À l’issue de l’annonce du passage de 24 restaurants KFC, sur les 400 français, en halal, le sujet revient sur le devant de la scène. D’autant plus que Five Guys a indiqué, il y a quelques mois, adopter en France, une stratégie différenciée selon les sites, avec soit des restaurants 100 % halal, soit une offre double, sur le modèle de Popeyes, qui avait lui aussi fait grand bruit en optant pour une cohabitation halal/non halal l’an dernier. La forte croissance de Quick, passé en France au 100 % halal dès 2021, confirme également l’existence d’un véritable moteur de développement. À cela s’ajoute la montée en puissance continue des pure players halal, qui ne cessent de gagner des parts de marché face aux acteurs historiques.
Dans ce contexte de recomposition accélérée du paysage de la restauration rapide, nous avons interrogé quatre experts du secteur Bernard Boutboul du Gira, Nicolas Nouchi de Strateg'eat, François Blouin de Food Service Vision et Maria Bertoch de Circana, observateurs avisés des mutations de la consommation et des stratégies d’enseignes. Économie, sociologie, image de marque, choix opérationnels, leurs analyses convergent sur un point central. Le halal n’est plus un sujet périphérique, mais un enjeu structurant qui oblige désormais les chaînes à clarifier leurs positions et à assumer des choix stratégiques lisibles. Avec une question qui sous-tend : les chaînes ont-elles encore le choix ?
Bernard Boutboul, Gira
Le halal n’est plus une option dans un marché saturé, c’est une différenciation économique immédiate et puissante.
Le halal devient aujourd’hui un véritable levier de croissance parce qu’il coche plusieurs cases majeures de la restauration actuelle dont une démographie jeune et urbaine, une fréquence de consommation élevée, un panier moyen compatible avec le fast-food et surtout une communauté musulmane estimée entre 6 et 7 millions de personnes. Dans un.... La suite de cette article est réservée à nos abonnés.