Dès l’ouverture de la cérémonie de révélation des champions, Laurent Girard, directeur général de la Société Bretonne de Volaille, a rappelé l’ambition du concours qui était de mettre en avant la volaille française en restauration et d’accompagner les chefs dans cette mission. Derrière cette prise de parole, l’enjeu était de redonner à la dinde ses lettres de noblesse en restauration. Un défi assumé par le concours signé Poule et Toque qui a invité les 6 candidats à réfléchir à une nouvelle manière de travailler le gallinacé, loin de ses usages traditionnels. Une orientation pleinement en phase avec le thème 2026, « Révélation gourmande : la dinde autrement ! ». Les candidats, qui avaient deux heures pour s’exécuter, ont été amenés à sortir des sentiers battus en travaillant différentes découpes et en explorant des associations inédites afin de démontrer que la dinde pouvait s’inscrire dans une cuisine créative et désaisonnalisée.

Dans la catégorie professionnelle, Shaurya Manchanda (restaurant 220 BPM à Lyon) s’est imposé avec « La Dinde dans mon jardin », un blanc de dinde poché dans du jus fumé au croustillant de graisse de dinde, farci au topinambour et dinde rôtie, échalote farcie à la soubise, abats de dinde et échalotes noires, jus de topinambour avec capsulation de chutney d’oseille, accompagné de salades d’herbes sauvages. Côté étudiants, Marie Golivet (École Ferrandi-Paris, campus de Rennes) l’emporte avec « Dinde en terre-mer, algues et sardines », une recette qui joue sur les contrastes et les influences marines, avec une ballotine de dinde aux algues et à la sardine, enroulée dans une feuille de nori, accompagnée d’une mousseline de caviar d’algues, d’une sauce poulette infusée au jombu avec feuillles de tozaku, de ravioles de navet farcies aux algues, amandes, kalamansi et sardine fumée, le tout relevé de salicornes et de citron caviar. Deux signatures qui ont contribué à inscrire la volaille dans des registres actuels. Président du jury, le chef étoilé Éric Guérin a souligné le niveau élevé de cette édition, assumant « une barre un peu haute » en choisissant la dinde comme sujet central. « Ce n’est pas forcément un produit gastronomique », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité d’un regard différent et d’un véritable savoir-faire pour la valoriser. Au-delà de la technique, le chef, ambassadeur de la marque, a également mis en avant la dimension essentielle de l’engagement du cuisinier en soulignant que tout ne se jouait pas seulement dans l’assiette mais aussi à travers l’énergie personnelle qu’un candidat pouvait apporter à un plat, en y croyant, pour réussir, à toucher le jury. À ses côtés, Bastien de Changy, invité d’honneur, ainsi que des professionnels et anciens lauréats ont apporté leur regard et leur jugement pour départager les six candidats.

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