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Tri des déchets, vers une mutualisation des moyens en restauration et la mise à l’index de certains matériaux

18 Octobre 2019 - 1309 vue(s)
A l’initiative du Snarr, et avec le soutien de la FEB et du SNRTC, la première réunion d’information « ici on trie » qui s’est déroulée à Paris, a permis de faire un état des lieux des discussions et des négociations en cours sur le tri des déchets en restauration rapide entre les collecteurs et la profession. Si l'on tend vers une mise en commun des moyens, de nombreuses zones d’ombre demeurent encore sur la mise en pratique de la collecte.

Plus d’une centaine de personnes étaient présentes à la matinée d’information organisée par le Syndicat National de l’Alimentation et la Restauration Rapide et baptisée « Ici on trie ». Un rendez-vous on ne peut plus d’actualité autour de deux tables rondes dont l’objectif était d’éclairer les professionnels sur la situation réglementaire autour du tri des déchets en restauration, de présenter des pistes de réflexions et de bonnes pratiques autour de cas concrets tout en donnant la parole à divers acteurs de la filière.

"Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin", Alexis Bourdon, Président du Snarr.

Snarr ici on trie Alexis Bourdon

Si le président du Snarr, Alexis Bourdon qui introduisait cette matinée aux côtés de la nouvelle déléguée générale du Snarr, Eshter Kalonji, a bien rappelé l’urgence d’agir en commun et de mutualiser les moyens face aux attentes pressantes du public sur le tri des déchets, force est de constater que ce sont surtout les échéances très proches d’un nouveau calendrier imposé en juin dernier par les pouvoirs publics qui ont accéléré, dans l’urgence, le tempo pour les opérateurs de restauration rapide. Et notamment face à leurs obligations de mettre en place très rapidement le tri 5 flux des déchets (qui date de 2016) avec le risque, pour les contrevenants incapables de justifier d’un certificat de valorisation des déchets, d'écoper de lourdes sanctions financières et pénales. Si, pendant longtemps, chacun s’est renvoyé la balle des responsabilités, l’heure est aux discussions constructives, à la mutualisation des moyens et à la négociation pour trouver les meilleures solutions possibles pour la restauration rapide dans toute sa diversité, les chaînes comme les indépendants. L’association des trois organisations professionnelles dans cette démarche, le Snarr, la FEB et le SNRTC aux côtés de Citéo notamment, en est le témoignage.

Mise en commun des moyens

La difficulté, largement évoquée par de nombreux intervenants, réside dans la collecte des déchets. Selon les communes et les zones géographiques, la mise en place de filières de collectes est loin d’être homogène. D’où la complexité de définir d’emblée les mêmes règles pour tous. Les solutions qui semblent faire l’unanimité, cependant, résident dans la mutualisation des moyens et la mise en place d’un socle commun, d’une démarche par grappes et par bassins de collectes. De quoi permettre aux collecteurs, de construire des tournées qui optimiseront les collectes et permettront d’abaisser nettement les coûts supportés par les restaurateurs. A la Fnade (Fédération nationale des activités de dépollution et de l’environnement), on se dit prêt à réagir très rapidement pour organiser ces circuits. La balle est dans le camp des enseignes de restauration qui doivent remonter très rapidement à leurs instances représentatives, les caractéristiques de leurs déchets et les volumes « stabilisés » pour enclencher ce levier-là.  

Ici on trie Snarr Subway

Quels déchets et quelle collecte ?

Si pour les déchets organiques en cuisine, tout comme les cartons d’emballages et autres packagings de livraison, le sujet paraît ne pas poser de problème, là où le bât blesse, c’est sur les règles de tri des emballages côté « salle de restaurant ». Il semble admis de la part de tous les protagonistes, collecteurs comme restaurateurs/boulangers, la règle de « Je vide, je trie, je jette ». L’idée étant de séparer à la source, les déchets organiques ou liquides, susceptibles de souiller les emballages. Reste que tout le monde n’est pas raccord sur la mise en pratique. Et notamment la manière de concevoir ses poubelles et d’organiser le tri en salle. Chez McDonald’s, par exemple, on récupère les liquides & glaçons, les emballages vides et le « reste » mais pas les déchets organiques en salle, considérant qu’ils sont quantité négligeable et qu’ils ne peuvent de toute manière pas être mélangés avec ceux de cuisine. Du côté de Citéo, on préconise de se rapprocher des codes appliqués au domicile : jaune pour le plastique/carton/canettes, marron pour les biodéchets (qui ne peuvent pas être mélangés avec ceux de la cuisine), le vert pour le verre et gris pour le résiduel. Reste la question délicate de la nature des emballages et notamment ceux qui ne peuvent pas être revalorisés et qui posent de sérieux problèmes aux collecteurs. Dans le viseur : les produits en matériaux exotiques d’importation lointaine à la composition non identifiée, les produits en fibres de bambou ou de palmier, les produits en PLA (qui, s’ils sont compostables, ne peuvent pas entrer dans le cycle des déchets organiques ni même dans ceux des plastiques, indique Citéo) ou encore les emballages multi-matériaux (notamment les packagings avec film plastique ou PLA antigraisse…). Sur ce sujet, Citéo et les 3 organisations professionnelles devraient finaliser dans les prochaines semaines, une matrice qui reprendra tous les grands types d’emballages, les matériaux et soulignant ceux qui bénéficient de filière de tri, donc ceux à privilégier. Gageons que de nombreux matériaux dont le PLA tout comme les produits sans pedigree « identifiables » ont toutes les chances d’apparaître sur la liste noire des acheteurs de restauration rapide. De nombreuses questions restent néanmoins posées, notamment la collecte du bois qui n’entre pas dans le socle commun et qui ne bénéficie pas, pour l’heure, de filière identifiée de collecte.

Des questions qui restent en suspens

Parmi les nombreux points abordés lors de cette matinée, plusieurs restent pour le moment sans réponses et appellent des solutions urgentes. Quels types de matériaux d’emballage utiliser eu égard aux filières de collecte et quelle configuration de poubelles retenir pour optimiser le tri en salle du plastique, du carton, du bois, du verre, des déchets organiques, des canettes et des liquides ? S’il est clair que le plastique est appelé à être banni des restaurants à deux ans au niveau des pailles, des couverts, des gobelets, des bols, assiettes et autres touillettes (réglementations française et européenne obligent), pour autant, le choix des matériaux de substitution est loin d’être évident. Pour Citéo, comme pour les représentants de collecteurs, il est clair que si les filières de recyclage des cartons, plastiques, déchets organiques et verre existent, en ce qui concerne le traitement des bioplastiques (type PLA), des produits bi-matériaux (produits pelliculés, tout comme des produits en fibres de canne à sucre ou bambou d’exportation au pédigré non identifié), posent de vraies difficultés

Les prochaines semaines seront donc cruciales avec une batterie de réunions au programme alors que le compte à rebours dicté par la Secrétaire d'Etat, Brune Poirson, est en marche tout comme la règlementation de retrait des plastiques. 

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Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Suivez Paul Fedèle sur Twitter @francesnacking
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