Du scroll à l’assiette, TikTok, Instagram, YouTube ou Facebook ne nourrissent plus seulement les envies, ils orientent concrètement les comportements d’achat et deviennent un terrain de conquête majeur pour l’industrie alimentaire. Selon un sondage réalisée par Opinion Way pour le Sial Paris, 52 % des Français se disent influencés par les réseaux sociaux sur, au moins, un aspect de leur alimentation. Une preuve évidente que ces plateformes sont sorties du simple registre du divertissement pour entrer dans celui de la prescription quotidienne. 44 % y trouvent des recettes à reproduire chez eux, 41 % disent être incités à manger plus sain, 36 % reconnaissent des envies plus gourmandes, 35 % choisissent des adresses repérées en ligne et 33 % achètent des produits vus sur les plateformes. Même la présentation des plats, devenue un marqueur social et esthétique, est impactée pour 32 % des répondants. Le phénomène est particulièrement marqué chez les jeunes générations. 90 % des 18-24 ans déclarent être influencés sur, au moins, un levier alimentaire, contre 83 % des 25-34 ans, quand les 65 ans et plus ne sont plus que 26 %. Une fracture générationnelle nette qui confirme que les usages digitaux façonnent désormais les futurs comportements de consommation.
L’impact des contenus food dépasse largement le simple divertissement ou la curiosité passagère. Sur les douze derniers mois, 38 % des Français ont réalisé une recette découverte en ligne, 28 % ont testé un ingrédient inédit, 25 % un produit innovant, 24 % un snack viral et 23 % ont acheté un produit devenu tendance sur les réseaux. Les plateformes jouent, donc, un rôle direct dans l’émergence de nouveaux usages, dans la diffusion des tendances et dans la vitesse de rotation des phénomènes alimentaires. Chez les 18-24 ans, la mécanique s’emballe puisque 81 % ont reproduit une recette vue en ligne, 67 % ont déjà goûté un snack viral et 63 % acheté un produit vu buzzer sur les réseaux. Pour les marques, cela confirme qu’un contenu performant peut désormais accélérer la notoriété, générer du trafic et transformer l’envie en acte d’achat beaucoup plus vite qu’auparavant. D'ailleurs , le sondage le souligne, plus d’un Français sur trois (37 %) suit au moins un compte lié à l’alimentation sur les réseaux sociaux dont des marques alimentaires (18 %), des chefs (17 %), des influenceurs food ou experts santé (16 % chacun), lifestyle (16 %) ou healthy (12 %). Facebook (13 %), Instagram (12 %) et YouTube (11 %) ressortent comme les plateformes les plus influentes sur l’alimentation des Français toutes générations confondues avec TikTok plébiscité par les 18-24 ans (41 %). Les attentes varient selon les âges puisque les moins de 35 ans suivent surtout des influenceurs lifestyle partageant leur quotidien (46 %), proposant des recettes (44 %) ou encore qui recommandent des restaurants (40 %) tandis que les 35 ans et plus privilégient les marques alimentaires (13 %) et experts (11 %).
Les réseaux sociaux nourrissent une double dynamique parfois contradictoire. D’un côté, 25 % des Français disent réduire leur sucre, 24 % surveiller le sel, 24 % manger plus protéiné, 20 % consommer davantage de super aliments et 18 % tester des alternatives végétales avec des plateformes qui servent de caisse de résonance aux tendances nutritionnelles, au mieux-manger et aux nouvelles attentes en matière de transparence ou de performance alimentaire. Mais, dans le même temps, 19 % reconnaissent craquer davantage pour des snacks salés ou sucrés vus en ligne. Ce grand écart entre discipline et tentation redessine le cahier des charges des industriels qui consiste à proposer des produits plus sains sans renoncer au plaisir. Il leur faut créer des offres désirables sans perdre en crédibilité nutritionnelle et réussir à exister dans un univers où la viralité pèse désormais presque autant que le goût.
Sur SIAL Paris 2026 qui se tiendra du 17 au 21 octobre, toutes ces tendances trouveront leur traduction concrète et se transformeront en opportunités business pour les marques, souligne le salon. À l’image d’un hall entier consacré au snacking, reflet d’une évolution majeure des modes de consommation dont les dynamiques observées sur les réseaux sociaux ne sont qu’une des expressions. Le salon accueillera également StreEat Lab, une nouvelle animation dédiée aux concepts de street food à travers le monde, installée sur plusieurs centaines de m² à un emplacement stratégique.
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