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Les acteurs de la boulangerie-pâtisserie prêts à s'engager collectivement pour réduire les taux de sucre

17 Janvier 2026 - 981 vue(s)
Le président de la Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie (FEB), Didier Boudy, a remis à la Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard, un projet d’accord collectif volontaire engageant les industriels de la filière à réduire les taux de sucre dans leurs pâtisseries et viennoiseries. Un document pensé en collaboration avec les services de l’Etat eux-mêmes et la DGCCRF, et qui doit fixer des objectifs et échéances aux adhérents qui s’inscriront dans la démarche.

Alors que la menace d’une taxe sucre, pour le moment repoussée, pèse comme une épée de Damoclès au-dessus des acteurs de la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie (BVP), la filière n’entend pas rester les bras croisés. C’est en tout cas le message porté par Didier Boudy à l’occasion de la traditionnelle galette de la FEB, organisée ce mercredi 14 janvier dans les locaux du Ministère de l’Agriculture. A cette occasion, le président de la fédération qui regroupe la majorité des producteurs de BVP et de nombreux réseaux de magasins (près de 54 000 salariés au total), a donc remis à la ministre de plein exercice, Annie Genevard, un projet d’accord au travers duquel les industriels signataires s’engageraient collectivement à réduire les quantités de sucre au sein de leurs produits. « Nous avons choisi la voie de l’engagement volontaire et de la responsabilité collective plutôt de que de la contrainte », a ainsi insisté Didier Boudy, évoquant les promesses qu’il avait faites à la ministre il y a tout juste un an. « Cet accord collectif volontaire sur les produits sucrés doit définir un cadre clair, des objectifs, des échéances. Il traduit notre capacité à prendre nos responsabilités et avancer sans renoncer à l’excellence des produits », a-t-il ajouté, rappelant le travail collectif efficace déjà mené sur la question du sel.

Un projet collectif salué et défendu par la ministre

Ce projet d’accord est le fruit de plusieurs mois de travail mené en collaboration avec la DGCCRF et les services de la ministre que Didier Boudy a chaleureusement remerciée pour son « soutien sans faille » au cours des discussions parfois houleuses autour du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Annie Genevard a d’ailleurs clairement réaffirmé sa position contre ce projet de taxe sur les produits sucrés, précisant qu’elle se battait « contre ces taxes comportementales qui ne changent pas les comportements ». Elle a aussi profité de l’occasion pour rappeler l’importance de la filière BVP dans la balance commerciale de la France (autour de 3 Mds d’€ à l’export) et sa capacité à maintenir un maillage territorial essentiel, notamment dans les territoires ruraux.

La galette, un patrimoine à défendre

Le président de la FEB a également alerté la ministre sur les dérives observées de certains distributeurs de la grande distribution, capables d’afficher ces derniers jours une galette des rois à 2,50 €. « Cette communication à bas prix banalise un savoir-faire d’exception. La GMS continue de détruire les symboles les uns après les autres et la valeur auprès des convives ». Pour la fédération, afficher de tels tarifs, c’est occulter volontairement la réalité de la filière « celle des producteurs de beurre, d’œufs, de farine, des artisans et des entreprises qui fabriquent, façonnent, cuisent et distribuent un produit festif, attendu et respecté par les consommateurs ». Un discours entendu par Annie Genevard qui précise que « la galette est une pépite de la gastronomie française qui se doit d’être préservée et ne doit pas être dévoyée ». Nul doute que le sujet sera de nouveau mis sur la table par les acteurs de la filière lors du salon Sirha Bake & Snack, grand-messe de la boulangerie-pâtisserie, qui s'apprête à ouvrir ses portes demain à Paris...

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