Sans les industries agroalimentaires et les grossistes alimentaires, il n'y aurait aucune restauration collective ou commerciale à même de fournir des dizaines de millions de repas en France. C'est en ces quelques mots que le GECO Food Service et Les Grossistes alimentaires résument le danger imminent pour toute la chaîne de valeur de nos métiers, à propos de l'accumulation des hausses des coûts, notamment des carburants. En effet, dans un communiqué les deux organisations le martèlent : sans réaction rapide, c’est toute la continuité d’approvisionnement de la restauration hors domicile qui pourrait être remise en cause. Déjà fragilisée par une baisse de fréquentation de 9,6 % entre 2019 et 2025 (Circana), la filière fait face à un choc simultané et massif sur ses coûts et ses capacités opérationnelles.
Une équation économique devenue intenable
Le message insiste, à plusieurs reprises, sur l’ampleur des hausses subies par les industriels et les grossistes : + 40 % sur le gaz, + 35 % sur le pétrole, + 20 à + 30 % sur les emballages, sans compter la flambée des matières premières agricoles. À ces augmentations s’ajoutent celles des intrants industriels (engrais, plastiques, aluminium), dans un contexte aggravé par la guerre au Moyen-Orient. Le résultat est sans appel avec des coûts de production en forte hausse, jugés incompressibles que les entreprises ne peuvent plus absorber. Cette pression pèse directement sur la compétitivité et les marges, dans un marché où les prix restent contraints et la volatilité élevée, insiste le communiqué.
Des risques de rupture et une chaîne sous pression
Au-delà de la question des coûts, ce sont des risques de pénuries à court terme, notamment sur les emballages qui se profilent, susceptibles d’impacter les capacités de production. Les grossistes, maillons essentiels de la chaîne d'approvisionnement sont particulièrement exposés via leurs flottes de transport dépendantes du carburant. Leur exclusion des dispositifs d’aide existants accentue, d'ailleurs, leur vulnérabilité, les plaçant de fait, en première ligne face à la hausse des coûts. Dans ce contexte, les deux organisations appellent à des mesures urgentes avec répercussion des hausses de coûts sur toute la chaîne (y compris dans les marchés publics de restauration collective), intégration du transport en compte propre dans les aides au gazole (aujourd'hui uniquement calibrés pour le transport pour compte d'autrui) et clarification rapide de la REP emballages, prévue au 1er juillet 2026 (avec une mise à disposition rapide de repères économiques). Autant de leviers jugés indispensables pour préserver la continuité d’approvisionnement et, plus largement, la souveraineté alimentaire.