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Après l’embellie de décembre, le marché de la restauration hors domicile cale en ce début 2026

18 Mars 2026 - 3072 vue(s)
Entre l’automne 2025 et le début 2026, la restauration hors domicile a basculé d’un ralentissement progressif à une quasi-stagnation. Si les signaux d’alerte étaient déjà visibles après l’été avec une fréquentation en baisse et un arbitrage des consommateurs, ils s’intensifient aujourd’hui, confirmant un changement de cycle sans doute plus profond, nous indique la toute dernière Revue Stratégique de Food Service Vision.

Le marché aura connu un sursaut… avant de retomber. Après plusieurs mois de ralentissement à l’automne 2025, le mois de décembre a redonné de l’air aux opérateurs. Un regain en forme de parenthèse qui n’a pas résisté à l’entrée dans 2026 où la fréquentation, les arbitrages ou encore la pression sur les prix ont repris le dessus. La précédente Revue stratégique pointait déjà une dynamique fragile. Malgré une croissance annuelle de 2 %, le marché ralentissait nettement à l’automne jusqu’à afficher une activité nulle en novembre. Cette croissance reposait essentiellement sur le ticket moyen, tandis que la fréquentation reculait (- 2 %), traduisant un désengagement progressif des consommateurs. Les arbitrages budgétaires étaient déjà bien installés, avec un consommateur sur quatre déclarant réduire ses dépenses en restauration. C’est dans ce contexte que décembre est venu jouer un rôle de contrepoint avec une hausse de 4 % du chiffre d’affaires sur un marché qui a temporairement retrouvé des couleurs. Une dynamique portée mécaniquement par la saisonnalité des fêtes et une forte activité dans les zones touristiques, notamment en stations de ski.

La réalité économique a repris le dessus début 2026

La nouvelle Revue Stratégique montre que ce bol d’air de fin d’année n’a pas entrainé un retournement de tendance. Dès janvier et février, la croissance est devenue flat à 0 %, confirmant que décembre était bel et bien une parenthèse. Les indicateurs structurels ont même repris leur trajectoire avec une fréquentation en léger recul, une hausse rapide des intentions de réduction des dépenses (27 % en février contre 18 % quelques semaines plus tôt) et une montée en puissance du critère prix dans le choix des établissements. Le phénomène n’est plus marginal mais structurel. La baisse de fréquentation, déjà perceptible fin 2025, se prolonge avec 96 % des Français ayant fréquenté un lieu de restauration (- 2 points sur un an). Surtout, la pression sur les dépenses s’accentue fortement avec la part des consommateurs souhaitant réduire leur budget qui s’effondre de 18 % à 27 % en quelques semaines. Autre évolution notable, la hiérarchie des critères de choix qui bascule clairement. Le prix devient désormais central, devant le goût qu’il s’agisse du rapport qualité-prix que le rapport quantité-prix. Un changement majeur dans un secteur historiquement piloté par l’expérience et le plaisir. D’ailleurs les boissons alcoolisées sont les premières à trinquer avec des consommateurs qui font le choix de réduire leur consomamtion. Ainsi, 28 % des personnes sondées auraient arbitré sur les boissons alcoolisées ce trimestre soit 5 points de plus qu'il y a un an.

La concurrence toujours plus vive

Là où l’automne révélait des signaux faibles, le début 2026 les transforme en tendances plus lourdes avec une dynamique d’offre qui est restée très soutenue. La restauration rapide continue de tirer la croissance du parc avec près de 3 905 nouveaux points de vente contre 249 dans la restauration à table. Un constat qui confirme cette pression concurrentielle avec un déséquilibre qui se crée entre une offre en expansion et une demande qui ralentit, renforçant les écarts de performance entre acteurs et un marché qui se polarise autour des offres les plus lisibles en termes de prix et d’usage. Déjà en 2025, la restauration rapide résistait mieux que la restauration à table ou la boulangerie-pâtisserie. En ce début d’année, la GMS/Prox confirme son rôle de locomotive grandissant et moteur avec des croissances à deux chiffres (+ 14 %) tandis que la boulangerie-pâtisserie recule sur les deux premiers mois de l’année (- 1 %).

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