societe bretonne volaille
Communauté
Article abonnés

La Société Bretonne de Volaille investit massivement pour revaloriser la volaille française

29 Novembre 2025 - 3092 vue(s)
A l’occasion de son dixième anniversaire, la Société Bretonne de Volaille (SBV), qui a déjà investi plus de 240 M€ sur les trois dernières années dans le cadre du projet de rénovation d’entreprise Graines d’avenir, a annoncé remettre 75 M€ sur la table en 2026 afin de développer ses capacités de production. Son directeur général, Laurent Girard, espère ainsi soutenir une demande en plein boom, notamment sur le poulet, mais qui profite encore largement aux importations. Il entend ainsi capitaliser sur la proximité des 1 200 éleveurs partenaires de l’entreprise liée au groupe LDC mais aussi sur la valeur ajoutée de ses marques engagées comme Poule et Toque, sur le marché hors domicile.

31,6 kgs, c’est la quantité de volaille (poulet, dinde, canard) avalée chaque année par les Français ! Cette consommation a même été boostée ces cinq dernières années (+ 15 %) pour figurer en tête des viandes les plus consommées en France (48 %), loin devant le bœuf (25 %) dont les prix se sont dans le même temps envolés. Il s’agit donc pour la Société Bretonne de Volaille (SBV) de répondre à cette demande accrue alors qu’une volaille sur deux consommées en France est aujourd’hui d’origine étrangère. Et ce serait même plus de deux sur trois (70 %) en restauration ! « Il nous sera très difficile pour ne pas dire impossible de gagner la bataille du prix face aux importations «, ne se cache pas Laurent Girard, le directeur général de SBV, qui emploie 4 500 salariés, dont 800 intérimaires. « Nous devons marquer notre différence par le service, l’expertise que nous apportons à nos clients, et l’innovation en répondant au plus près de leurs attentes ». Cette qualité de service est d’autant plus stratégique que le marché de la volaille a fait face à de nombreux soubresauts ces dernières années - crise aviaire en tête - qui ont souvent pesé sur la disponibilité même des produits. Ainsi, forte de ses 1,25 milliard d’euros de chiffre d’affaires, la filiale du groupe LDC, dont les offres couvrent aujourd’hui la restauration mais aussi la production alimentaire intermédiaire (PAI), a investi massivement ces dernières années pour sécuriser ses productions et favoriser le développement capacitaire de ses sites de production.

75 M€ d'investissements à venir pour soutenir la demande...

Au cumulé, ce sont 80 à 85 millions d’€ par an, dont 60 millions annuels sur les lieux dédiés au poulet, qui ont été injectés sur les trois dernières années par l’entreprise qui compte aujourd’hui 12 usines ainsi qu’une plateforme logistique. Et 75 millions d’euros supplémentaires sont d’ores et déjà programmés pour l’année prochaine. Le plan de marche vise à amener la capacité hebdomadaire d'abattage de poulets à 2,4 millions en l’espace de trois ans (+ 100 000 bêtes par semaine et même + 300 000 à l’échelle de LDC) sur les 4 usines de Sérent (Celvia Poulet), Mûr-de-Bretagne (Boscher Volaille), Lanfrains (LDC) et Guiscriff (Les Volailles de Keranna). Ces investissements ont d’ailleurs été réalisés dans le cadre de la feuille de route RSE de la société, estampillée Graines d’avenir, devenue un moteur de transformation du groupe. Ce plan intégre des enjeux multiples tels que l’élevage durable, l’alimentation responsable, la préservation des ressources ou encore le bien vivre ensemble alors que le directeur général ne cache pas les forts enjeux sociaux sur son territoire. « Nous figurons dans le Top 3 des plus gros employeurs privés de Bretagne. Et dans 10 ans, la moitié de nos employés aura atteint l’âge de partir en retraite. Il y a un vrai chantier de ce côté-là pour séduire et fidéliser ! ». Outre la politique menée de revalorisation salariale, une académie de formation ainsi qu’un baromètre social, créé il y a deux ans sur l’ensemble des sites, doivent ainsi permettre de renforcer l’attractivité de l’entreprise. « Chaque emploi créé par SBV génère en moyenne cinq à six emplois induits. Cela représente plus de 24 000 personnes en Bretagne qui dépendent directement ou indirectement de nos activités », explique Laurent Girard.

... et bientôt une nouvelle usine !

D’ailleurs, le directeur général projette également « la construction d’une nouvelle usine dans l’Ouest » sans toutefois préciser encore le lieu, forcément proche d’un bassin d’élevage. Ainsi, face aux produits d’importations venus de l’Est (Ukraine, Pologne notamment) ou du Brésil,  SBV entend afficher fièrement sa volaille « 100 % née, élevée, abattue et transformée en France » que cela soit sur le poulet mais aussi issue de sa filière dinde (85 000 dindes en découpe et 21 000 dindes entières par semaine) que l’entreprise entend bien redynamiser ou en canard (110 000 canards par semaine). La différenciation passe aussi par une montée en gamme générale de l’offre quand les deux tiers des élevages partenaires sont aujourd’hui engagés dans une démarche d’origine et de qualité (Label rouge, IGP, …) selon les données partagées par l’entreprise. Et ce sont 100 % des élevages de poulet qui sont impliqués dans le programme d’amélioration continue Nature d’Eleveurs impliquant un cahier des charges plus exigeant sur des sujets aussi divers que le bien-être animal avec le développement, notamment, de préaux extérieurs pour les dindes, les bonnes pratiques environnementales d’exploitation ou la juste rémunération des éleveurs.

La restauration rapide, marché cible prioritaire

Avec ces politiques de long terme, SBV espère donc bien inverser la tendance et remettre les volailles françaises au centre de la table des restaurateurs. C’est d’autant plus stratégique que la part de ces gallinacés consommés hors-foyer a été multipliée par cinq en 20 ans ! Et rien n'indique que le rythme devrait se ralentir quand les chaînes de restauration rapide, tournées vers le poulet, frit comme braisé, pullulent sur le marché derrière le leader historique KFC. On citera ainsi les Popeyes, Wingstop, Chicken Street ou encore Poulet Braisé tandis que de nouveaux acteurs profitent de l’essor de la culture food coréenne gourmande en volaille comme Chickin Bang ou encore Bonchon… D’après notre dernière enquête France Snacking, couvrant le Top 150 des Majors de la restauration rapide, les chaînes leaders du poulet frit cumulaient en 2024 un volume d’affaires de 1,12 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 10 % ! Grâce à ses différentes filières, la Société Bretonne de Volaille peut espérer leur proposer une offre à la fois large et spécifique selon ces cibles au travers de ses 5 marques à destination des restaurants et collectivités. Lancée il y a 5 ans, Poule et Toque se veut ainsi la « complice des chefs » avec son positionnement engagé vers la qualité et le bien manger, symbolisée par son partenariat avec l'étoilé Eric Guérin (La Mare aux Oiseaux) qui accompagne la Coupe de France de la Volaille créée par la marque. Poule et Toque propose également des produits service aux établissements de restauration avec une gamme qui s’étoffe encore par le lancement, en cette fin d’année, d’un steak haché de poulet « façon smash » surgelé ou de blanc de dinde tranché en frais. La volaille profitant aussi d’une image « halal friendly », SBV renforce son offre dédiée sous la marque ID Halal avec de nombreuses arrivées à la gamme : jambon de dinde et blanc de poulet fumé et bientôt cordon bleu de dinde bacon cheddar et escalope cordon bleu de poulet. Et la société continue d'investir massivement dans son usine de Bignan, dans le Morbihan, pour doubler sa production de charcuterie de volaille, labellisée halal. Enfin, la filière « élaborés », qui réalise à date 439 millions d’€ de chiffre d’affaires, laisse entrevoir de très belles perspectives au vu des croissances enregistrées avec des produits proposés panés, confits, cuits, fromagers voire végétaux répondant parfaitement être inscrits dans les tendances de consommation actuelles.

La suite de cet article est réservée à nos abonnés.

Contenu réservé à nos abonnés

OU
Nouveau

Je profite de la lecture intégrale de cet article en m'abonnant aux newsletters

Sans engagement, désabonnement en un clic

×

Lire d'article gratuitement

Je profite de la lecture intégrale de cet article en m'abonnant aux newsletters

Jonathan Douay Rédacteur en chef adjoint France Snacking
Commentaires (0)

Dans la même thématique