Après avoir déjà marqué de son sceau, aux côtés de son mari Stéphane, la restauration asiatique, Vanessa Shi a décidé d'écrire une nouvelle histoire, plus proche de ses racines et plus engagée sur le plan culinaire. Avec Hong Bao, elle ne cherche pas seulement à faire voyager les clients, elle veut leur faire ressentir une culture, une mémoire autant qu'un rapport intime à la table. Vanessa Shi se souvient et raconte d’abord une histoire de clan. À leur arrivée en France, sa famille vit sous le même toit, avec peu de moyens mais dans une logique permanente de partage. "On cuisine ensemble, on mange ensemble, on apprend ensemble". C'est cette mémoire qui a structuré le concept. Une enseigne qui se veut ouverte, généreuse mais surtout fidèle à cet esprit collectif avec sa mère, Bing Bing qui reste très impliquée dans l’élaboration de la carte, aux côtés de ses tantes et oncles. Il s'agit de préserver des recettes issues de la cuisine familiale. Hong Bao n’est donc pas simplement une création marketing inscrite dans la vague montante de l'Asian food mais davantage la traduction entrepreneuriale d’une histoire intime.
Ouvert fin octobre 2025, Hong Bao s’est installé dans un espace de 500 m², dont 250 m² ouverts au public avec plus de 150 places assises. "Le lieu a été conçu comme un décor vivant, explique Vanessa". Dès l’entrée, un arbre couvert d’enveloppes accueille les visiteurs. Ces hongbao, traditionnellement offertes pour porter chance et prospérité, ont donné leur nom à l’enseigne et installent immédiatement le storytelling. Partout, le rouge domine, non comme un simple choix graphique mais comme un marqueur culturel fort qui est associé par ailleurs à la réussite, à la joie, à la protection et à l’abondance. Lanternes, dragon au centre du restaurant, signalétique asiatique, fresques murales, lumières tamisées, devantures de magasins composent une ambiance inspirée des night markets chinois. De quoi créer une rupture immédiate avec l’environnement du centre commercial et inviter au voyage. Hong Bao repose sur une organisation très orientée production. Sur les 35 collaborateurs du site, environ deux tiers travaillent en cuisine avec une grande partie des préparations réalisée sur place, notamment les nouilles et les bao. Pour ce premier établissement, Vanessa Shi et ses associés ont volontairement constitué un noyau d’équipe majoritairement chinoise et expérimentée afin de sécuriser l’exécution avant toute réflexion sur un déploiement à plus grande échelle.
Chez Hong Bao, l’offre alimentaire repose sur un équilibre entre street food populaire et logique industrielle maîtrisée. Le parcours commence souvent par des entrées à partager, comme les salades asiatiques, les pousses de bambou marinées, les wonton frits ou pochés, les soupes maison ou le poulet frit taïwanais, avant de basculer vers les produits signatures. Les bao vapeur, proposés à 9,90 € les quatre pièces, se déclinent au porc, au canard laqué, au poulet ou en version végétarienne, parfois travaillés en version shengjian légèrement grillée, combinant croustillant et moelleux. Les raviolis figurent aussi à la carte comme les bouchées porc-crevettes à 7,90 € les quatre pièces et surtout les Xiao Long Bao au porc, affichés à 10,90 € les six pièces, préparés à la minute, dont le cœur libère un bouillon chaud à la dégustation. Les bols de riz constituent la base la plus accessible, associant riz long parfumé, œuf mariné, légumes, pickles et sauces maison, avec des prix allant de 6,90 € à 14,90 € selon les garnitures. L'une des signatures maison reste cependant les Biang Biang, ces nouilles fraîches longues et épaisses étirées à la main, devenues emblématiques du lieu, proposées entre 12,90 € et 14,90 €, servies avec carottes, chou Shanghai, vinaigre noir, ciboulette, épices, coriandre et une protéine au choix, porc, volaille hachée façon zhajiang, bœuf ou canard laqué présentés dans de grands bols. En complément, des nouilles plus fines sont proposées sur le même principe de personnalisation tandis que plusieurs plats cuisinés, comme l’aubergine ou le tofu au doubanjiang, autour de 9,90 €, apportent une touche plus “canteen”. Côté desserts, mochi glacés, perles de coco et surtout le Lava Black Bao à cœur coulant permettent de prolonger l’expérience avec une note sucrée.
La commande s’effectue via des bornes, dans une logique de fluidité et de rapidité, essentielle en centres commerciaux où les gens restent plutôt pressés au déjeuner. L’absence de menu est assumée pour l'instant même si la question se pose tandis que l’enseigne préfère encourager la composition libre et le partage. De quoi favoriser des paniers évolutifs, explique Florence Fléchard, responsable développement qui évoque un ticket moyen situé autour de 20 €. Sur le plan économique, Hong Bao affiche des niveaux d'activité compris entre 2,5 et 3 M€ de chiffre d'affaires pour ce site, grâce à un volume de couverts plus élevé. Si la capacité d’accueil et le flux offrent un potentiel important, Vanessa reste prudente, consciente que la complexité opérationnelle impose un temps de stabilisation. Des projets existent pour 2026, sans signature ferme pour le moment et avec des questions qui se posent encore sur le mode de développement entre partenariat financier et franchise.
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