Si les boulettes, les fameuses köttbullar, viennent de fêter leurs 40 ans, la stratégie food, elle, est plus actuelle que jamais. En effet, chez IKEA, la restauration, depuis l’origine de la marque n’est pas un service ajouté pour prolonger la visite, elle est intégrée au concept depuis 1959, un an après l’ouverture du premier magasin. "IKEA et food, c’est une grande histoire longtemps associée à l’image sympathique des boulettes et du saumon, mais qui pèse aujourd’hui d’un poids économique bien réell et progresse chaque année ", rappelle Nicolas Bouny, country food manager pour la France. Dans l’Hexagone, le groupe exploite 36 magasins et 8 formats plus compacts et sert près de 13 millions de clients dans ses restaurants. Une activité qui représente entre 4 et 5 % du chiffre d’affaires total et affiche une progression moyenne de 5 % par an depuis quatre ans pour s’afficher à 124,5 M€ en 2025.

Le modèle repose sur un triptyque clair. Le restaurant suédois, organisé en libre-service avec service des plats chauds, concentre la majorité de l’activité. Le bistrot, situé en sortie de caisse joue, quant à lui, la carte d’un snacking rapide dominé par le hot-dog tandis que l’épicerie suédoise prolonge l’expérience avec des produits à emporter. "Selon la taille et la configuration des magasins, l’offre s’adapte", poursuit le responsable de la restauration de l'enseigne pour la France avec des formats urbains qui peuvent combiner restaurant et bistrot dans un espace réduit ou proposer une offre plus concentrée. "Mais le principe demeure constant avec la food qui accompagne le parcours client et participe pleinement à l’identité IKEA".
Si la boulette reste le produit phare avec 44 millions de boulettes dégustées, aujourd’hui déclinée en version viande, légumes, végétale et bientôt poisson, la stratégie dépasse largement l’icône. IKEA revendique un positionnement tarifaire, on ne peut plus accessible et concurrentiel dans un marché tendu avec un menu complet à 6 euros, un plat chaud à partir de 3,95 euros, un hot-dog dès 1 euro. Dans certaines zones, la cafétéria devient même un point d’ancrage pour des familles attentives à leur budget. La montée du végétal constitue un autre axe structurant avec l’objectif d’atteindre, à terme, environ la moitié des plats chauds sans protéines animales. « L’enseigne ne cherche pas à exclure la viande, mais à élargir le choix tout en répondant aux tendances », ajoute Nicolas Bouny. Une règle simple guide la politique prix avec l’alternative végétale qui reste toujours moins chère que son équivalent carné.
Si les incontournables sont communs à l’ensemble du réseau international, la France conserve une marge d’adaptation. Des plats saisonniers inspirés du répertoire hexagonal viennent compléter l’offre standard, du bœuf bourguignon à la tartiflette en passant par le veau basquaise ou la cuisse de canard. La carte évolue régulièrement en fonction des performances et de leur accueil. De nouvelles références sont introduites, comme l’île flottante annoncée prochainement ou les moules-frites proposées dorénavant chaque vendredi à 8,95 euros. "L’idée est d’installer des habitudes tout en renouvelant l’intérêt", explique Nicolas Bouny. La transformation passe aussi par l’expérience client. Les espaces « bistrot » situés après la caisse sont désormais équipés de bornes de commande avec une prochaine étape qui prévoit la commande via application mobile à partir de l’automne prochain après une batterie de tests réalisés recemment dans un restaurant témoin. Si la fluidité séduit, les clients restent attachés à la visibilité des produits ce qui conduira vers des solutions hybrides conciliant efficacité opérationnelle et expérience au sein du parc tout comme dans les prochaines ouvertures de magasins programmées en 2026
