À l’heure des carrières plurielles, la reconversion professionnelle s’inscrit désormais dans la majorité des parcours professionnels. Ainsi, 64 % des salariés français ont déjà effectué ou auraient envisagé une reconversion professionnelle selon la dernière étude Fédération Française de la Franchise/Opinion Way. Ils seraient encore plus nombreux chez les moins de 35 ans (74 %) que chez les plus de 50 ans même si cette disparité tend à se réduire (- 5 points d’écart par rapport à 2024). D’ailleurs, sans doute moins contraints, les jeunes sautent aussi plus facilement le pas. 29 % des moins de 35 ans sautent, en effet, le pas et sont en cours de reconversion quand ils ne sont que 9 % chez les plus âgés. Et ce, même si 2 salariés sur 5 de plus de 50 ans déclarent vouloir se reconvertir dans les prochaines années.
Parmi les pistes explorées, la voie de l’entrepreneuriat séduit, et notamment de plus en plus chez les « séniors ». Globalement, 31 % en font un objectif, dont 10 % ont déjà franchi le pas. Et les plus de 50 ans sont de plus en plus nombreux à envisager cette voie : un cinquième d’entre eux envisage l’entrepreneuriat dans les prochaines années quand ils n’étaient que 11 % en 2024. Cette évolution est d’autant plus frappante que, dans le même temps, la proportion de jeunes à vouloir se lancer a reculé de 14 points même s’ils restent les plus attirés par la perspective d’être leur propre patron (45 %). « Même si le contexte politico-économique actuel n’est pas fait pour aider, la France est un vrai peuple d’entrepreneurs, pas toujours reconnu à sa juste valeur », regrette ainsi Véronique Discours-Buhot de la Fédération Française de la Franchise qui rassemble plus de 2 000 réseaux sur tout le territoire. « On constate, aussi, que la franchise est un modèle qui rassure les entrepreneurs français qui peuvent profiter d’un modèle déjà éprouvé, d’accompagnement, de formation tout en gardant leur autonomie ». Pour s’en convaincre, elle rappelait ainsi la croissance quasi continue du secteur de la franchise sur les trois décennies, passé de 21,7 Mds€ de CA à 88,64 Mds€ aujourd’hui, et de 33 000 à plus de 90 000 points de vente pour créer de l'emploi sur tout le territoire. Et la restauration, notamment rapide, y a largement contribué alors que le secteur de l’alimentaire représentera à lui seul plus des 2/5e (41 %) du prochain salon Franchise Expo Paris qui se tiendra en mars prochain.
Il n’est donc point étonnant qu’un salarié français sur cinq envisage aujourd’hui la franchise pour concrétiser son projet entrepreneurial avec une préférence marquée pour la reprise d’entreprise (13 %) plutôt que pour la création ex nihilo (7 %). Plus précisément, les seniors privilégient la reprise d’entreprise (16 % des plus de 50 ans contre 10 % des moins de 35 ans), s’appuyant sur la transmission. À l’inverse, les jeunes se tournent davantage vers la création (9 % des moins de 35 ans contre 4 % des plus de 50 ans), attirés par l’opportunité d’innover. Parmi les secteurs prisés par les jeunes, l’étude montre un attrait marqué pour l’expérience client : les loisirs et la culture (24 %) d’abord mais aussi la restauration et l’hôtellerie (20 %). « Ces chiffres sont d’autant plus intéressants que beaucoup de reprises d’enseignes en réseaux sont à venir dans les prochaines années », commente Véronique Discours-Buhot. Une estimation de 700 000 entreprises environ qui devront trouver un repreneur d’ici 2032 serait ainsi évoquée, avec de nombreux emplois en jeu. Largement de quoi s'indigner pour elle et dénoncer les risques de "distorsion de concurrence" alors qu'un amendement a été déposé ces derniers jours au projet de loi de finances 2026 par les écologistes. Celui-ci vise, en effet, à l'instauration d'une double taxe à l’ouverture et à l’exploitation des restaurants de restauration rapide franchisés. L’objectif affiché serait de freiner la prolifération des fast-foods, jugée nuisible à la santé publique et à la diversité alimentaire."Comment justifier que des enseignes qui ont prouvé leur savoir-faire, qui délivrent des formations à la qualité, au risque sanitaire soient taxées quand n'importe quel indépendant peut se lancer librement sans apporter les mêmes garanties", regrettait ainsi Véronique Discours-Buhot, concluant : "Il faut arrêter la démagogie. Nous sommes sur le pont pour faire bouger les lignes et faire entendre la voie de nos entrepreneurs".
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