Crep eat Axel de Pomelec #snackingunited à propos du coronavirus en restauration
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#snackingunited. Axel le Pomellec de Crêp'eat, 'De la réactivité de l'Etat et des banques dépend notre survie'

6 Avril 2020 - 2179 vue(s)
Dans notre rubrique quotidienne "La Parole à...", chaque jour des restaurateurs partagent avec notre communauté la manière dont ils traversent cette crise et les mesures mises en place dans leurs réseaux. Aujourd'hui, Axel le Pomellec, cofondateur de la chaîne Crêp'eat avec Tristan Poussard, répond à nos questions sur snacking.fr.

Qui est Crêp’eat et quels étaient vos projets avant crise ?

Au 1er avril 2020, Crêp'eat, ce sont 37 crêperies partout en France qui mettent en avant les produits artisanaux bretons (farine de froment et de sarrasin, cidre, caramel beurre salé, kouign aman...) ainsi que la fabrication devant les clients. Tristan Poussard et moi avons ouvert notre premier Crêp'eat en septembre 2011 avec la volonté de devenir la première enseigne française de crêperies dans les centres commerciaux proposant des crêpes de qualité pour un prix raisonnable. Crêp'eat compte 25 restaurants en propre et 12 en franchise. 4 unités nouvelles ont été ouvertes depuis le début de l’année et 9 étaient au programme avant la fin d'année (4 en succursale et 5 en franchise). Nous ouvrons pour la première fois sur des aires d'autoroute grâce à un partenariat avec les équipes de Leclerc et d’autres établissements sont aussi programmés à Nouméa, en Guadeloupe et à la Réunion. 

Comment avez-vous réagi aux annonces de nos gouvernants ? Et quelles ont été vos premières décisions ?

Le gouvernement a pris la bonne décision. L'épidémie doit être endiguée le plus rapidement possible et nous devons protéger les plus vulnérables. Nous prenons conscience de l'importance du rôle de l'Etat qui doit soutenir le monde hôspitalier en premier lieu puis les acteurs économiques.  Notre première réaction a été dès le vendredi soir de rassurer nos équipes et nos franchisés. Nous avons organisé une réunion de crise le dimanche matin à laquelle nos équipes ont répondu présentes.  Nous avons été très touchés par leur implication et leur humanité. Nos premières décisions ont été d'entamer des discussions avec les bailleurs afin de les sensibiliser sur notre situation. 

Puis, avec l'aide des équipes, nous avons établi un audit complet des restaurants (stocks, trésorerie, point ressources humaines...) et, ce, dès le dimanche. Chaque manager a pris conscience de la gravité de la situation et dès le lundi soir tout était rangé et clôturé. Lorsque cela a été possible, les stocks périssables ont été donnés à des associations. Notre autre décision symbolique a été de décaler le prélèvement des royalties des franchisés pour le mois de février et de mars afin de les aider et de montrer l'exemple.  Pour nos fournisseurs de tailles plus petites, nous avons fait le choix de continuer de les payer afin de soutenir l'économie et d'éviter un engrenage systémique.   

Pourquoi fermer l’ensemble de vos enseignes ? Envisagez-vous d’en rouvrir certaines ?

Nous n'avons pas le choix ! Tout d'abord, nous souhaitons protéger nos employés et nos clients du risque sanitaire. Ensuite, nous sommes présents à 100 % dans des centres commerciaux. Les clients y viennent uniquement pour se rendre dans le supermarché puis repartent. Je les comprends. Par ailleurs, nous ne faisons pas de livraison et ne sommes pas sur ces plateformes (hormis un site à Poitiers). Nous rouvrirons lorsque le gouvernement le décidera. Pas avant. 

Avez-vous placé vos collaborateurs en chômage partiel dans tous vos commerces ? Et sur le volet trésorerie, une action auprès de vos banques ? 

Notre responsable Ressources Humaines et ainsi que notre comptable télé-travaillent encore et nous épaulent avec panache ! Toutes les demandes sont en cours. En revanche, que ce soit avec les banques ou la DIRECCTE, tout est beaucoup plus laborieux qu'annoncé. Les banques n'ont toujours pas bloqué nos prélèvements et il nous manque encore un bon tiers de codes pour les DIRECCTE sur les 25. Nous nous sommes rapprochés de nos partenaires de crédit afin de décaler nos remboursements et intérêts. Cela ne se fait malheureusement pas en 48 h mais risque de prendre un mois et donc de laisser courir les échéances en cours... Concernant les bailleurs, certains ont agi en conséquence et ont renoncé aux loyers, nous les en remercions. Pour les autres, cela exige beaucoup de temps avec nos conseils pour répondre à leurs courriers.

Quels vont être, selon vous, les effets de ce tsunami sans précédent sur la profession ?

Je pense tout d'abord, très fort, aux nouvelles enseignes et aux entrepreneurs qui viennent de se lancer dans ce contexte. La situation économique reste très compliquée pour tous les restaurateurs. Nous souffrons grandement des aléas conjoncturels et n'avons pas été épargnés ces deux dernières années (mouvement des gilets jaunes, manifestations contre la loi sur les retraites). Notre survie dépendra de la réaction de l'Etat à travers ses mesures, de la réactivité des banques, des mesures des bailleurs et des assureurs. Tout dépendra aussi de la date de reprise. Nous ne pourrons pas tous tenir plus de 1 mois sans chiffre d'affaires. 

Quels sont les conseils que vous donneriez aux restaurateurs et comment envisager la sortie de crise ?

Chaque situation est différente. Je ne me sens pas légitime pour donner des conseils. Je salue les magnifiques initiatives solidaires prises dont celle des restaurants du Coeur et des restaurateurs qui continuent chaque jour de livrer des paniers repas aux sans-abris. Je pense surtout à eux ainsi qu'aux personnes isolées, aux malades graves, aux handicapés, aux aides-soignants et tous ceux qui n'ont pas la même chance que moi. J'ai une pensée particulière pour l’enseigne les Cafés Joyeux qui viennent d'inaugurer début mars leur Café sur les Champs-Elysées et à leurs équipiers. Nous serons vos premiers clients lors de la réouverture. Quant à la reprise, nous restons très inquiets quant à la date de fin de confinement. La reprise ne sera pas binaire mais progressive. Nous devrons être vigilants sur notre trésorerie et continuer cependant de nous développer.

Je finirai en citant le philosophe Septime interprété par Louis de Funès dans le Grand Restaurant : "Derrière, il y a la salle, et dans la salle il faut sourire, et le sourire, c’est notre pourboire !"

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