Avec 11,97 milliards de repas servis, un trafic stable et une restauration commerciale qui stagne à + 1,6 % de repas, 2025 marque, selon Bernard Boutboul de Gira, une véritable « année de bascule » pour la consommation alimentaire hors domicile. Entre inflation répercutée sur les prix, pénurie de personnel et arbitrages des consommateurs, le secteur entre dans une nouvelle phase où la fréquention évolue peu malgré une croissance de la valeur. « Chose inédite depuis 20 ans, en dehors bien sûr de la période Covid, la CAHD reste flat en nombre de repas servis entre 2024 et 2025, alors que le chiffre d’affaires progresse encore de 4,3 %, principalement porté par les hausses tarifaires et les ouvertures », explique le président du cabinet de conseil. Derrière cette apparente résistance du marché, les écarts se creusent fortement entre les acteurs. Les chaînes enregistrent un total de + 1 % de repas malgré une hausse de 3,3 % de leur chiffre d’affaires, conséquence de politiques tarifaires agressives destinées à regagner du trafic mais qui pèsent fortement sur les marges. À l’inverse, les indépendants apparaissent comme les grands gagnants de l’année avec une fréquentation en progression de 2,4 % et un chiffre d’affaires à + 3,7 % à 45,07 md€. Globalement, la restauration commerciale stagne en visites tout en progressant encore de 3,4 % en chiffre d’affaires à 75,37 md€. Selon Bernard Boutboul, le marché est « dichotomique », avec des leaders affaiblis, des indépendants qui se portent mieux et une partie des CSP- qui continuent de se détourner de la restauration avec 30 % de sorties en moins. Et avec des émergeants qui surperforment au-delà des 8 % de croissance.
Dans le même temps, la vente au comptoir continue de gagner du terrain sur le service à table. C’est + 1 point pour la VAC qui représente à présent 59,2 % des repas servis (soit 2,73 millions de repas) contre 40,8 % pour la SAT (1,88 millions) en restauration commerciale (qui totalise 4,6 millions de repas servis, alors qu’en valeur le service à table (SAT) reste encore majoritaire avec 46,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+ 3,2 % vs 2024), soit 62 % du marché contre 38 % pour la vente au comptoir qui totalise 28,64 md€ de vente (+ 3,7 % vs 2024). Ce mouvement profite largement aux offres du quotidien et notamment aux circuits alternatifs. Ces derniers atteignent ainsi 25,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires selon Gira, en hausse de 7,5 %, portée notamment par les boulangeries et les formats rapides de type GMS/Prox qui n'en finissent pas de gagner des parts de marché. Les boulangeries ont gagné 9 % avec un CA de 15 md€ tandis que la GMS et la proxi performe de + 7 %. La restauration automatique bondit, quant à elle, de 11 % à 294 millions d’euros grâce aux distributeurs nouvelle génération et aux offres à petits prix. De son côté, la restauration d’hôtel à 4,99 M€ fait + 1,9 % et la restauration collective qui affiche 22,23 md€ de CA, fait + 3 % vs 2024. Malgré un marché global des lieux où l’on peut se nourrir qui est plus tendu atteignant 415 595 unités, explique Bernard Boutboul, le parc continue encore de progresser de 2,1 % avec des ouvertures principalement tirées par les enseignes 100 % vente au comptoir qui comptent + 2 469 de nouvelles unités en 2025. Pour le patron de Gira, une certitude s’impose, à présent, avec une restauration qui devra apprendre à fonctionner durablement avec moins de marge qu’auparavant, tandis que l’effet de vases communicants entre restauration traditionnelle, restauration rapide et circuits alternatifs va continuer à s’accélérer.
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