Malgré l’été caniculaire, la moisson de cette rentrée 2026 s’annonce prometteuse pour Salomé Cousin et Thomas Barenfeld. Depuis 5 ans, les deux associés ont en effet semé les ferments du succès avec leur concept de food market digital en livraison Gaston à la campagne, mûrissant un projet aussi singulier qu’audacieux. Leur idée initiale était pourtant simple, alors en pleine explosion post-Covid des plateformes de livraison : "Quand on n’habite pas dans une grande ville, on a aussi le droit de se faire livrer des plats de qualité !" Restait encore à la concrétiser pour permettre aux habitants de territoires moins bien desservis d’accéder, eux aussi, à une offre de restauration livrée diversifiée. Et c’est donc sur la municipalité de Méré, dans les Yvelines, que l’histoire a commencé à s’écrire en 2021, avec la construction d’une cuisine façon « dark kitchen » qui couvre aujourd’hui 32 communes en livraison et un bassin de 45 000 personnes. Depuis ce premier jalon, « Gaston » a progressivement affiné une mécanique complexe, à la croisée de la restauration, du digital, de la logistique et de la relation client. Et si l’entreprise a vu depuis deux ans débarquer sur la zone les majors de la livraison, cela n’a pas entravé la marche de l’entreprise qui a généré l’an dernier 700 k€ de ventes sur le site, à + 20 % par rapport à l’année précédente. « Sur ces territoires, les grandes plateformes se heurtent rapidement à deux réalités : celle de l’offre du fait du manque de restaurateurs aux alentours, et celle de la logistique avec des distances rallongées et une livraison qui coûte forcément plus chère », relate Thomas Barenfled, déjà chevronné de la restauration après des expériences au sein d'enseignes telles que Buffalo Grill, Class'croute ou encore La Piadineria où il a fait la connaissance de Salomé.

Afin de contourner ces obstacles, Gaston à la campagne s’est aujourd’hui bâti un panel de marques propres solide, pensé spécialement pour les contraintes de la livraison autour de thématiques fortes et bien identifiées. Après Nervous Burger (burger gourmet), Smash Pop (smash burger), Color Bowl (bowls Healthy et pokes), Bangkok Calling (récemment retravaillé sur le segment asiatique), Gruppo Polpetteria (italien) et Crousty Club lancé il y a un an avec succès pour surfer sur la vague crousty, Salomé et Thomas s’apprêtent à tester une septième marque sur le segment, non moins porteur, de l’hyper protéiné. « Il y aura pour le lancement 3 recettes à base de riz et une à base de pâtes avec de la farine de lentilles. Pour des apports en protéines allant de 45 g jusqu’à 100 g pour le format ‘maousse costaud’ avec 3 steaks, 3 œufs en omelette, de l’edamame, des pousses de soja… ». La livraison constitue aussi l’un des marqueurs de différenciation du concept Gaston avec des choix forts opérés par les fondateurs. « Nous employons aujourd’hui 13 salariés dans l’entreprise, dont 7 à 8 livreurs qui sont embauchés en CDI, à temps plein ou partiel. Les frais de livraison s’élèvent à 3,50 € seulement pour le client, sans frais de service additionnels », souligne Thomas, qui se dit prêt à franchir une nouvelle étape dans l’aventure.

Celle-ci s’écrira très prochainement du côté de Rambouillet avec l’ouverture d’une deuxième cuisine capable d’alimenter une zone potentielle de 70 000 habitants. On y retrouvera, bien sûr, l’ensemble de l’offre « Gaston » pour, espèrent les associés, récolter les fruits du travail de maturation opéré sur Méré. Afin de se donner toutes les chances, Salomé et Thomas pourront aussi désormais s’appuyer sur l’expertise du cabinet Strateg’eat, fondé en 2023 par Nicolas Nouchi, et qui accompagne traditionnellement les acteurs du foodservice dans la compréhension des marchés, la stratégie, l’innovation et l’activation de leurs projets. « L’arrivée de Strateg’eat à nos côtés nous apporte aujourd’hui un regard complémentaire pour analyser ce que nous avons appris, mais aussi continuer à challenger notre modèle et préparer la suite avec méthode avec des outils géomarketing performants », explique Thomas. Pour Strateg’eat, ce rapprochement offrira l'opportunité de bénéficier d’un « laboratoire vivant » en se confrontant aux contraintes réelles d’une exploitation et de tester « in vivo » des innovations agroalimentaires. « Rejoindre cette aventure, c’est rester au contact permanent des réalités des marchés de la restauration », souligne de son côté Nicolas Nouchi. Et l’échantillon test du "laboratoire" pourrait d’ailleurs très vite s’élargir grâce aux moyens supplémentaires obtenus par Gaston, qui, après avoir décroché la timbale lors de la 2e édition du concours Affranchise organisé par My Creo Academy, vient tout juste d’être primé par le Réseau Entreprendre dans les Yvelines. « Nous sommes en train de finaliser les démarches administratives mais l’objectif sera d’ouvrir une troisième cuisine à Feucherolles, à l’Ouest de Paris, au cours du premier semestre 2027 ». Mais chaque chose en son temps : qui sème avec patience récolte avec abondance...
Article mis à jour le 9 septembre 2026.
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