Fondé en 1996 à Toulouse-Blagnac sous le nom de Catair, Newrest est aujourd’hui présent dans 52 pays avec 61 500 employés. Le groupe a clôturé 2024-2025 avec un CA record de 3,4 Md€, dont 3 Md€ en catering classique et aérien, 50 M€ en retail et 400 M€ avec le ferroviaire. « L’exercice fut exceptionnel, avec 33 % de croissance dont 11 % organique qui représente la valeur ajouté, la qualité de service et la fidélité des clients », se réjouit son PDG, Olivier Sadran. L’une des spécificités de Newrest, c’est qu’il appartient à 97 % à 700 de ses managers. Une autre force du groupe, c’est qu’il n’est pas endetté, ce qui lui permet de continuer à croitre en restant focus sur ses clients, salariés et actionnaires. « Nous conservons nos valeurs. Newrest n’est pas en bourse, ni à vendre ! C’est une aventure extraordinaire qui doit se poursuivre ! »
Partenaire de la SNCF dans les TGV et les Intercités depuis 2013, Newrest gère à la fois le service à bord et la logistique d’armement. « C’est complexe d’alimenter chaque jour 500 à 800 trains à Paris et en province », lance Olivier Sadran. C’est pour cela que le groupe s’est doté d’un nouveau site logistique, qui transpose au ferroviaire des innovations expérimentées avec succès pour Transavia. L’atelier de Charenton a laissé place à l’usine de Sucy, fruit de 12 M€ d’investissement, récemment équipée d’un module ‘full automatique’. « C’est un site unique dans notre secteur difficilement automatisable. Il faut savoir s’adapter à l’évolution des produits et menus, mais aussi limiter le stock et garantir une production continue. » Face au manque de solutions, Newrest a créé sa structure, recruté des ingénieurs et travaillé avec des partenaires pour créer des lignes spécifiques au catering ferroviaire et aérien, souples et évolutives. « Nous avons pris de l’avance et nous la conserverons ! » assure le PDG.
Concrètement, l’usine de Sucy assure la préparation et l’organisation logistique des chariots destinés aux trains pour les boissons et le sec type snack salés et sucrés ; le frais étant préparé au Bourget. « Elle reflète l'ensemble de nos progrès depuis une dizaine d'années en matière d'automatisation, de récolte de données et d’analyses pour mieux produire et améliorer la qualité du service. » Ce site de 4 500 m² repose sur plusieurs technologies dont une IA efficace et une robotique de pointe. 18 robots analysent les retours, remplissent ou orientent les tiroirs, les rangent et leur appliquent un QR Code. 675 tiroirs peuvent ainsi être traités chaque heure, dont 220 de canettes chargées par les robots. « La vitesse est une chose, mais la fiabilité est essentielle », lance Marie Chiner, directrice de l’innovation. L’automatisation, avec de nombreux garde-fous, mène à 97 % de conformité contre 60 % auparavant. Elle permet aussi de faire du sur-mesure, pour être plus proche des besoins et réduire l’impact. Les produits plus petits ou délicats, comme les chips, passent encore dans les mains d’opérateurs.

Marie Chiner, directrice de l’innovation
35 à 70 personnes travaillent sur site, dont une partie du staff de Charenton. Pour Olivier Sadran, ce projet apporte du progrès social en réduisant les tâches répétitives et éreintantes, et en améliorant l’ergonomie des postes de travail. « Les opérateurs peuvent se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée, comme la supervision. » En outre, les gains de productivité liés à l’automatisation sont réinvestis dans l’humain pour améliorer la qualité et la créativité culinaires et le service, facteurs de succès de Newrest. Relié à son ERP, l’usine permet à l’entreprise de collecter et d’analyser des données qualitatives sur la production et les retours pour, là encore, améliorer l’efficacité. « Cette usine interconnectée optimise l'espace et facilite les process », glisse Marie Chiner. Et Olivier Sadran d’ajouter : « Cette Digital Factory ferroviaire incarne notre ambition : réinventer la restauration en mouvement grâce à la technologie, l’expertise humaine et la performance industrielle. »
Ce nouveau site de Sucy est aussi une vitrine pour le développement de Newrest. Un projet verra bientôt le jour en Islande et 2 usines semblables mais 3 fois plus grandes sont prévues d’ici 2 ans aux Etats-Unis. Le groupe déploie aussi l’automatisation des plateaux repas pour l’aérien, déjà active à Madrid et bientôt à Orly et CDG. Quant à la SNCF, le groupe tentera de regagner l’appel offre pour 7 ans en 2028. D’ici là, fort de son savoir-faire en aérien business, il accompagnera aussi le lancement de la nouvelle classe Optimum Plus.
Parmi les boissons, c’est l’Eau Neuve qui se vend le plus dans les bars des trains longue distance SNCF ; suivie par les bières Gallia, blonde et IPA. Côté food, le croque-monsieur est un best-seller, indétrônable sur des menus pourtant évolutifs. Newrest innove sans cesse pour « répondre au mieux au cahier des charges exigeant de la SNCF », précise Marc Starké, directeur communication. La tendance actuelle est aux produits français, à l’instar de la gamme So Chips et des boissons Embrace. Les producteurs sont à l’honneur sur les cartes et la PLV, réalisées par Newrest. « Nous sommes le plus grand restaurant de France, avec la clientèle la plus large de France », précise Marc Starké.
Anthony Thiriet