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Prix des matières premières en restauration : l’Indix+ repart à la hausse en août 2026, analyse.

2 Septembre 2026 - 407 vue(s)
Après deux mois consécutifs de détente, l’Indix+, indice des matières premières mis en place par France Snacking et Marge+, progresse de 2,9 % en août et atteint 111,1 points. La hausse touche la majorité des recettes suivies, avec des tensions sur le poulet, le veau et, surtout, la tomate. Les produits laitiers poursuivent en revanche leur baisse. Sur un an, la progression de l’indice reste mesurée, à + 2 %, mais les écarts entre les recettes demeurent importants. Analyse des données d’août 2026 par famille de produit et pour les 10 thématiques de restauration rapide.

La baisse enregistrée en juin et en juillet ne s’est pas installée durablement. En août 2026, l’Indix+, qui mesure l’évolution des prix des matières premières en restauration créé par France Snacking et Marge+, repart nettement à la hausse. Ce rebond ne remet pas en cause la tendance de fond observée depuis le printemps, mais rappelle que les coûts restent instables à l’approche de la rentrée. L’indice atteint 111,1, soit une hausse de 2,9 % par rapport à juillet 2026 et une progression de 2 % sur un an, contre 108,9 en août 2025. La hausse annuelle reste donc mesurée, car août 2025 constituait déjà un point de comparaison élevé. Les coûts progressent de nouveau sur un mois, mais l’ampleur de leur hausse sur un an demeure contenue par cet effet de base.

Une hausse qui masque des disparités importantes

L’évolution des coûts reste très contrastée selon les recettes. Parmi les références les plus stables, le coût matières de la pizza reine reste à 1,65 €, sans variation par rapport à juillet, tandis que celui du burger augmente légèrement, de 1 %, pour atteindre 3,16 €. Six autres recettes enregistrent des hausses plus marquées. La salade Caesar poulet atteint 3,61 €, soit + 0 % sur un mois, devant le tacos, à 1,79 € (+ 7 %), et le kebab, à 1,11 € (+ 6 %). Le coût matières de la blanquette de veau progresse de 4 %, à 1,95 €, tout comme celui des six pièces de sushi saumon avocat, à 0,96 €. Le pokebowl saumon augmente de 2 %, à 2,07 €. Seuls le sandwich jambon-fromage et, de façon marginale, la crêpe poursuivent la détente entamée les mois précédents. Le premier voit son coût matières reculer de 3 %, à 1,23 €, tandis que celui de la crêpe baisse de 1 %, à 0,11 €. Cette fois, la hausse de l’indice est donc portée par la majorité des références : sept recettes sur dix progressent en août, en comptant la légère augmentation du burger. Parmi les matières premières qui contribuent à ces variations, la tomate se distingue par une hausse particulièrement forte.

Pourquoi cette hausse ?

Cinq facteurs principaux expliquent le comportement du marché en août.

1) Un rebond large sur plusieurs familles de produits

La hausse d’août ne repose pas sur une seule matière première. Contrairement à juillet, où le repli était diffus, la majorité des recettes progressent simultanément, ce qui traduit une remontée plus généralisée des coûts matières. La salade Caesar poulet progresse fortement, à 3,61 €, soit + 10 % sur un mois, portée à la fois par le poulet rôti, dont le prix passe de 9,53 €/kg à 10,74 €/kg, soit environ + 13 %, et par la tomate cerise, en forte hausse elle aussi. Le tacos poursuit également sa progression, à 1,79 €, soit + 7 %, porté notamment par la viande hachée. Le kebab avance de 6 %, à 1,11 €, sous l’effet conjugué de la tomate, de l’oignon et de la salade iceberg, tous en hausse ce mois-ci.

2) La tomate flambe : une hausse hors norme sur le mois

La tomate est, de loin, la matière première qui bouge le plus en août : son prix moyen passe de 0,65 €/kg en juillet à 1,78 €/kg en août, soit + 174 %, un prix presque triplé. La tomate cerise suit la même dynamique, de 5,72 €/kg à 8,84 €/kg, soit + 55 %. Cette flambée touche le burger et le kebab, ainsi que la salade Caesar poulet via la tomate cerise. L’analyse attribue cette évolution au cumul de plusieurs facteurs estivaux. Le stress thermique, qui stérilise les fleurs et réduit la formation des fruits, est aggravé par la sécheresse et les restrictions d’irrigation dans les bassins producteurs. Dans le même temps, le pic de consommation lié aux salades et aux barbecues est renforcé par l’afflux touristique sur le littoral. S’y ajoutent une pression accrue des maladies et virus, dont le ToBRFV, le creux habituel entre les plantations d’été et les cultures de septembre, ainsi que des coûts logistiques alourdis par le transport sous chaîne du froid en pleine chaleur. L’impact de la tomate sur le coût final des recettes reste toutefois contenu, celle-ci ne représentant qu’une part limitée du poids du burger ou du kebab. Le coût matières de ces deux recettes augmente respectivement de 1 % et de 6 % sur le mois, toutes variations d’ingrédients confondues. Une vigilance reste néanmoins de mise si la tension se prolonge au-delà de l’été.

3) Le saumon poursuit sa remontée

Le saumon frais poursuit une légère progression, à 11,09 €/kg en août, contre 10,97 €/kg en juillet. Ce niveau, bien qu’en hausse modérée, contribue au redressement du coût des recettes à base de saumon. Les six pièces de sushi saumon avocat progressent de 4 % sur le mois, à 0,96 €, tandis que le pokebowl saumon avance de 2 %, à 2,07 €. Ces deux recettes renouent ainsi avec la hausse après le repli observé en juillet. Le saumon demeure une matière première très volatile : sa trajectoire doit continuer d’être suivie de près.

4) Les protéines continuent de peser sur les recettes

La blanquette de veau illustre cette dynamique : son coût matières progresse de 4 %, à 1,95 €, porté par l’épaule de veau, qui passe de 11,04 €/kg à 11,66 €/kg, soit une hausse d’environ 6 % en un mois. Le burger, de son côté, reste quasiment stable sur le mois, à 3,16 € (+ 1 %), mais continue d’afficher une forte hausse annuelle, de 14 %. À l’inverse, la pizza reine reste totalement stable sur le mois, à 1,65 €. Le marché reste donc hétérogène : certaines recettes renouent clairement avec la hausse, tandis que d’autres se stabilisent ou poursuivent une détente encore fragile.

5) Une note positive : les produits laitiers poursuivent leur détente

Le panier laitier reste l’un des rares postes où la tendance profite aux restaurateurs. Le beurre confirme sa baisse pour le deuxième mois consécutif, à 5,70 €/kg en août contre 5,97 €/kg en juillet, soit - 4,5 % sur le mois. La crème fraîche et l’emmental tranché rejoignent ce mouvement de détente : la crème fraîche recule à 5,22 €/kg (- 2,4 %), tandis que l’emmental tranché passe de 8,96 €/kg à 8,48 €/kg, soit - 5,4 %. La mozzarella râpée et le Parmigiano reggiano restent, eux, parfaitement stables, respectivement à 6,66 €/kg et 22,16 €/kg. Cette détente sur les produits laitiers contribue directement à la baisse du sandwich jambon-fromage, dont le coût matières recule de 3 % sur le mois. Elle offre une marge de manœuvre bienvenue aux restaurateurs, dans un contexte où la majorité des recettes suivies repartent à la hausse.

Une inflation annuelle qui repart légèrement à la hausse

Après être tombée à + 1 % en juillet, l’inflation annuelle de l’Indix+ remonte à + 2 % en août. Ce taux reste toutefois nettement inférieur aux niveaux observés en cours d’année, lorsque l’indice affichait des hausses proches de + 15 % à + 16 % sur un an. Cette moyenne cache des écarts importants selon les références. Par rapport à août 2025, le tacos enregistre la plus forte progression de coût matières, à + 19 %. Le burger suit à + 14 %, devant le pokebowl saumon (+ 13 %), la salade Caesar poulet (+ 11 %) et le kebab (+ 10 %). Les six pièces de sushi saumon avocat affichent une hausse de 9 %, tandis que celle de la blanquette de veau reste plus limitée, à + 3 %. D’autres références affichent, en revanche, une baisse sur un an. Le sandwich jambon-fromage se situe à 16 % sous son niveau d’août 2025, tandis que la crêpe recule de 6 % et la pizza reine de 5 %. Après un été marqué par une détente sur plusieurs produits, la pression annuelle repart donc légèrement à la hausse en août. Le taux de progression de l’Indix+ reste toutefois loin de ses niveaux les plus élevés de l’année, mais la trajectoire de désinflation amorcée en juin et en juillet marque une pause.

Focus : un rebond mensuel net, mais une comparaison annuelle encore raisonnable

Le passage de + 1 % à + 2 % sur un an peut sembler modeste au regard de la hausse de 2,9 % enregistrée sur le seul mois d’août. Ce contraste s’explique par l’effet de base : les deux variations ne reposent pas sur la même période de comparaison. L’indice d’août 2026 s’établit à 111,1, contre 108,9 en août 2025. La progression annuelle est donc d’environ 2 %. Le niveau déjà élevé de l’indice, un an auparavant, limite mécaniquement cette variation annuelle, malgré le rebond enregistré entre juillet et août 2026. Le rebond du mois ne se traduit donc pas encore par une accélération marquée de la hausse annuelle, mais il interrompt la trajectoire de désinflation des deux mois précédents. Les prix repartent à la hausse sur le mois après deux mois de détente, tandis que la comparaison annuelle reste mesurée, à + 2 %. Le marché confirme ainsi son instabilité, avec des trajectoires très différentes selon les familles de produits. Cette lecture est essentielle pour les restaurateurs : la détente de l’été ne doit pas être interprétée comme une tendance durable.

Prix matières – Août 2026

Les prix moyens des matières premières permettent de situer les coûts des différentes recettes suivies. Parmi les protéines, le saumon frais s’établit à 11,09 €/kg, l’épaule de veau à 11,66 €/kg et le poulet rôti à 10,74 €/kg. Le jambon supérieur, utilisé notamment dans le sandwich jambon-fromage, est à 6,98 €/kg.

Du côté des légumes, la tomate atteint 1,78 €/kg, après sa hausse de 174 % sur un mois, tandis que la tomate cerise s’établit à 8,84 €/kg, en progression de 55 %.

Pour les produits laitiers et fromagers, le beurre est à 5,70 €/kg, la crème fraîche à 5,22 €/kg et l’emmental tranché à 8,48 €/kg. La mozzarella râpée reste à 6,66 €/kg et le Parmigiano reggiano à 22,16 €/kg. Enfin, la sauce fromagère affiche un prix moyen de 6,96 €/kg.

Les 6 actions concrètes de Marge+ pour protéger ses marges

  • Ne pas relâcher le pilotage après deux mois de détente. Après juin et juillet, la hausse d’août rappelle que la baisse des coûts n’est jamais acquise. Les restaurateurs doivent maintenir une veille active sur leurs principales matières premières, même lorsque l’indice semble se stabiliser.
  • Sécuriser les recettes encore en baisse. Le sandwich jambon-fromage et la crêpe restent en repli, portés notamment par la détente sur le beurre, la crème fraîche et l’emmental tranché. C’est le moment de vérifier que ces gains d’achat sont bien intégrés dans les fiches techniques et les calculs de marge, au regard des prix de vente pratiqués.
  • Surveiller de près la tomate et les légumes frais. La tomate a vu son prix presque tripler en un mois (+ 174 %), et la tomate cerise progresse de 55 %. L’impact reste aujourd’hui contenu sur le coût des recettes, mais un maintien de cette tension, voire une extension à d’autres légumes frais, pourrait peser plus lourdement sur le burger, le kebab et la salade Caesar poulet. Un point avec les fournisseurs sur les volumes et les origines d’approvisionnement est recommandé.
  • Anticiper la pression sur le poulet et la viande de veau. La forte progression du poulet rôti, d’environ 13 % sur un mois, et de l’épaule de veau, d’environ 6 %, affecte directement la salade Caesar poulet et la blanquette de veau. Ces recettes doivent faire l’objet d’un suivi rapproché dans les semaines à venir.
  • Surveiller le saumon, matière première structurellement volatile. Le saumon frais reste orienté à la hausse. Les recettes à base de saumon, sushi et pokebowl, doivent continuer à être suivies de près, compte tenu de la sensibilité de cette matière première aux marchés internationaux.
  • Garder une lecture plat par plat, plutôt que globale. La moyenne de l’indice masque des écarts considérables : certaines recettes progressent fortement quand d’autres poursuivent leur détente. Seul un pilotage recette par recette permet d’ajuster les marges avec précision.

Une détente qui reste à confirmer dans les prochains mois

Avec un Indix+ à 111,1 en août 2026, en progression de 2,9 % sur un mois et de 2 % sur un an, août met un coup d’arrêt à la détente amorcée en juin et confirmée en juillet. La hausse mensuelle est large, portée notamment par le poulet, le veau, le saumon et la flambée de 174 % de la tomate fraîche en un seul mois. La pression annuelle repart quant à elle légèrement à la hausse, après être tombée à + 1 % le mois précédent. Cette évolution doit être suivie avec attention. Elle ne remet pas en cause la tendance de fond de normalisation observée depuis le printemps, mais rappelle que le marché reste volatil et que rien ne garantit une poursuite de la détente dans les mois à venir. Les produits laitiers font toutefois exception : le beurre, la crème fraîche et l’emmental tranché confirment ou entament une baisse dans un mois globalement haussier. Le taux de hausse annuelle reste loin de ses niveaux les plus élevés de l’année. Le rebond d’août confirme, néanmoins, l’instabilité persistante du marché, ce qui impose de continuer à piloter les marges avec rigueur à l’approche de la rentrée.

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Tags : Marge+Indix+
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