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#14 Friday Lessons du Gira

9 Janvier 2026 - 432 vue(s)
Chaque semaine avec Bernard Boutboul et son équipe du Gira, Les Friday Lessons vont vous livrer une ou plusieurs, histoires vraies du terrain, des constats clairs mais surtout des conseils concrets d’un expert spécialisé dans la restauration. Entre perles de service et leçons de bon sens, ce sera un rendez-vous où l’on vous invite à sourire... parfois jaune…, tout en repartant avec un vrai savoir-faire en plus. Anecdotes, Constats, Conseils de Pro et Clins d'oeil, retrouvez tous les vendredis cette nouvelle chronique.

Recrutement et humour : rire… sans se brûler les ailes

L’anecdote

Je passe devant un restaurant et je lis sur l’ardoise :
*"Recherche cuisiniers et serveurs

  • Horaires variables
  • Conditions de travail proches d’un goulag soviétique
  • SMIC bosniaque
  • Collègues égoïstes et ennuyeux
  • Patrons vicieux et malhonnêtes
  • Évolution impossible"*

Un humour noir qui fait sourire… mais qui pose question. En pleine pénurie de personnel, attirer l’attention, oui. Mais à quel prix ?

Le constat

L’humour peut être un vrai atout dans le recrutement : il humanise l’entreprise, attire l’œil et peut renforcer la marque employeur.
Mais mal utilisé, il peut :

  • Banaliser la valeur du métier
  • Éloigner des candidats sérieux
  • Créer de la confusion sur les conditions réelles du poste

L’équilibre est donc essentiel : être original sans dévaloriser le poste ni les futurs collaborateurs.

Le conseil pro

  • Humour bienveillant et inclusif : faire sourire, et non tourner en dérision.
  • Adapter le ton à la cible : audacieux pour les jeunes profils ou métiers créatifs, sobre pour d’autres.

Clin d’œil final

L’humour est un aimant… à condition de ne pas effrayer ceux qu’on veut attirer. 

 

Burger mystère ou carte blanche : surprendre… mais pas de la même manière

L’anecdote

Un ami me raconte son week-end :
Vendredi soir, il teste un “burger mystère” dans un fast-food, concept qui l’amuse.
Le lendemain, il dîne dans un bistronomique où le chef propose un menu “carte blanche”. Là, ce n’est plus un jeu : c’est de la confiance, presque un acte de foi.

Même promesse apparente (la surprise !) mais deux logiques qui n’ont rien à voir.

Le constat

Dans le fast-food, le burger mystère sert à créer du trafic et du buzz dans un univers déjà codifié. L’expérience reste cadrée : le client sait que ce sera “safe”, bon marché, facile à partager sur les réseaux.
Dans la restauration traditionnelle, la carte blanche sert à valoriser le chef, son produit et sa saisonnalité. L’enjeu n’est plus marketing mais gastronomique : chaque plat doit convaincre.

Autrement dit : on utilise le même mot « surprise » mais on ne s’adresse ni au même client, ni aux mêmes attentes.

Le conseil pro

Avant de lancer une offre “surprise”, il faut se poser une question simple :
Quelle émotion voulons-nous provoquer ?

  • Si l’objectif est le jeu, l’interaction, la curiosité : les codes du fast-food fonctionnent : mécanique ludique, communication forte, promesse légère.
  • Si l’objectif est la confiance, la mise en avant du chef, la valorisation du produit : la carte blanche doit être maîtrisée, cohérente et portée par une vraie identité culinaire.

Une surprise réussie n’est jamais une improvisation : c’est une mise en scène adaptée à son contexte, à son public et à sa promesse.

Clin d’œil final

Dans la restauration, surprendre le client n’est pas difficile.
Le surprendre juste comme il faut, c’est là que commence le métier.

 

Tags : Gira
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