"Participer au jury des Snacking d’Or est toujours un moment privilégié",, explique Remy Lucas qui participait, le 12 février dernier, au 15e jury des Snacking d'Or by France Snacking organisé à l’Atelier des Chefs. Une organisation, dit-il, parfaitement huilée et une édition qui restera marquante avec près de 193 candidatures, un record et presque huit heures de dégustations et de présentations rythmées par des échanges passionnés, des débats, quelques interrogations et beaucoup de rires. Au-delà de la performance organisationnelle, confie le fondateur de l'agence Cate Marketing, cette session offre surtout un observatoire précieux des tendances qui façonnent l’alimentation de demain. Premier constat présenté par l'expert, la déstructuration totale des prises alimentaires. "Les codes traditionnels du repas ont disparu depuis longtemps, mais cette année même les plats cuisinés s’effacent. Place à des éléments snack autonomes, pensés pour être consommés seuls, à toute heure et en tout lieu". La question du “manger sain” apparaît particulièrement ambivalente. Selon, lui, elle s’exprime fortement dans les boissons fonctionnelles, moins sucrées, enrichies en vitamines, protéines, collagène, antioxydants ou plantes adaptogènes. L’intention nutritionnelle est là, même si le plaisir gustatif n’est pas toujours au rendez-vous. En revanche, côté solide, les fruits, légumes et produits de la mer se font rares, note l'observateur avisé de la food, avec des produits sucrés, gras, panés ou frits qui dominent largement, des beignets aux tenders en passant par les tempuras et donuts. Autre constat, le végétal poursuit néanmoins sa progression Simili-fromages, alternatives aux viandes hachées ou effilochées, garnitures pour feuilletés, empanadas ou hot dogs, sauces pour pâtes et même charcuteries végétales se multiplient. "La réussite gustative reste variable, mais les formulations semblent globalement moins chargées en additifs qu’il y a quelques années, signe d’une maturation de l’offre". Autre évolution marquante, note Remy Lucas, l’attention portée aux consommateurs aux budgets contraints. Les produits accessibles prennent le dessus. Les ingrédients premiums laissent place à des bases simples, souvent centrées sur le pain et ses déclinaisons. Focaccia, pizza, chips, crêpes, gaufres, madeleines ou beignets composent une offre pensée pour rester abordable, avec des garnitures plus modestes afin de contenir les coûts. Dans cet environnement parfois minimaliste, poursuit l'expert, le plaisir reste pourtant central. Il s’exprime d’abord à travers la sauce, omniprésente cette année. Les propositions rivalisent de couleurs, de textures et d’histoires, avec un goût marqué pour le piquant, parfois très intense, et des effets visuels assumés jusque dans les paillettes. Le sucré joue également son rôle de refuge réconfortant, à travers barres, cookies, crumbles ou mousses. Le chocolat, un peu moins présent cette année, cède souvent la place aux fruits secs, notamment la pistache devenue incontournable et présente dans bon nombre de propositions. Enfin, la couleur s’impose comme vecteur d’attractivité, avec une explosion de rose dans les boissons, les sauces et les créations pâtissières. "Ces observations 2026 prolongent et accentuent les dynamiques repérées lors des éditions précédentes. Le snacking dépasse désormais le simple acte alimentaire mais reflète nos rythmes de vie, nos contraintes économiques, notre quête de sens et notre besoin d’émotion. Les Snacking d’Or s’affirment ainsi comme une véritable fenêtre d’observation sur l’évolution de la société".
Les nommés et les premiers résultats seront disponibles dès le 24 février sur snacking.fr. Et rendez-vous le 1er avril au Snack Show pour découvrir les lauréats, sur l'espace innovations qui n'est autre que l'espace Snacking d'Or.
