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Réduction du sucre, la FEB dénonce une taxation qui pénaliserait les entreprises engagées

30 Septembre 2026 - 505 vue(s)
Alors que les entreprises de boulangerie-pâtisserie travaillent depuis plus d’un an avec les ministères de la Santé et de l’Agriculture à un accord volontaire de réduction du sucre, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pourrait instaurer une taxe sur ces mêmes produits. La Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie dénonce, dans un communiqué, une contradiction et demande au gouvernement de tenir compte des engagements pris.

Réduire le sucre dans les pâtisseries et les viennoiseries, puis être taxé malgré les efforts engagés. C’est la perspective contre laquelle s’élève la Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie (FEB) dans un communiqué publié le 30 septembre. Alors que son accord collectif volontaire est en cours de dépôt, elle exprime sa « profonde indignation » face à une possible taxation de ces produits dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Pour la fédération, l’État ne peut pas demander aux entreprises d’agir, puis les pénaliser lorsqu’elles le font.

Un accord visant au moins 5 % de réduction du sucre d’ici 2031

Depuis plus d’un an, à son initiative, la FEB travaille avec les ministères de la Santé et de l’Agriculture à un accord collectif volontaire de réduction des teneurs en sucre. Cette démarche mobilise les investissements des TPE-PME, les équipes de recherche et développement qui reformulent les recettes, ainsi que les équipes techniques chargées de tester et d’ajuster les produits. L’objectif, insiste la fédération, est bien de réduire le sucre, sans le remplacer par des substituts ou des additifs. Qualifié de « très ambitieux » par les administrations, selon la FEB, cet accord couvrirait la quasi-totalité du secteur « viennoiseries et desserts surgelés » défini par l’Observatoire de l’alimentation (Oqali), piloté par l’Anses et INRAE. Il concernerait 26 familles de produits regroupant les viennoiseries et pâtisseries élaborées par les entreprises adhérentes. Construit dans le respect des principes de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), le projet repose sur des teneurs maximales en sucre. Il vise une réduction d’au moins 5 % de la teneur moyenne en sucre de l’offre de produits d’ici 2031. La FEB rappelle que la filière a déjà obtenu des résultats dans le cadre d’une démarche volontaire. La teneur moyenne en sel des pains courants a ainsi diminué de 25 % entre 2015 et 2024, selon le rapport Oqali cité dans le communiqué. Pour la fédération, cette expérience démontre qu’un travail collectif avec les pouvoirs publics peut produire des progrès concrets.

Une taxe insupportable 

La FEB estime qu’une taxe supplémentaire fragiliserait les efforts déjà engagés. Réduire durablement le sucre nécessite de la recherche, des investissements et du temps pour développer les recettes, préserver la qualité des produits et permettre aux consommateurs de s’habituer progressivement à des saveurs moins sucrées. Les entreprises qu’elle représente étant à plus de 94 % des TPE-PME, la fédération souligne leurs moyens financiers limités. Les taxer au moment où elles se mobilisent volontairement pour faire évoluer leurs produits risquerait, selon elle, de décourager celles qui ont engagé cette démarche. En fonction des produits élaborés et sur la base des informations encore partielles dont elle dispose, la FEB estime que cette taxe pourrait représenter plus de 6 % du chiffre d’affaires de certaines TPE-PME, soit davantage que leur bénéfice moyen et signifier leur mort. 

La fédération dénonce une incohérence entre le travail mené avec les administrations et la perspective d’une taxe qui ne tiendrait pas compte de ces efforts. Une telle décision serait vécue, affirme-t-elle, comme une rupture de la confiance construite avec l’État. « Nous travaillons d’arrache-pied depuis plus d’un an, l’accord est prêt, et la sanction tombe : vous serez taxés comme tout le monde. C’est un coup de poignard dans le dos ! », déclare Didier Boudy, président de la FEB. La fédération demande donc au gouvernement de renoncer à toute taxation qui frapperait indistinctement les produits de boulangerie-pâtisserie sans tenir compte des engagements collectifs de réduction du sucre. Elle réclame que l’accord élaboré avec les administrations soit pleinement reconnu dans les arbitrages budgétaires et que les entreprises engagées soient soutenues dans sa mise en œuvre.  

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