GECO Food Service
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Comprendre avant d'agir, la feuille de route de Virginie Malekzadeh pour le GECO Food Service

1 Juillet 2026 - 655 vue(s)
Élue en juin à la présidence du GECO Food Service, Virginie Malekzadeh succède à Michel Sanson avec la volonté de poursuivre le travail engagé par ses prédécesseurs. Aux côtés de Frédérique Lehoux, directrice générale et de l'équipe permanente de l'association, elle entend renforcer encore le rôle du collectif comme acteur de référence de la filière. Compréhension des mutations du food service, veille réglementaire, influence auprès des pouvoirs publics, prospective et ouverture européenne figurent parmi les grands chantiers qu'elle détaille dans cet entretien

Vous prenez la présidence du GECO à un moment où la restauration traverse une période d'arbitrages permanents. Quelle sera votre priorité pour les trois prochaines années ?

Ma priorité sera de poursuivre la transformation du GECO pour qu'il soit plus que jamais un partenaire stratégique de ses adhérents. Nous traversons une période de profondes mutations avec des comportements des consommateurs qui évoluent rapidement, des frontières entre le retail et le food service qui s'estompent, des modèles économiques qui se transforment et des  contraintes réglementaires qui se multiplient. Dans ce contexte, les industriels ont besoin d'un collectif capable d'anticiper ces mutations, de les décrypter et de faire entendre la voix de la filière. Nous voulons renforcer ce rôle d'éclaireur, mais aussi développer davantage notre capacité à fédérer les différents acteurs du food service et à construire des réponses collectives. C'est dans cet esprit que nous définirons, avec le Comex, les grandes orientations de notre feuille de route lors d'un séminaire stratégique organisé en septembre.

Le GECO est historiquement reconnu pour ses études et sa veille réglementaire. Ces missions restent-elles plus que jamais au cœur de votre projet ?

Elles restent le socle de notre action. Les études et la veille réglementaire sont d'ailleurs les deux services les plus attendus par nos adhérents. Notre rôle est d'apporter une information fiable, directement exploitable et adaptée à un marché où les données sont encore relativement rares. Cela passe par nos études, nos formations, nos cinq commissions thématiques, mais aussi par un important travail de décryptage des évolutions réglementaires afin de faire gagner du temps à nos adhérents, notamment les PME qui ne disposent pas toujours de ressources dédiées. Nous souhaitons également aller plus loin dans la compréhension des usages. C'est tout le sens de notre prochaine grande étude, qui sera présentée en septembre et portera sur le comportement du mangeur. Avant de parler produits, circuits ou innovations, il est essentiel de comprendre celui qui se trouve au bout de la chaîne de valeur, j’entends par là, le consommateur. 

Vous évoquez également un rôle d'influence plus affirmé. Pourquoi est-ce devenu un enjeu majeur ?

Parce que le food service reste encore insuffisamment compris. Trop souvent, il est regardé comme une simple extension du retail alors que ses mécanismes sont très différents. Nos entreprises travaillent en filière avec les producteurs, les distributeurs, les restaurateurs et les opérateurs. Elles construisent des offres en partenariat avec leurs clients et répondent à des contraintes spécifiques. Nous devons donc poursuivre un important travail de pédagogie auprès des pouvoirs publics, mais aussi de l'ensemble de nos partenaires. Les débats récents autour de la REP en sont une bonne illustration. Les industriels ne contestent pas les évolutions réglementaires mais ils demandent simplement qu'elles soient applicables dans des conditions réalistes. Notre rôle est de faire entendre cette voix collective et de défendre les intérêts de toute une filière, en travaillant autant avec l'amont agricole qu'avec les organisations de distributeurs ou les opérateurs de restauration.

Votre parcours, notamment chez Andros et à l'international, va-t-il influencer votre manière d'exercer cette présidence ?

Probablement. J'ai eu la chance d'accompagner pratiquement toutes les familles de clients du food service, aussi bien en restauration commerciale qu'en restauration collective, en France comme en Europe. J'ai également une formation marketing, ce qui m'a appris à toujours partir des attentes du consommateur final avant de construire une offre. Cette vision globale me sera utile pour continuer à développer les services du GECO. Je souhaite également ouvrir davantage l'association vers l'Europe. Nous travaillons notamment sur la création d'un Club Europe destiné à accompagner les entreprises françaises dans leur développement international, mais aussi à partager davantage de connaissances sur les différents marchés européens. Chaque pays possède ses spécificités et nous avons beaucoup à apprendre de ces expériences.

À quoi reconnaîtrez-vous une présidence réussie dans trois ans ?

Avant tout, il y a l’étape importante du Comex en septembre, lors duquel nous nous réunirons en séminaire stratégique afin de définir collectivement les grandes orientations des trois prochaines années. C'est un moment clé, car le GECO fonctionne comme un collectif. Il ne s'agit pas d'imposer une vision personnelle mais de construire une feuille de route qui réponde réellement aux attentes de nos adhérents et aux mutations du marché. Ensuite, le premier indicateur sera naturellement leur engagement. Bien sûr, nous souhaitons poursuivre le développement du GECO, mais l'objectif n'est pas uniquement d'accueillir de nouvelles entreprises. Je souhaite surtout qu'elles utilisent davantage nos services, participent activement aux commissions, s'investissent dans les groupes de travail et considèrent notre association comme un véritable outil de développement. Nous devons  aussi renforcer encore notre visibilité auprès des pouvoirs publics afin que le food service soit mieux identifié comme une filière à part entière. Enfin, j'aimerais que nous ayons franchi une étape sur la prospective. Avec la Fabrique de la RHD, nous voulons faire du GECO un véritable think tank capable de réunir industriels, distributeurs, opérateurs, experts et partenaires autour des grands enjeux de demain. L’idée est de produire une réflexion collective sur des sujets comme l'innovation, les transitions du marché ou les nouveaux usages, puis de faire émerger des recommandations et des projets concrets au service de toute la filière. Si, dans trois ans, le GECO est reconnu à la fois comme un acteur de référence, un lieu de réflexion collective et un accélérateur d'idées pour le food service, alors je considérerai que nous aurons pleinement rempli notre mission.

À retenir

  • Virginie Malekzadeh a été élue présidente du GECO Food Service en juin 2026.
  • Elle souhaite renforcer le rôle du GECO comme acteur de référence de la filière food service auprès des industriels et des pouvoirs publics.
  • Ses priorités portent sur la veille réglementaire, les études de marché, la prospective, l'influence institutionnelle et l'ouverture européenne.
  • Une grande étude sur le comportement du mangeur sera présentée en septembre afin d'aider les entreprises à mieux anticiper les évolutions du marché.
  • Le GECO souhaite également développer un Club Europe pour accompagner les entreprises françaises à l'international.
  • L'ambition est de faire du GECO un think tank capable de produire des analyses et des recommandations pour l'ensemble de la filière restauration hors domicile.

Qui est le GECO Food Service ?

  • Association professionnelle des industriels fournisseurs de la restauration hors domicile.
  • Représente les entreprises du food service auprès des acteurs de la filière et des pouvoirs publics.
  • Produit des études de marché, une veille réglementaire et des travaux de prospective.
  • Anime plusieurs commissions thématiques et accompagne ses adhérents dans les grandes mutations du secteur.
Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Retrouvez Paul Fedèle sur Linkedin
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