Nous attendons 300 000 professionnels, sur 280 000 m², avec 8 000 exposants et 12 halls. C’est une édition record et c’est la première fois que nous atteignons cette superficie et ce nombre d’exposants. Nous étions déjà sur une édition record en 2024 pour les 60 ans du salon, mais cela continue de progresser. Le contexte joue évidemment un rôle. Nous avons suffisamment de recul depuis le Covid pour constater que le digital ne remplace pas le présentiel. Dans l’industrie agroalimentaire, voir, goûter, manipuler un produit et en ressentir l’expérience reste essentiel. Les tensions géopolitiques renforcent aussi, je pense, le besoin de se réunir. Dans ces périodes troublées, se retrouver lors d’un grand rendez-vous mondial prend encore davantage de sens. La vocation première de SIAL Paris ne change pas. Il s'agit de faire se rencontrer des offreurs et des acheteurs du monde entier, de permettre aux exposants de trouver de nouveaux débouchés et aux visiteurs de découvrir de nouveaux fournisseurs, produits et innovations. Notre enjeu est, en revanche, de rendre ce salon qui grandit, toujours plus efficace et confortable. Nous avons beaucoup travaillé sur les outils, la signalétique, la circulation et l’organisation des halls, mais aussi sur les contenus afin que les visiteurs comprennent mieux les évolutions de l’alimentation.
La RHD a toujours fait partie de SIAL. Nous sommes un salon généraliste et transversal et la restauration représente une part non négligeable du marché de l’industrie alimentaire. Ce qui change, c’est sa place dans les usages des consommateurs. Notre manière de vivre évolue et nos études montrent que de plus en plus de consommateurs remplacent plus régulièrement les repas traditionnels par des collations réparties tout au long de la journée. Lorsque l’offre évolue sur les produits destinés à la restauration et à la vente à emporter, nous devons la rendre plus lisible et visible sur le salon. Nous avons aussi fait le constat très simple que nous n’en parlions pas suffisamment auparavant. Il y avait, également, une tendance à résumer la restauration à la haute gastronomie et à la personnalité des grands chefs. Or SIAL Paris n’est pas le salon de la haute gastronomie. Les chefs ont des choses passionnantes à raconter mais ils ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt. La restauration est beaucoup plus large. Nous voulons montrer la restauration dans toute sa diversité, à travers nos études, nos conférences, les parcours thématiques et une offre mieux organisée par secteurs. Cette année, pour la première fois, nous aurons notamment un hall consacré au snacking et au traiteur.
Nous voulions réunir au même endroit de la dégustation, des concepts et du contenu. Le StrEat Lab ne sera pas installé dans le hall snacking, mais dans un endroit stratégique, à la jonction entre la grande galerie et les halls, à proximité notamment de SIAL Innovation, de l’espace VIP et de l’espace presse. Sur plus de 600 m², différents concepts autour du sucré, du salé, des boissons chaudes et froides ou encore des glaces illustreront les tendances de la street food. Des kiosques proposeront des offres à acheter et déguster, sélectionnées parce qu’elles correspondent aux tendances ou aux pré-tendances que nous observons. Des exposants pourront, également, faire découvrir leurs produits, avec notamment des propositions internationales. Nous allons aussi intégrer les enseignements d’une nouvelle étude spécifiquement consacrée à la street food. Les principaux enseignements seront présentés dans un décor de rue, pensé pour les rendre plus concrèts. En parallèle, le hall snacking-traiteur regroupera une partie importante des exposants spécialisés et un parcours restauration permettra d’identifier, dans tout le salon, les entreprises proposant des produits destinés à la RHD, même lorsque ce n’est pas leur cœur de métier.
Il y en a plusieurs. SIAL Innovation fête notamment ses 30 ans. L’espace a été complètement revu avec un nouveau design et un espace de dégustation qui permettra de goûter certaines innovations. Nous avons aussi des prix dédiés à la RHD dont les finalistes et les lauréats seront particulièrement intéressants pour les restaurateurs. SIAL for Change évolue également. En 2024, il s’agissait uniquement d’un concours, cette année, cela devient une véritable animation avec les meilleures initiatives RSE de nos exposants et une scène accueillant pendant cinq jours des échanges autour de la responsabilité dans l’alimentation. L’objectif est, notamment, comme je l'ai indiqué de présenter le plus possible, de cas d’usage concrets mais aussi de montrer comment les entreprises répondent à ces contraintes. Autre nouveauté, dans le hall 5B, une boulangerie industrielle sera en fonctionnement. Les visiteurs pourront échanger avec les boulangers et déguster les produits qui en sortiront tout au long de la journée. À cela s’ajoutent les conférences, les visites guidées et, comme je l'indiquais, les parcours thématiques.
Ce qui me frappe d’abord, c’est à quel point toutes les tendances sont liées : le digital, le végétal, les évolutions sociétales et celles de nos modes de vie. En restauration, je constate surtout une accélération très notable de la diversification de l’offre en snacking et en vente à emporter, qui sort de plus en plus des grands standards traditionnels. Et ce phénomène ne concerne plus uniquement les métropoles ou certains quartiers de Paris puisqu'il commence à se généraliser dans les territoires. Je suis aussi particulièrement intéressé par la manière dont des choses, auparavant, très antagonistes commencent à se rejoindre. Je pense notamment au végétal. Après une période d’opposition très forte entre protéines animales et végétales, nous arrivons à quelque chose de plus apaisé où il devient plus facile d’imaginer des propositions intégrant du végétal sans être nécessairement exclusives. L’offre devient suffisamment large et moins « niche » pour entrer dans une consommation du quotidien. Quant au foodservice, SIAL est le rendez-vous de l’ensemble de l’écosystème alimentaire et c’est précisément ce qui fait sa force. Nous voulons donner à la restauration une place croissante tout en restant fidèles à notre identité en centrant notre action sur l’offre, son décryptage, les tendances et l’innovation, aussi bien pour le retail que pour la restauration. Les frontières entre les segments sont de moins en moins marquées, ce qui rend cette approche encore plus pertinente. Pour un restaurateur, venir sur un salon qui ne présente pas uniquement une offre destinée à la restauration permet justement de découvrir des produits et des concepts à la lisière de son propre marché.
À retenir
Photo © Loran Dherines
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