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SIAL Insights 2026, quand les singularités deviennent la norme

25 Juin 2026 - 1537 vue(s)
Santé, protéines, végétal, origine, plaisir, inclusion ou encore nouvelles expériences sensorielles, les attentes des consommateurs n'ont jamais été aussi nombreuses ni aussi diverses. À quelques mois de son édition 2026, le SIAL Paris livre sa lecture des grandes mutations qui redessinent les marchés alimentaires mondiaux à travers son Cahier SIAL Insights.

Pas de conférence de presse traditionnelle, cette année, pour présenter les grands enseignements de son cahier SIAL Insights 2026 réalisé avec Protéines XTC, Kantar et  Circana. Les organisateurs du salon SIAL Paris,  qui se tiendra du 17 au 21 octobre, autour du nouveau Directeur Général de la branche Food & Beverage Rodolphe Lameyse et la DG du SIAL Audrey Ashwort, avaient choisi de les faire découvrir au fil d'un déjeuner conçu comme une mise en bouche grandeur nature. Au menu  étaient proposés notamment une brioche végane à la crème de cajou française et au caviar d'algues bretonnes pour évoquer l'origine des produits, des ravioles Xiaolongbao au shiitaké et au chili oil du Sichuan pour parler d'évasion culinaire, des asperges au beurre d'algue pour illustrer la montée en puissance de l'alimentation fonctionnelle, des ravioles de brocciu et courgettes pour raconter le nouveau visage du végétal ou encore un baba Suzette revisité pour symboliser l'essor d'une innovation plus inclusive. Les chiffres compilés dans ce cahier  illustrent cette transformation. Aujourd'hui, 95 % des consommateurs mondiaux se disent attirés par, au moins, une cuisine étrangère, 72 % accordent une importance croissante à la provenance des produits, 71 % privilégient les fabrications locales et 68 % recherchent de nouvelles expériences sensorielles. Dans le même temps, près d'une personne sur trois opte déjà pour des snacks riches en protéines, fibres, vitamines ou minéraux tandis que les innovations mettant en avant les protéines ont progressé de 86 % en France entre 2021 et 2025. Dans ce livret, force est de constater que ces comportements ne s'opposent plus, ils dessinent tout simplement les contours d'un consommateur capable de rechercher simultanément performance, plaisir, engagement, proximité et évasion.

Entre performance et bien-être, l'alimentation devient un outil

Premier enseignement du cahier, la santé change de dimension. Le premier insight, « La nourriture santé : le carburant d'un corps performant », montre comment l'alimentation fonctionnelle s'impose progressivement comme un nouveau cadre de lecture des achats alimentaires. Les bénéfices recherchés dépassent largement la simple nutrition pour englober l'énergie, la vitalité, l'immunité, la santé digestive ou encore le métabolisme. La naturalité, longtemps dominante, recule même de 12,5 points en France tandis que les bénéfices santé prennent une place croissante dans les décisions d'achat. Cette logique est prolongée par le deuxième insight, « Le cerveau intestinal : quand l'alimentation régule bien-être et mental ». Plus d'un tiers des consommateurs s'intéressent acuellement à des produits favorisant le sommeil, la relaxation, la gestion du stress ou l'équilibre émotionnel. Les préoccupations liées à la santé féminine, au vieillissement ou encore aux effets des traitements de type GLP-1 ouvrent également de nouveaux territoires d'innovation. Aux États-Unis, 54 % des utilisateurs de ces traitements déclarent avoir réduit leurs prises alimentaires tandis que 53 % privilégient maintenant des produits plus riches en nutriments. La vague protéinée constitue l'une des illustrations les plus visibles de cette transformation. Entre 2021 et 2025, les innovations mettant en avant les protéines ont bondi de 86 % en France. Dans le monde, près d'une personne sur trois privilégie déjà des produits de snacking riches en protéines, fibres, minéraux ou vitamines. Plus largement, le bien-être quitte progressivement le champ médical pour s'inviter dans les rayons alimentaires. 

Le consommateur veut tout à la fois

Trois autres insights structurent les comportements actuels des consommateurs qui oscillent entre la réassurance et la découverte. Avec « Le plaisir se réinvente : de la gourmandise à l'expérience sensorielle »,  on constate que la quête de bien-être ne signe pas la fin de la gourmandise. Plus de 56 % des innovations alimentaires mondiales revendiquent aujourd'hui une promesse de plaisir, de découverte ou d'intensité sensorielle. Trois consommateurs sur quatre déclarent s'offrir régulièrement des « petits luxes » alimentaires tandis que deux sur trois reconnaissent continuer à consommer certains produits simplement pour le plaisir. Cette recherche d'émotions se combine avec le quatrième insight, « Du local rassurant au monde désirable : l'origine comme passeport gustatif ». Le local reste un puissant repère de confiance. En France, 62 % des consommateurs privilégient les produits fabriqués sur le territoire national ou dans leur région et 67 % se montrent plus attentifs à leur provenance. Pour autant, cette quête de réassurance cohabite avec une curiosité sans précédent pour les cuisines du monde. Les consommateurs ne recherchent plus seulement des saveurs exotiques mais des territoires culinaires de plus en plus précis, de la Corée aux spécialités régionales asiatiques. Le cinquième insight, « L'engagement planétaire se rapproche : de la planète à l'assiette de chacun », illustre, quant à lui, l'évolution du rapport à la consommation responsable. L'engagement ne disparaît pas mais devient plus concret. Empreinte carbone, emballages réduits, traçabilité ou sécurité des ingrédients prennent progressivement le pas sur certains discours plus généraux autour du bio ou de la naturalité. Aujourd'hui, 69 % des consommateurs considèrent l'alimentation comme un acte citoyen tandis que 90 % accordent une attention particulière à la sécurité et à la qualité des ingrédients.

Des usages plus flexibles, plus végétaux et plus inclusifs

Le sixième insight, « Le végétal sort de la case sans viande : diversification, hybridation, snacking », témoigne de la maturité atteinte par le marché. Les alternatives végétales continuent de progresser avec une hausse de 16 % des volumes consommés en Europe tandis que les légumes secs affichent une croissance de 6 % dans la distribution française. Dans le même temps, 21 % des consommateurs dans le monde déclarent avoir augmenté leur consommation de viande. Pour le SIAL, le végétal ne remplace pas la viande, il participe à une diversification croissante des régimes alimentaires. Cette évolution rejoint le septième insight, « La fin du repas comme rituel fixe ? Entre tradition et fragmentation ». Le repas traditionnel résiste mais partage, à présent, l'espace avec des prises alimentaires plus souples. Sept consommateurs sur dix privilégient des produits faciles à préparer ou faisant gagner du temps et 45 % déclarent consommer des snacks à différents moments de la journée. Le snacking devient progressivement un véritable mode de consommation porté par la praticité mais aussi par la recherche de bénéfices nutritionnels ciblés. Cette fragmentation des usages ne se joue d'ailleurs pas uniquement dans l'assiette. Elle passe aussi par le numérique au cœur de l'insight consacré au digital qui s'invite à table, sur place comme à emporter. Commande dématérialisée, personnalisation de l'expérience, livraison, programmes de fidélité ou encore influence des réseaux sociaux participent, à présent, pleinement aux parcours de consommation. Le digital ne constitue plus seulement un canal de vente,  il devient un levier de découverte, d'engagement et d'individualisation des offres, en particulier auprès des jeunes générations.

S’adapter en permanence

Les trois derniers insights prolongent cette logique d'adaptation permanente. Avec « La valeur ajoutée accessible : quand la contrainte devient levier d'innovation », le cahier explique comment les marques cherchent à maintenir qualité, plaisir ou bénéfices santé malgré un contexte budgétaire contraint. « L'innovation inclusive : cette alimentation qui veut s'adresser à toutes et tous » traduit la montée des offres capables de répondre à une diversité croissante de besoins, qu'il s'agisse d'alternatives végétales, de produits sans alcool ou de recettes adaptées à certaines étapes de vie. Enfin, « La personnalisation » s'impose aussi comme un fil rouge transversal de l'ensemble du cahier, avec des consommateurs qui attendent des réponses toujours plus ciblées, adaptées à leurs objectifs, leurs modes de vie et leurs spécificités individuelles. Au final, le cahier SIAL ne décrit pas un consommateur unique mais une multitude de profils qui partagent néanmoins quelques nouvelles normes communes qui se combinent aujourd’hui au sein d'une même offre, dessinant les contours de l'alimentation de demain.

 

 

Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Retrouvez Paul Fedèle sur Linkedin
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