Fondée en 1976 par Jean-Claude Daunat, l’entreprise pionnière du sandwich industriel, aujourd’hui propriété du groupe Norac, fête ses 50 ans. Un âge de maturité, certes, mais qui n’empêche pas la société Daunat de regarder vers l’avenir, avec la volonté de se donner les moyens de vivre encore de longs jours heureux ! Avec ses 330 M€ de chiffre d’affaires réalisés l’an dernier, et 5 sites de production au compte, elle affiche une 5e année de croissance consécutive en profitant notamment d’un marché du snacking porteur et adapté aux nouveaux modes de consommation. « Le snacking repose sur des tendances de consommation lourdes, qui ne sont pas près de se retourner », martèle ainsi Maye El Maghrabi, la directrice générale de Daunat, citant entre autres le nomadisme alimentaire, la recherche de praticité ou la recherche de solutions économiques dans un contexte économique global peu engageant. En GMS, le snacking aurait ainsi progressé de + 8,5 % sur un an en volume et 6,4 % en valeur en 2025 selon les données Circana/Daunat, une dynamique rare dans l’univers des PGC. Et le succès des produits Daunat n’est pas étranger à cette belle santé du secteur alors que la marche affiche + 11,8 % de croissance en volume 2025, se hissant au 8e rang des plus fortes croissances en volume parmi le top 50 des marques alimentaires. Sur le rayon traiteur, elle revendique la première dynamique. « C’est un marché très spécifique, guidé par les marques nationales », souligne Maxence Le Brun, le directeur marketing, insistant sur la singularité structurelle du snacking où la MDD ne représente plus que 22 % des parts de marché contre 26,6 % en 2020.
Les sandwichs, cœur du marché (58 % des ventes), illustrent cette poussée : + 13,5 % pour Daunat, avec un gain de 2,1 points de part de marché. La MDD, historiquement dominante sur le triangle (sandwich par 2), a perdu plus de 10 points en 6 ans et Daunat a su en profiter et afficher + 19,2 % de croissance volume sur la seule année dernière. Sur ces clubs sandwichs, segment au global en léger recul (- 1,8 %), la marque gagne près de 3 points grâce à un mix fond de rayon solide et des innovations performantes. On pense ici au lancement réussi des sandwichs 100 % mie, lancés l’an dernier et qui ont très bien fonctionné. Même constat sur les baguettes (+ 13,2 % pour Daunat dans un segment à + 10,6 %) où depuis 2020, la marque a engrangé 8 points de part de marché supplémentaires. En salades, le marché affiche + 11 % en volume quand Daunat consolide sa place de deuxième marque nationale pour la troisième année consécutive, avec des performances marquées sur les salades « cœur de repas » et féculents.
Ces bons résultats et cette croissance sont étroitement corrélés à l’innovation. Sur la tendance « High Protein », segment estimé à 2,1 milliards d’euros et en hausse de + 37 % en deux ans, Daunat a été la première marque nationale à investir le snacking avec une offre riche en protéines. En 2026, elle décline le concept en sandwich : 17 % de protéines supplémentaires versus la référence, 64 % de matières grasses en moins, moins de 5 % de MG dans le produit fini, le tout à 2,85 €. Autre axe : le chaud. Inspirée du succès de ses wraps, la marque lance des baguettes pensées pour être consommées froides ou réchauffées, misant sur des recettes « Spicy » et « Cheesy » adaptées aux jeunes générations. En salades, l’innovation 2026 s’appelle « On The Go » : un format nomade 270 g, 100 % pâtes, fourchette intégrée, sauce à doser, le tout dans un packaging en partie transparent. Trois recettes (poulet rôti, césar, bacon mimolette) ciblent les 18-30 ans en quête de praticité et de mobilité. Enfin, sur le segment sucré, Daunat investit la vague coffee shop popularisée par Starbucks et Columbus Café & Co, avec une gamme de cookies et muffins premiums, sans huile de palme ni arômes artificiels, à base de farine française et d’œufs plein air.
Car la direction de la marque entend faire du renforcement de ses engagements agricoles un axe fort de différenciation. Ainsi, alors que 92 % de la viande utilisée dans les préparations Daunat est aujourd’hui française (poulet, bœuf et porc confondus), le directeur général de la marque, Frédéric Oriol, vise la barre des 100 % dès cette année. « Il est de notre responsabilité de soutenir la filière agricole française pour continuer à se développer avec du 100 % origine France », assène-t-il, alors que l’entreprise collabore déjà avec plus de 6 000 éleveurs sur le territoire. Cela passe aussi par une stratégie d’achats responsable avec, en ligne de mire, les 70 % de matières premières originaires de l’Hexagone. Il met en avant des cahiers des charges intégrant bien-être animal, alimentation à base de céréales françaises et pratiques, bas carbone. « On parle beaucoup de souveraineté alimentaire. Nous, on n’en parle pas, on le fait ». Produire en France permettrait de réduire ainsi de 20 à 25 % l’empreinte carbone par rapport à certaines origines importées, l’alimentation animale constituant un levier clé. Et à 50 ans, Daunat se projette déjà loin : « Si l’entreprise veut être là dans 100 ans, tous les sujets sur lesquels nous travaillons doivent être durables », conclut le directeur général Frédéric Oriol. Rendez-vous est pris ?