board de Parisianavores inllence food en restauration marketing digital
Management & Franchise 13

Comment intégrer les influenceurs food dans sa stratégie marketing en snacking ?

12 Juillet 2019 - 2949 vue(s)
Services marketing, communication ou relations presse, tous cherchent à identifier, contacter et engager ces « influenceurs » devenus de vrais boosters de business en restauration. Ils capitalisent sur une célébrité acquise grâce à la viralité de leurs publications et de leur style unique qui ne se résume pas toujours au nombre de leurs followers mais surtout à l’engagement de leur communauté pour la qualité de leur contenu. Le snacking et la street food en sont tellement friands qu’ils en sont les premiers commanditaires… Comment établir la relation avec eux et assurer un ROI ? Aujourd’hui, nous accueillons Louiza Hacene, cofondatrice de l’agence Malou, spécialisée en marketing digital dans le food, et Anaïs Lerma, créatrice du blog Parisianavores, qui partagent leurs astuces et leurs expériences avec vous. La chance, non ?

Anaïs, pourquoi est-ce nécessaire d’inscrire les influenceurs, aujourd’hui, dans sa stratégie marketing en restauration ?

Voilà encore 5 à 6 ans, les blogueurs étaient déjà influents : certains ont développé des recettes à partager avec leur communauté, d’autres leurs expériences au restaurant, voire les deux. En ce qui me concerne, j’ai toujours partagé mon ressenti de manière sincère et surtout en m’intéressant à l’histoire de la fondatrice ou du fondateur, permettant ainsi de donner ce supplément d’âme et d’établir des relations intimes avec mes abonnés. De même, je donne toujours un avis sur le rapport qualité/prix, fidèle à ma promesse où l’on vient chercher des bons plans pour se restaurer à Paris. Je décerne aussi des coups de cœur parce que certains établissements le méritent vraiment !  Avec le boom des réseaux sociaux, la food est devenue la recherche number one sur le net. De part mon expérience personnelle, j’ai immédiatement intégré Instagram dans la panoplie des outils à utiliser en relayant les articles du blog, mais aussi en utilisant, désormais, les stories, plus vraies, plus immersives et qui ont la particularité d’être instantanées. Ce qui correspond totalement à la restauration et au partage sur les réseaux sociaux ! Pour un restaurateur, c’est un bon moyen d’attirer de nouveaux clients, puisque cette recommandation montre toute l’authenticité de la démarche. Nous sommes dans la « real life » avec le « vrai produit » présenté d’une autre manière que les photos ultra léchées qui auront été confectionnées de toute pièce pour le sublimer. Également, au travers de ces mini vidéos immersives, les abonnés se rendent compte de l’ambiance de l’établissement, des spécialités de la maison, de la carte du moment et de l’accueil des équipes qui reste primordial en restauration et même en snacking ! C’est ainsi que pour Seazon Paris, les clients entrent avec leur portable, photo à l’appui, ne regardent pas la carte et disent « I want this ! ». Mais c’est un vrai cas d’école ! A l’inverse, les articles présents sur Parisianavores permettent à la marque d’être très bien positionnée dans les requêtes de Google, avec plus de 2 M de pages vues par an, ils sont ainsi mieux référencés que l’établissement lui-même et trouvables immédiatement avec des informations plus personnelles et moins commerciales. Un sacré gain de notoriété pour le restaurateur !

 
 
 
Voir cette publication sur Instagram

COUP DE ??. Si on me demandait d’illustrer ou d’expliquer ce qu’est un bon bouiboui, j’irais sans aucun doute au Drapeau de la Fidélité AKA chez Monsieur Quan. Monsieur Quan était prof de philo à Saïgon avant d’arriver en France en tant que réfugié politique en 1976. Après plusieurs petits boulots, il ouvre Le Drapeau de la Fidélité en 1984, une cantine aux plats franco viet, à la clientèle éclectique, aux plats généreux, aux prix très très contenus et à l’ambiance « comme à la maison ». Si, à près de 80 ans, Monsieur Quan a pris sa retraite, on peut très régulièrement le retrouver dans son resto qui est maintenant géré par son fils. Quant à sa fille qui travaillait également au Drapeau de la Fidélité, elle a ouvert dans l’arrondissement voisin son restaurant vietnamien. C’est avec une grande curiosité que j’ai découvert ce lieu hier. Esprit résolument vintage, un brin kitschouille assumé (radio Nostalgie et boule à facette se déclenchent dans notre arrivée aux WC), décor de Bric à Brac, chez Cà Phê Broc’Ouest, tt est à vendre et à acheter. Même le plat dans lequel vous mangez. Au menu, une carte courte : salade viet ou Goi cuon (rouleau de printemps) minute, bo bun, Pho bo, riz sauté, riz saucisse, bánh mì h?p (bánh mì servi à l’assiette). Manger dans un resto est pour moi une expérience qui ne se résume pas au contenu de l’assiette. Loin de là. L’accueil, l’ambiance, la déco, la musique, le niveau sonore, le type de clientèle, le moment, la température, le service, les accompagnants évidemment, l’histoire, les histoires, les sourires ou non sourires, 1 000 choses participent à passer ou non un bon moment. Nous avons passé un excellent repas chez Cà Phê Broc’Ouest. L’accueil aux petits oignons pour chacun des clients, l’histoire de la gérante, le service apporté à chaque client pour s’adapter à tous les goûts et régimes alimentaires, les plats généreux à 10 €, frais et justes, la singularité du lieu que le couple a voulu comme un lieu d’échange d’objets et, de fait, en continuel changement… Nous sommes restés jusqu’à 17 h. L'article est sur le blog. #restaurantparis #topparisresto #bonneadresseparis #pariscityguide #vietnamesefood #nouvelleadresse

Une publication partagée par Parisianavores (@parisianavores) le

Etes-vous rémunérée quand vous effectuez ces stories et écrivez les articles que vous publiez ?

Non, je réalise ces prestations gratuitement avec ou sans rendez-vous et en fonction de mon humeur et de la prestation servie ! Je suis très souvent invitée, mais il m’arrive aussi de payer mon addition quand je découvre une nouvelle adresse par moi-même ! Aujourd’hui, je vis de cette activité et en retire mon unique revenu. J’établis des partenariats sponsorisés dès lors qu’il s’agit de créer un contenu multimédia spécifique, par exemple, des vidéos ou des articles avec une offre commerciale, afin de servir les besoins d’une marque de l’agro-alimentaire, d’une chaîne de restauration ou d’un restaurant qui souhaite toucher une nouvelle clientèle ou renforcer son image. Mais je respecte toujours mes abonnés et ma communauté en leur proposant des contenus fidèles à ma ligne éditoriale. C’est aussi un contrat de confiance que j’entretiens avec eux !

Louiza, à l’heure des fake news et de la boulimie de l’information, comment un restaurateur peut-il repérer LE bon influenceur ?

C’est effectivement une gageure pour le restaurateur de ne pas tomber entre les mains de personnes mal appropriées ou mal préparées à l’exercice, car il s’agit bien de communication et de stratégie pour l’entreprise.  Pour débuter, il faut déjà suivre ses concurrents sur les réseaux sociaux (la base aujourd’hui de faire sa veille !) et repérer les influenceurs avec lesquels ils travaillent. Je conseille toujours de définir ses objectifs au préalable et de vérifier le profil de l’influenceur et sa ligne éditoriale : elle doit être compatible avec celle du restaurateur. Ensuite, il faut vérifier la qualité de ses contenus et de ses collaborations passées, mais aussi sa localisation. Dans le cadre d’un restaurant, c’est très important car il faut que les abonnés puissent s’y rendre, ce qui peut être moins problématique dans le cadre d’une collaboration entrant dans le cadre de l’élaboration d’une recette par exemple, ou en e-commerce. Ensuite, il faut être vigilant sur le nombre et la nature de ses abonnés et l’engagement généré : a-t-il acheté ses abonnés, entretient-il une relation avec ses followers ? Également, il convient de vérifier l’évolution de son audience : si elle est en croissance, c’est un bon signe qui prouve qu’il entretient une relation durable et intéressante.

Justement, Anaïs, quel conseil donneriez-vous à un restaurateur pour entrer en relation avec vous ?

- J’aime particulièrement raconter l’histoire de ces personnes passionnées qui se sont lancées dans ce métier difficile mais particulièrement rayonnant." Anaïs Lerma, créatrice du blog Parisianavores.

Il s’agit donc d’établir une rencontre entre nous autres ainsi que dans l’assiette. Par conséquent, j’attends aussi une démarche similaire de la part des restaurateurs : qu’ils s’intéressent à mes posts ou à mon blog en laissant des commentaires, c’est aussi fait pour cela ! Ensuite, j’aime recevoir des emails personnalisés et non standardisés avec une demande qualifiée à minima, qu’il s’agisse de promouvoir un nouveau restaurant ou bien une nouvelle offre apéro, une glace spécifique… Il s’agit bien de communication, alors communiquons !

Auriez-vous un exemple de réalisation en commun et que vous auriez envie de partager avec nous ?

Mob Hotel barbecue en commun pour les clients

Dernièrement, nous avons collaboré pour le MOB Hôtel de Saint Ouen afin de lancer le Summer Garden. Cet hôtel, basé au cœur des Puces, propose un brunch « kids friendly » et un rooftop où l’équipe de restauration a imaginé un concept de barbecue en plein air : ce sont les clients eux-mêmes qui préparent la braise et leur repas, le restaurant fournit tous les ingrédients ! Les influenceurs, dont Anaïs a fait partie, ont été déterminants dans le succès de ce lancement. Outre des stories et les vidéos réalisées, Anaïs a écrit un article en lien avec sa ligne éditoriale où elle évoque souvent ses loisirs en famille relatant les avantages d’un brunch où les enfants sont pris en charge par des animateurs dédiés et dans une zone spécifique avec une restauration qui leur est destinée, et aux parents de pouvoir profiter, enfin !,  de ce moment de liberté bien mérité.

Quel ROI votre client a-t-il pu en retirer et quels KPI conseilleriez-vous de surveiller particulièrement ?

Cette campagne a fait l’objet d’un dispositif global mêlant la presse et les influenceurs sur des moments différents mais l’établissement attire des clients supplémentaires à ceux de l’hôtel en lui-même, ce qui était l’objectif principal ! Ensuite, il faut donc surveiller le nombre d’articles générés par l’opération, le trafic du site internet par le biais de traceurs idéalement placés sur les calls to action, l’augmentation du nombre de visites et d’abonnés sur les réseaux sociaux, mais aussi les nombres de réservations au restaurant, tout comme le nombre d’appels téléphoniques générés depuis la fiche google my business de l’établissement, par exemple. Les KPI sont établis par chacune des campagnes et reliées à l’objectif fixé initial. Il est d’ailleurs possible de formaliser la nature des commentaires laissés sur les réseaux sociaux des influenceurs et le retour d’expérience des clients. Un vrai plus pour le restaurateur afin d’améliorer son offre !  

- "Les influenceurs lorsqu’ils prennent part à une stratégie de communication bien articulée, et s'ils sont intelligemment choisis, permettent d’entrer dans le cercle de confiance de ses cibles. " Louiza Hacene, cofondatrice Agence Malou.

Quelle est, selon vous l’évolution de ce métier ? Pourra-t-il survivre à l’intelligence artificielle et à l’évolution technologique ?

Mes abonnés et moi vieillirons ensemble ! Si certaines automatisations peuvent nous permettre de gagner du temps et d’accroître notre communauté grâce à l’intelligence artificielle, pourquoi pas ? Et tant mieux ! De nouveaux réseaux sociaux, d’autres moyens de communication verront le jour, évidemment. Encore faut-il qu’ils correspondent à la pyramide des âges, mais nous nous formerons à nouveau. La boulimie de publicités massives est en train de lasser déjà certains abonnés. Il est donc primordial de choisir des formats correspondant à la ligne éditoriale de chacun et de ne pas en faire trop, mais de faire juste et de garder coûte que coûte son authenticité et sa fraîcheur.

Et vous, quel est votre instant snacking favori à toutes les deux ?

Louiza : le goûter assurément ! Nous faisons une pause réconfortante l’après -midi en équipe et les pancakes à la banane les cookies tahina sont à la fête chez Malou ! En ce moment, avec cette chaleur, nous évitons d’allumer le four ceci dit ! Nous nous sommes embarqués dans un benchmark exhaustif de toutes les glaces disponibles en GMS !

Anaïs : le brunch du dimanche est obligatoire et je privilégie clairement le buffet. Même avec cette formule qui me permet de goûter à tout, j’arrive encore à manger dans l’assiette de mes voisins de table ! Mais c’est aussi un formidable moyen de se retrouver en famille en toute convivialité dans de beaux endroits et de poursuivre la journée par une activité à partager ensemble !

A propos de Louiza Hacene et d'Anaïs Lerma...

C’est sur les bancs de l’école et le burger à la main, que se rencontrent Louiza Hacene et Waad Toumi voilà 10 ans. L’histoire commence bien ! Tous les deux sont passionnés de food, et, leurs diplômes en poche (HEC Paris pour Louiza et ingénieur data scientist à l’Ecole Centrale Supelec pour Waad), ils créent l’agence Malou afin d’aider les restaurateurs dans leur transformation digitale en 2017. Aujourd’hui, ils ont réuni une équipe de 10 personnes dont les compétences permettent aux restaurateurs d’améliorer leur notoriété et d’atteindre leur cœur de cible grâce à la puissance du digital, d’optimiser leur impact local à l’aide du référencement (SEO) en s’appuyant sur le développement in situ d’algorithmes spécifiques. Également, ils prennent en charge le community management et la création de contenus de nombreux restaurants tout comme leurs relations publiques.  C’est ainsi qu’ils suggèrent fréquemment des partenariats avec les influenceurs, ces early adopters de vos services, qui vont ainsi propager vos innovations ou les ouvertures de vos établissements afin de booster votre business.

Anais Lerma créatrice du blog parisianavores et Louiza Hacene agence malou chez Maison Fayrouz Paris

Louiza Hacene, Agence Malou - Anaïs Lerma blog Parisianavores et son assistant..., chez Fayrouz Deli Paris

C’est au cours de leurs collaborations que Louiza et Anaïs Lerma, bloggeuse et auteure, se sont rencontrées. La pétillante Anaïs, jeune active Parisienne, consigne chaque jour sur son carnet, les restaurants à Paris pouvant offrir un bon repas à 15 € maxi, le prix de son titre restaurant… Son Master en stratégie digitale digéré, elle se lance et crée son blog Parisianovores afin de partager ses expériences et son ressenti avec ceux qui voudront bien les découvrir. Et ça matche ! Passionnée d’écriture, elle est particulièrement infidèle à sa fourchette et teste ainsi un restaurant par jour en compagnie de ses collègues et amis en recherchant particulièrement toutes les cuisines du monde (snacking compris !) qui sont en train d’éclore à Paris. Aujourd’hui, maman de trois enfants et 8 ans plus tard,  après avoir été directrice marketing de Foodchéri, elle partage avec sa nombreuse communauté (47 K Instagram, 11 K Facebook, 7 K Twitter), toujours son attrait pour ce qu’elle appelle les « bouis-bouis »,  adepte de la restauration épicée à partager qu’elle est, mais aussi sa vie de maman, ses sorties et ses loisirs favoris en famille…

Les relations influenceurs et les marques : sources CISION, FEVAD, ADN, Comarketing News.

Le marketing d’influence est une tendance qui revient régulièrement en haut de la liste des priorités dans la stratégie des marques, qu’il s’agisse de se positionner aux côtés de bloggeurs, de Youtubeurs et d’Igers célèbres, mais aussi de votre personnel, les ambassadeurs de votre enseigne. Ce que l’on appelle le social selling participe à plusieurs finalités : renforcer le sentiment d’appartenance de vos équipes à votre entreprise, renforcer la communication interne et externe, favoriser le recrutement, et in fine renforcer la fidélité des consommateurs et de vos collaborateurs. Cette posture collaborative intervient à un moment où le consommateur demande à la marque un nouvel engagement sur des valeurs émergentes : partage, transparence, solidarité, authenticité et plus égoïstement écoute et personnalisation. Tout individu est enclin à faire confiance à son propre réseau (84 %), à ses pairs, à des experts, aux avis en ligne (62 %) et en règle générale à toute personne à qui il prête un crédit affectif ou intellectuel…

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un très bel été en compagnie de vos clients, vos collaborateurs, de vos amis et votre famille et vos nouveaux amis les influenceurs ! A très vite !

#InSnackingWeTrust !

Pour ne rien manquer de l'actualité du snacking, Suivez-nous sur Twitter @francesnacking
Et n’oubliez pas de partager cet article, s’il vous a apporté quelque chose, avec votre communauté !

Vous avez aimé la lecture ? Faites-le nous savoir !
Commentaires (0)
Les concepts Snacking
décrypter

Dans la même thématique