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Un automne brumeux pour les restaurateurs français

19 Décembre 2025 - 1308 vue(s)
Le rythme d’activité de la restauration a sensiblement ralenti entre septembre et novembre, selon la nouvelle Revue Stratégique de Food Service Vision, même si la restauration rapide résiste mieux en bénéficiant d’un effet parc. Globalement, le secteur pâtit des arbitrages des dépenses de la part des consommateurs et de la baisse de la fréquentation.

Si la période des fêtes se rapproche fortement, le sabrage du champagne n’est pas encore d'actualité pour nos restaurateurs à en croire les résultats de la dernière Revue Stratégique du cabinet Food Service Vision, analysant les résultats sectoriels jusqu’à fin novembre. Si la croissance moyenne du chiffre d’affaires de la consommation hors domicile a été de 2 % pour les onze premiers mois de 2025 par rapport à l’an dernier, son rythme s’est sérieusement ralenti en novembre avec une progression nulle, par rapport à 2024. Et le chiffre d’affaires de la restauration commerciale a suivi la même pente (+ 4 % en septembre, + 2 % en octobre, et – 1 % en novembre), tout comme celui des commerces de proximité et de la restauration collective. Et ne nous y trompons pas, la croissance de 2 % de la restauration commerciale depuis le début de l’année est essentiellement due à la hausse du ticket moyen, qui masque les effets d’une fréquentation qui ne progresse pas, voire qui baisse en octobre et novembre (- 2 %).

Des performances variables selon les typologies d'établissements

Les performances diffèrent toutefois selon les circuits observés avec, parfois, des transferts de consommation. Et à ce jeu-là, sur la période octobre-novembre 2025, ce sont la restauration de concession et la restauration de transport qui enregistrent les meilleures performances, avec une croissance respective de 4 % et 3 % de leur chiffre d’affaires, devant la restauration rapide (+ 2 %). La restauration à table et la boulangerie-pâtisserie ne progressent pas et le chiffre d’affaires des cafés/bars/pubs/discothèques affiche une baisse de 2 %. Au sein de la restauration commerciale, il est à noter que la restauration rapide reste dans une dynamique positive, alimentée par un puissant effet parc. Elle porte, en effet, l’essentiel des ouvertures de points de vente, avec un solde net d’ouvertures de plus de 3 600 points de vente depuis le début de l’année.

Des arbitrages budgétaires qui profitent à la GMS

Le cabinet Food Service Vision précise toutefois qu’un consommateur sur quatre indique avoir réduit ses dépenses en restauration sur la seule période septembre-novembre. Cette réduction des budgets restaurants est principalement attribuée à des prix jugés trop élevés par 44 % des consommateurs. La restauration est par ailleurs l’objet d’une désaffection, à l’heure du déjeuner, de la part des actifs lorsqu’ils sont sur leur lieu de travail : 59 % d’entre eux arbitrent en faveur des GMS, contre 52 % en 2023. « Cet usage réduit de la restauration hors domicile, à cette heure de la journée, trouve son explication dans le resserrement des budgets des consommateurs, mais aussi dans la hausse des prix des restaurants », invoque-t-on du côté de Food Service Vision. « Pourtant, les prix des opérateurs tendent à se stabiliser chez les restaurateurs indépendants comme dans les chaînes ». Il est à noter que, pour la première fois, depuis un an, les tarifs des distributeurs sont en baisse de 1,4 % au dernier trimestre de 2025, ce qui réduit le rythme d’augmentation des prix à 4,5 % sur l’ensemble de l’année.

Préserver les marges

Après avoir encaissé le choc du Covid, puis celui de l’hyper-inflation, les opérateurs tentent de reprendre en main  leur modèle économique. « Plus que jamais, la sortie par le haut de la restauration passera par la capacité des opérateurs à inventer des formats plus économiques, plus inclusifs et plus en phase avec les usages réels des repas - désynchronisés, fractionnés, hybrides. C’est la condition majeure pour transformer la phase de vigilance qu’elle traverse en une nouvelle dynamique durable », commente François Blouin, le président-fondateur du cabinet. Ainsi, en amont, les restaurateurs essaient d’optimiser leurs achats en faisant jouer la concurrence entre les distributeurs. Du côté de l’offre, la restauration à table chaînée multiplie les initiatives en matière d’expérience client, de programmes de fidélité, d’animations et d’organisation de soirées spéciales tandis que la restauration indépendante se concentre sur trois objectifs : « renouveler ses cartes, proposer des formules accessibles en prix et développer ses outils de communication ». A noter en restauration rapide, un rythme des innovations qui s’accélère et le recours de plus en plus fréquent aux nano-influenceurs pour faire rayonner les enseignes à l’échelle régionale.

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