“Il faut sortir de la compétition pour aller vers la coalition.”Cette phrase du président de GECO Food Service, Michel Sanson, a donné le ton d’une soirée placée sous le signe du collectif et de la mobilisation pour la filière. Dans la salle où était réuni tout l’écosystème de l’association, un même message est revenu, au gré des interventions comme quoi le GECO était bien plus qu’un réseau, un outil stratégique. Les adhérents ont salué la valeur unique de l’organisation dans leur quotidien entre analyses de marché, décryptage des tendances, séminaires, formations, commissions thématiques... “Le GECO est un outil qui m’aide de manière pragmatique, autant pour comprendre les marchés que pour former mes salariés”, a résumé l’un d’eux. Pour beaucoup, c’est un accélérateur d’intégration, d’expertise et de business, mais aussi un lieu rare de dialogue avec les acteurs du food service. Tous, en tout cas, ont insisté sur sa capacité à donner du recul dans un environnement mouvant. “Il nous aide à relever la tête quand on a le nez dans le guidon”, a confié un membre. L’ensemble de ses actions, autant que l’accompagnement au quotidien en période d’inflation et de crise, témoignent d’une structure qui défend autant qu’elle éclaire et guide tout en restant fidèle à l’esprit rappelé par Michel Sanson : “Notre force, c’est le collectif.”
La directrice générale, Frédérique Lehoux, a rappelé avec force que “le GECO d’aujourd’hui est la capitalisation de tout ce qui s’est fait dans les années passées” et n’existerait pas sans “la vision et les ambitions des présidents et élus précédents”. Elle a insisté sur le travail mené avec le COMEX en 2023 pour clarifier la raison d’être de l’organisation, celle d’une mission tournée vers le service, l’écoute et la défense des membres. Elle a également longuement rappelé l’ADN du GECO inscrit dans un esprit de filière de toutes les restaurations. Dès 2008, l’organisation travaillait déjà sur la durabilité en filière ; en 2017, elle était au cœur d’un collectif de sept organisations lors des États généraux de l’alimentation ; pendant la crise Covid, elle a été un acteur pivot. “Notre obsession, ce sont nos adhérents et notre mission de les défendre, porter leur voix sans jamais lâcher”, a-t-elle affirmé, évoquant même la nécessité d’être “présents jusque dans les réunions à Matignon” pour défendre les entreprises et ne rien lâcher sur les dossiers importants pour la branche.
Les interventions de François Blouin et Michaël Ballay, respectivement PDG et DG de Food Service Vision ont apporté une lecture structurante des mutations profondes du marché avec un retour sur 50 ans d’évolution du foodservice marqués par les mutations de la consommation dictées par les nouvelles attentes, les tensions économiques ou encore la montée des enjeux de durabilité en mettant en évidence les segments en forte traction tout comme les leviers de croissance et les zones de vulnérabilité pour les enseignes. Une mise en perspective éclairante pour une filière en transformation permanente. Elisabeth Laville, fondatrice de l’agence Utopies, a enrichi le débat en ouvrant des horizons sociétaux fondés sur la transition alimentaire et les impacts environnementaux. Elle a apporté une lecture prospective et sociétale à travers 7 tendances depuis la nécessité à intégrer la RSE et le climat au coeur de la raison d'être et de la mission, celle de repenser radicalement le portefeuille pour basculer 100 % de l'offre, via des certifications externes. Il s'agit aussi, selon elle, de faire du climat un levier central de transition car on ne progresse bien que ce qu'on mesure et d'embarquer toute la chaîne de valeur pour faire émerger de nouveaux modèles économiques à impact. Enfin, pour accélérer la transition, il faut, dit-elle, miser sur les coalitions plutôt que sur la compétition avec une transparence et une traçabilité qui restent clés. « Les entreprises sont face à de vrais enjeux de marque. Elles doivent construire de nouveaux récits et intégrer les signaux faibles pour rester désirable ». Un discours qui fait écho aux valeurs de coalition et de durabilité portées par le GECO. Pour conclure, Frédérique Lehoux a dévoilé “La Fabrique de la RHD”, un dispositif prospectif qui marquera 2026. Tout en mettant aux votes des sujets de débat, elle a précisé que se tiendront deux rendez-vous par an qui mêleront des analyses, des témoignages mais aussi des ateliers, pour “passer de la vision à l’action” et construire la RHD de demain. Une manière de projeter le GECO dans l’avenir, fidèle aux mots du président : “Notre rôle, c’est de tenir le cap, d’éclairer les transitions et de rendre nos entreprises plus fortes ensemble.”