Pascal Cantenot La Panière
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#snackingunited. Pascal Cantenot, La Panière 'Une crise qui nous a poussés à accélérer la digitalisation'

9 Avril 2020 - 1143 vue(s)
En première ligne, les boulangers, pour la plupart, sont restés ouverts depuis le début du confinement. Pascal Cantenot, à la tête de 42 boutiques de boulangerie-pâtisserie-traiteur en Rhône-Alpes donne son point de vue sur la période difficile que nous traversons. Une crise qui va lui permettre d'accélérer plusieurs projets dont le click & collect et la livraison avec Uber Eats dès cet été pour, dit-il, toucher une clientèle plus jeune ainsi que les entreprises.

Qui est La Panière et quels étaient vos projets avant crise ?

La Panière est un réseau de Boulangerie Pâtisserie Traiteur implanté en Rhône Alpes. C’est une entreprise familiale que j’ai créée il y a 27 ans avec mon père Gérard Cantenot, forte aujourd’hui de 42 points de vente et d’un laboratoire de production d’environ 6 000 m². Le CA programmé pour 2020 était de 41,5 M€ HT pour 2020 après 37,3 M€ réalisés l’an dernier. Face à une progression croissante de notre activité, nous avons entrepris des travaux d’agrandissement de notre site de production et de nos bureaux.

Comment avez-vous réagi aux annonces de nos gouvernants et quelles ont été vos premières décisions ? 

Notre première préoccupation a été de protéger du mieux possible nos salariés et nos clients. Ceci en rappelant systématiquement, les gestes barrières préconisés par le ministère de la santé mais aussi en fermant nos espaces de restauration et en limitant notre offre à la consommation « à emporter ». Nos organisations ont aussi été révisées à l’image de nos services administratifs passés le plus possible en télétravail. Dans nos ateliers de production et en magasins, des équipes distinctes ont été créées pour limiter les risques de contamination. Enfin notre service logistique a réorganisé ses tournées pour limiter le nombre de passage en magasin. 

Avez-vous gardé l’ensemble de vos magasins d’ouverts, avec quelles mesures barrières pour les collaborateurs, les clients ? Avez-vous mis en place le click & collect ou la livraison ?  

Nous avons dû complètement revoir l’organisation de nos magasins pour nous adapter à la crise au cas par cas. L’activité subit un net recul. Nous constatons une baisse du chiffre d’affaire de 55 % sur l’ensemble du réseau. Deux magasins sont clos dans des zones commerciales elles-mêmes fermées. Les autres sont tous ouverts avec de grosses disparités d’activité suivant leur localisation. Tous les espaces avec places assises ont été condamnés, marquant le cheminement et les espacements au sols. Des panneaux en plexiglass ont été installés devant la caisse ce qui a beaucoup rassuré les équipes, sachant que nous sommes aussi équipés de caisses automatiques. Nous avons vite épuisé nos réserves de gel mais avons mis d’autres produits désinfectant que les équipes utilisent sans cesse pour nettoyer tous les points de contact. Nous venons de recevoir un réassort de gel et de gant et devrions être livrés en masque fin avril. Toutes nos offres sont restées en place, restauration comprise mais nous constatons tout de même une baisse de l’ordre de 80 % sur la restauration boulangère. Enfin, cette période de crise nous a poussé à accélérer la mise en place du click & collect avec un lancement prévu avec Uber Eats cet été je l’espère. Nous espérons à travers ce levier répondre à la demande d’une clientèle jeune, et aussi des entreprises.  

Avez-vous placé vos collaborateurs en chômage partiel dans certains commerces ? Et sur le volet trésorerie, une action auprès de vos banques ? 

A ce jour, nous avons entamé des démarches pour créer nos comptes utilisateurs auprès des autorités pour envisager d’effectuer des demandes d’autorisation préalable de chômage partiel. Sur le volet trésorerie, certains de nos banquiers nous ont déjà accordés des reports d’échéances. Nous négocions le report de certains loyers et aussi le règlement de nos impôts et de nos charges sociales.

Quels vont être, selon vous, les effets de ce tsunami sans précédent sur la profession ? 

Les entreprises qui avaient une santé financière fragile avant la crise vont difficilement traverser cette période. Certaines risquent de disparaître. Il y aura sans aucun doute un « après » coronavirus et on peut s’attendre à assister à des mutations qui tendront vers la naissance de nouveaux modèles économiques. Les comportements et les modes de consommations vont probablement changer et cela pourra se faire ressentir sur la profession. Les Français découvrent, en effet, malgré eux de nouveaux modes de vie. Il est sûr que le télétravail, les réunions en visioconférences vont faire bouger les organisations ce qui aura forcément des répercussions sur la consommation. Lesquelles ? Nous verrons. 

Si vous aviez des conseils à transmettre à des nombreux professionnels dans l’angoisse d’aujourd’hui et de demain ?

Le principal conseil serait de préserver leur trésorerie au maximum pour surmonter cette crise avec le moins de dégâts possibles. Pour le moment nous concentrons nos efforts sur la gestion de cette crise. Il est certain que nous serons dans l’obligation de prévoir des plans d’économie. Concernant nos projets à ce jour nous sommes incapables de prédire les retentissements futurs.

#snackingunited

 

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Commentaires (1)
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Par Yo le 23/04/2020 à 17:26
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