Emballage usage unique vaisselle réutilisable
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Usage unique vs réemploi, et si la question devait être reposée pour la restauration sur place?

29 Janvier 2021 - 1688 vue(s)
Alors que le calendrier de retrait des emballages plastiques suit son cours et qu’au 1er janvier 2023, la vaisselle à usage unique n’aura plus droit de citée pour la restauration sur place, une étude européenne Ramboll toute récente pour l'EPPA, met à mal le réemploi face au packaging en « papier ». Et si on reprenait sa copie ?

Le dogme du zéro déchet aura-t-il la peau du business model de la restauration rapide qui repose notamment autour de l’emballage à usage unique ? On peut le penser au regard du calendrier du retrait des plastiques ou encore, de la loi AGEC (anti-gaspillage et Economie circulaire) de février 2020 qui promeuvent, entre autres, la notion de réemploi pour limiter la production de déchets. La France a enfoncé le clou et même plus, par rapport à nos voisins européens en votant un décret qui entérine la disparition de la vaisselle à usage unique pour toute restauration servie sur place, à partir du 1er janvier 2023. Un texte qui conduit clairement la branche à remettre en cause son modèle et à étudier l’introduction de vaisselle en « dur », qu’elle soit céramique, inox ou encore plastique dur (Polypropylène/PP), pourvue qu’elle soit réutilisable et des solutions de consigne de toute sorte (voir notre enquête "Le réemploi doit encore emballer la restauration rapide"). Une piste qui, de prime abord, semble la plus « verte » si tant est qu’elle n’est peut-être pas la solution miracle qu’on croit. C'est du moins ce que révèle une étude confiée à l’institut indépendant danois Ramboll et certifié par TUV, publiée par l’European Paper Packaging Association (EPPA) il y a quelques jours, qui révèle que les emballage alimentaires et boissons à usage unique, à base de cellulose (carton, papier), utilisés dans le QRS (Quick Restaurant Service), pour une restauration rapide sur place, sont meilleurs pour l’environnement que la vaisselle réutilisable, qu’elle soit inox, céramique ou PP.

Une ACV défavorable au réutilisable

L’étude a utilisé des données primaires (par opposition aux données secondaires provenant de bases de données obsolètes) et dressé une analyste comparative de la performance environnementale, sur un an, des récipients (24 plats différents)  pour aliments et boissons jetables et réutilisables (système futur prévu dans les QRS en 2023 avec lavage en magasin ou extériorisés), utilisés dans un restaurant à service rapide, pour la consommation sur place (et ce, en Europe dans 27 pays + RU). Une approche unique en son genre en raison de son approche fondée sur une comparaison « système contre système » alors que l’approche habituelle (produit contre produit) ne tient pas compte des impacts cumulatifs des différents produits sur l’environnement. Et le résultat ne laisse que peu de doute quant à l’interprétation. En effet, l’analyse de cycle de vie (ACV), révèle que, dans le cadre d’une utilisation sur 12 mois, compte tenu du lavage (utilisation d’eau, d’énergie, de produits lessiviels), l’impact environnemental était plus conséquent pour une vaisselle traditionnelle ou un plastique réutilisable (PP), que des packagings en papier à usage unique. La vaisselle réutilisable, a généré 177 % d’émission de CO2 en plus et consommé 267 % de plus d’eau douce tout en produisant 132 % de particules fines en plus. Des chiffres qui alourdissent fortement le bilan même si, la même étude indique que les impacts sont en faveur du réemploi sur l’impact sur la couche d’ozone (- 11%), sur l’ionisation (- 37 %)  ou encore sur l’eutrophisation de la mer (- 81 %). Pour le représentant de l’EPPA interrogé par France Snacking, la consommation importante d’eau pour le lavage et d’énergie notamment pour assurer un séchage et rendre la vaisselle hygiéniquement propre, est moins vertueuse pour le climat et aggrave le stress hydrique, entre autres. Sans compter que la mise en place d'une vaisselle en plastique dur (PP), qui semble avoir la faveur de beaucoup, oblige à produire, tout de même, des emballages dans des dérivés du pétrole, pour lesquels, la notion de recyclage va, elle aussi se poser. 

Une vaisselle en papier plus vertueuse

Si cette étude unique en son genre, réalisée par un institut indépendant et validé par TÜV donne clairement l’avantage aux produits en papier c’est, d'une part, du fait de son approche globale système, mais aussi du fait que 100 % de la vaisselle en papier à usage unique existante, fabriquée par les membres de l’EPPA (Seda International Packaging Group, Huhtamaki, AR Packaging Smith Anderson, CEE Schisler Packaging Solutions, Stora Enso….) et utilisée en Europe, provient de forêts gérées durablement. Mais aussi, souligne l’EPPA que le papier et le carton sont les matériaux d’emballage les plus recyclés en Europe (86 %).

Alors, les nouvelles données de cette étude validées par un organisme indépendant, seront-elles de nature à bousculer le calendrier et remettre en question, la position actuelle de nos gouvernants sur le sujet face à l'échéance de janvier 2023 ? Elle a au moins le mérite de donner un nouvel angle de lecture et de nouvelles bases de débat en s'appuyant sur des informations récentes. Et, peut-être, de faire bouger les lignes en apportant plus de souplesse que le retrait pur et simple de toute vaisselle à usage unique, pour une restauration sur place dans deux ans. On peut l'espérer. 

 

EPPA

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Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Suivez Paul Fedèle sur Twitter @francesnacking
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