« Je suis surpris par l’ampleur du mouvement », confie Bernard Boutboul, président de Gira à Snacking.fr en présentant les indices biennaux « Burger » et « Pizza » qui viennent de paraître et présentés en avant-première. Selon l'expert de la restauration, le constat est clair avec un cycle du burger qui change profondément de nature marqué par un recul des ventes, l’an dernier, après un ralentissement constaté un an plus tôt. En 2025, les Français ont donc consommé, selon Gira, 1,4 milliard de burgers en CAHD (consommation alimentaire hors domicile), soit une baisse de 6,9 % en volume en deux ans. Le chiffre d’affaires, lui, se maintient à 12,1 milliards d’euros, en très léger recul (- 0,2 %), soutenu par un prix moyen de 12,90 €, en hausse de + 7,3 % par rapport à 2023. En restauration rapide, le prix moyen relevé est de 7,38 €, de 9,50 € en livraison, de14, 22 € en restauration à thème ou de 17,07 € en bars-brasseries. Autrement dit, la valeur résiste grâce, notamment, à l’augmentation des prix tandis que la fréquentation fléchit.

Cette évolution masque, néanmoins, une forte disparité entre circuits. Les chaînes affichent un prix moyen de 11,09 € (+ 9,6 % en deux ans), quand les indépendants culminent à 14,42 € (+ 6,3 %). Le recul des volumes touche particulièrement les majors du burger et leur poids, dans le marché, amplifie mécaniquement la baisse globale. Selon Bernard Boutboul, ils « se cherchent » dans un marché très challengé et multiplient les tests pour regagner du trafic, parfois au risque d’erreurs stratégiques dans un contexte où le consommateur redevient extrêmement attentif au prix. Le phénomène s’inscrit dans une dynamique plus large. Après avoir été multipliées par 14 en dix ans, les ventes de burgers semblent avoir atteint un plafond. Lassitude d’une partie des clients, concurrence accrue d’autres formats de street food, attractivité de concepts qui séduisent davantage la Gen Z, arbitrages budgétaires, les causes sont multiples prévient l’expert. « C’est une vraie secousse et je pense qu’elle est durable », analyse l’expert. Pour autant, il ne doute pas de la capacité des grandes enseignes à rebondir comme elles le font à travers l’innovation produit, un travail sur la traçabilité et les labels ou encore la multiplication des collaborations. Ce qui témoigne d’un secteur qui reste offensif malgré les vents contraires.
À l’inverse, la pizza affiche une trajectoire plus stable. En 2025, 1,2 milliard d’unités ont été consommées en France, soit + 1 % en volume sur deux ans et + 16 % par rapport à 2021. Le chiffre d’affaires atteint 5,6 milliards d’euros, en léger retrait (- 1,8 %), signe d’un marché qui se normalise après une période de forte croissance. La pizza Reine, référence de l’indice, s’établit à 13,24 € en moyenne, contre 12,09 € en 2023 et 10,72 € en 2021. Les écarts de prix restent limités entre indépendants (13,09 €) et chaînes (13,44 €), même si la hausse est sensible avec + 10 % en deux ans chez les premiers, + 8,6 % chez les seconds. Là encore, la pression sur les coûts des matières premières et de l’énergie, combinée à l’érosion du pouvoir d’achat, expliquent la tension sur les prix. Moins spectaculaire que le burger, la pizza démontre néanmoins une réelle capacité de résilience. Produit ancré dans les usages, adaptable aux formats et à de nombreuses occasions de consommation, elle conserve sa place de 3e produit le plus consommé en France, derrière le sandwich qui atteint, quant à lui, 3,1 milliards d’unités vendues en 2025 (+ 4,5 %), selon Gira.

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