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Déconfinement. La vie va enfin reprendre, mais le plus dur reste à faire pour Didier Chenet

29 Mai 2020 - 867 vue(s)
Après les annonces opérées par Edouard Philippe ce jeudi 28 mai, le président du Groupement National des Indépendants Hôtellerie et Restauration (GNI), Didier Chenet semble soulagé. « La vie dans nos villes, nos villages, nos destinations touristiques va reprendre, enfin ! », a-t-il indiqué dans une lettre adressée aux professionnels, même si, pour lui le « plus dur reste à faire… ». Il indique ainsi qu’entre la fin mars et la fin avril, le nombre de professionnels ayant renoncé à rouvrir serait passé de 11 à 17 % sur près de 2 000 professionnels membres du GNI ! Nous vous proposons de découvrir son message dans lequel il appelle l’Etat à poursuive son accompagnement à la réouverture des établissements par des mesures spécifiques.

"Enfin, après 80 jours interminables de fermeture forcée, nos professionnels vont donc pouvoir rouvrir leurs cafés, leurs bars, brasseries et restaurants. A Paris et en région parisienne, comme nous le demandions encore hier au gouvernement, les cafés et les restaurants vont pouvoir rouvrir leurs terrasses et commencer à travailler, à revivre. Il en sera de même en Guyane et à Mayotte. Nos hôtels vont pouvoir de nouveau accueillir et enfin restaurer leurs clients. C’est le lancement de la saison pour nos très nombreux établissements saisonniers. Les Français vont pouvoir sortir, partir en week-end, en vacances et fréquenter nos cafés, nos restaurants, nos hôtels. La vie dans nos villes, nos villages et nos destinations touristiques va reprendre. Enfin ! 

Mais la déception est là aussi. Pour nos bistrots de quartiers, nos cafés de villages, nos bars à ambiance musicale qui ne pourront pas autoriser leurs clients à consommer debout au comptoir. Ils vont devoir trouver dans l’aménagement de leur salle, voire dans leur seule terrasse dans les départements « orange », les moyens de travailler. Pour nos discothèques, hélas, qui comme les casinos resteront encore fermés pour les 3 prochaines semaines au moins. Et même si pour la grande majorité des professionnels, le temps est au soulagement, tous savent que seule une étape est franchie, ou en passe de l’être et que le plus dur reste à faire.

D’abord, il va falloir rassurer nos salariés sur le fait que leur santé ne sera pas affectée par leur travail parce que des mesures sont prises comme le port du masque obligatoire pour tous et la limitation des contacts avec les clients. Ensuite nos clients, qui sont impatients de nous retrouver mais qui légitimement ne veulent pas se mettre en danger. A eux aussi, nous le disons, des mesures sont mises en œuvre. Le protocole que respecteront dès le 2 juin, nos cafetiers, nos restaurateurs et nos hôteliers a été validé par le Conseil de Défense. Il comprend des mesures qui ont pour effet d’éviter la contamination à la covid-19. Les tables seront limitées à 10 convives maximum et elles seront espacées d’un mètre. Les réservations seront les bienvenues pour organiser nos plans de salle. Comme le paiement par carte. Les clients porteront des masques, sauf à table. Du gel sera mis à disposition. Nous ferons tout pour qu’ils se sentent en confiance. Le respect de ce protocole, qui est l’affaire de tous, restaurateurs, cafetiers, hôteliers, traiteurs organisateurs de réceptions, mais aussi salariés et clients, est le moyen que nous mettrons en œuvre collectivement dans l’intérêt de la santé de tous. Pour la sécurité de tous.

Enfin, il va falloir affronter le mur de dettes qui s’est accumulé ces 80 derniers jours ! Certes nos professionnels ont bénéficié de mesures d’aides comme le chômage partiel, l’annulation des charges sociales de mars à juin, ou encore du Fonds de solidarité qui doit d’ailleurs encore être amendé afin de l’élargir à d’autres de nos professionnels comme ceux ayant signé un PGE. Mais les dettes se sont accumulées. Il a fallu continuer de payer les charges fixes comme les loyers, l’énergie, la téléphonie. Les taxes fiscales et parafiscales comme la redevance audiovisuelle, la CFE, la taxe de séjour, les droits de voiries ou de traitement des ordures ménagères vont devenir exigibles…autant de factures qu’il va falloir payer avec pour horizon à un an le remboursement des emprunts bancaires et des PGE.

Nous pensons en ce moment, à ceux qui ont déjà jeté l’éponge. En un mois, de la fin mars à la fin avril, le nombre de professionnels ayant renoncé à rouvrir est passé de 11 à 17 % sur près de 2 000 professionnels membres du GNI ayant accepté de répondre à notre enquête. Nous ignorons combien ils seront au final, là au début juin et demain à la fin de l’année. Mais il est notre devoir de continuer de nous battre.

Ceux qui vont rouvrir se demandent avec quelles recettes ? La question taraude nos professionnels qui espèrent que la reprise sera au rendez-vous, même s’ils vont automatiquement souffrir d’une limitation de leur capacité d’accueil. La reprise s’annonce difficile pour les bistrots de quartier, les brasseries et leurs banquettes, les cafés de village, tous ces établissements, où l’activité au comptoir est temporairement interdite et qui ne disposent ni de grande salle ni même de terrasse. Les hôteliers, aussi, se posent la question de la concurrence des meublés de tourisme dont ils ignorent s’ils respecteront la réglementation et notamment un protocole sanitaire.

Oui, nous allons presque tous pouvoir rouvrir, nous l’attendions et sommes en cela satisfaits. Maintenant il va falloir se relever les manches et travailler 2 fois plus. Le GNI continuera d’être à vos côtés pour que l’État accompagne cette réouverture par le maintien des mesures spécifiques à notre secteur tout le temps que notre activité sera dégradée. C’est de sa responsabilité et notre capacité de résilience en dépend.

Confiance et courage. Demain l’avenir nous sourira."

Didier Chenet
Président du GNI 
(& Catherine Quérard, Vice-Présidente)

 

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Commentaires (1)
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Par BOUBOU15 le 30/05/2020 à 08:55
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