulanger. Entre 8 et 12 € de panier moyen, nous leur offrons de la qualité et du goût mais aussi un accueil chaleureux. C’est exactement notre promesse.

Vous lancez de nouveaux formats. Quelle est la logique ?

Nos clients n’ont pas tous les mêmes usages, nos franchisés non plus. Alors nous créons des formats complémentaires pour conquérir, avec le bon modèle et la bonne équation, les centres-villes, les centres commerciaux, le travel retail comme la périphérie où nous sommes majoritairement présents avec notre modèle traditionnel de 300 m². Le premier des nouveaux concepts que j’aime appeler une “maison d’hôtes gourmande” se déploiera sur 600 m² avec plusieurs ambiances, illustrées par plusieurs pièces. Il y aura l’entrée, la salle à manger, la chambre ou encore la terrasse… Une adresse où l’on viendra vivre une expérience, pas juste acheter un sandwich et où chaque jour, on pourra déguster une large palette de produits dont des plats cuisinés, façon semainier, réalisés aux côtés de notre chef consultant Pascal Fabre d’Anne. Le second des nouveaux concept qui ouvrira en 2026, est Maison Bécam Café, un endroit plus urbain, plus compact (150 m²) mais surtout très orienté viennoiseries, pâtisserie, boissons et snacking qualitatif, il n'y aura pas d'activité boulangerie. Un esprit coffee shop mais à la française, une activité snacking et salon de thé plus marquée viendra compenser l'absence de vente de pain.

Vous insistez beaucoup sur l’artisanat et la transmission. Comment le garantissez-vous à grande échelle ?

C’est l’âme de Maison Bécam. Dans chaque boutique, vous trouverez une équipe de  boulangers dont un tourier, des apprentis et des collaborateurs à la vente. Avec Cécile, nous sommes des “apprentis de naissance”. Je dirais même mieux, la transmission fait partie de nous. Le façonnage des pains et des viennoiseries reste dans les boutiques, c’est notre ADN. En franchise aussi, nous investissons dans l’humain. Un réseau fort, c’est un réseau fier. C’est pourquoi nous misons autant sur la formation, que sur des parcours accompagnés et balisés au même titre que la montée en compétences. Chez nous, la qualité n’est pas négociable.

Quelles sont vos priorités pour les prochaines années ?

Continuer à avancer vite mais juste. Notre projet est de dépasser les 50 M€ de volume d’affaires dès l’an prochain, puis viser les 100 boutiques d’ici 2033. Nous comptons ouvrir dans les villes où l’on nous attend, de Lyon à Bayonne, de Montpellier à La Rochelle tout en restant fidèles à ce qui a fait notre maison et qui mêle l’artisanat, la gourmandise, la transmission et, bien sûr, l’exigence. Notre ambition est grande. Mais elle est guidée par une idée simple, celle de faire bien, faire bon mais de rester humains.

 

 

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Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Retrouvez Paul Fedèle sur Linkedin
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