Uber Eats Stéphane Ficaja
Tendances 2

Uber Eats, une 4e bougie en mars et l'ambition de couvrir 2/3 du territoire dès 2021

26 Février 2020 - 1575 vue(s)
Sur un marché où la concurrence fait rage, les plateformes redoublent d’efforts pour conquérir les restaurateurs, les clients et les livreurs. Pour Uber Eats qui fêtera en mars ses 4 ans en France, l’heure est au renforcement du maillage national et de la qualité de l’expérience de tous les acteurs de la chaîne. Stéphane Ficaja, General Manager de la plateforme, livre à snacking.fr ses priorités pour 2020 sur un marché appelé à doubler dans les 5 ans. L’agrégateur va notamment forcer le trait sur BtoB et réfléchit à lancer Eats Business. Il pourrait aussi investir le marché des courses à domicile après le rachat de Cornershop au Chili.

 

Comment se porte le marché de la livraison en France et Uber Eats en particulier ?

L’état de santé du marché est bon, voire même très bon et la croissance est de deux chiffres sur un marché en France que nous estimons à 3 md€ par an. Et le potentiel est encore important lorsqu’on observe nos voisins britanniques qui affichent entre 8 à 10 md€ d’activité livraison. Pour autant, la France est pour nous déjà dans le top 5 des 45 pays et 650 villes où nous sommes. Dans l’Hexagone, c’est 180 agglomérations, 20 000 restaurateurs partenaires dont 70 % d’indépendants et 25 000 livreurs. Nous y sommes parmi les leaders avec près de 8 millions de téléchargements de notre application depuis notre arrivée sur le territoire en 2016. En 4 ans, nous avons couvert 50 % du territoire et l’on peut dire qu’un Français sur 2 a accès à nos services, soit plus de 34 millions de personnes. Si le marché a connu une croissance exponentielle qui n’est pas terminée, nous le devons à cette nouvelle génération de plateformes, dont nous sommes, qui a su renouveler l’offre, apporter de nouveaux modèles et de nouvelles solutions en phase avec des attentes fortes de la clientèle. Si nous permettons aux restaurateurs de mieux optimiser leurs infrastructures, nous leur donnons aussi accès à de nouveaux clients potentiels et leur permettons de profiter de notre puissance marketing.

Quelles sont vos ambitions pour 2020 et les développements en cours ?

Poursuivre bien sûr ce maillage français qui dépasse les frontières métropolitaines puisque nous avons ouvert des antennes notamment en Corse ou à Saint Denis de la Réunion l’an dernier. L’objectif est de 50 agglomérations supplémentaires en fin d’année ; nous nous intéressons à de plus petites villes et comptons couvrir les 2/3 du territoire à 12-18 mois. Il existe encore de nombreuses zones blanches sans livraison. A nous d’y créer une activité dynamique et pérenne aux côtés des acteurs locaux. Depuis l’an dernier, nous avons étoffé la panoplie de services à destination de nos clients et nous allons poursuivre dans cette voie. La commande à emporter, type click & collect a été lancée en mars 2019, puis généralisée à l'été dernier. C’est une option qui plaît aux professionnels et qui monte en puissance. Elle leur en coûte moitié moins cher que la livraison classique (qui est à environ 30 % du prix de l’addition) et leur permet de s’appuyer sur notre plateforme et nos outils pour promouvoir cet usage et gagner de nouveaux clients. Pour les chaînes qui disposent déjà d’une flotte de livreurs et souhaitent la conserver à l’image de Domino’s Pizza, nous leur donnons la possibilité de profiter de notre flux de commandes et de l’accès à un panel plus ouvert de clients. Quel que soit le service apporté, notre volonté est d’améliorer l’expérience auprès de chacun de nos partenaires. L'idée aussi, est de proposer la panoplie de cuisines la plus large et la plus riche possible pour que chacun y trouve son compte. En dehors du tryptique Burger-Pizza-Sushi qui occupent le podium des 44 cuisines proposées, d'autres thématiques montent en puissance comme les poke bowl, le healthy et les cuisines du monde.

Quels sont les leviers de différenciation et de croissance sur un marché aussi concurrentiel ? Cuisines partagées, activités BtoB, marques virtuelles ?

Justement, comme je vous le disais la différenciation passera par l’amélioration de l’expérience. On est une société technologique, experte dans le transport et la livraison. L’évolution constante de nos algorithmes, de nos outils prédictifs et de nos filtres aident nos clients à opérer les choix les plus pertinents lorsqu’ils veulent commander suivant leurs goûts et leurs attentes, voire leurs habitudes. Nous considérons que notre valeur ajoutée n’a pas de place dans les cuisines partagées. En revanche, nous avons un rôle à jouer plus important dans la mise en relation des entreprises et des restaurateurs avec des services supplémentaires. C’est pourquoi nous réfléchissons actuellement au lancement de Eats for Business afin de leur apporter toute notre expertise en livraison. Autre terrain de croissance : les marques virtuelles. Nous croyons fortement en leur intérêt et leur montée en puissance pour aider les restaurateurs à trouver d’autres sources de chiffre d’affaires additionnel. En ce sens, nous les accompagnons dans la création d’une 2e marque différente, compatible avec leur savoir-faire et sur une thématique qui ferait défaut sur la zone où ils opèrent. Ce qui leur permettra de toucher d’autres clients. 1 000 restaurants virtuels sont déjà à notre carte dont 50 % à Paris. 73 % sont des restaurants indépendants, 15 % des chaînes comme Maison Poké créée par exemple avec la chaîne Côté Sushi et 12 % de cuisines (NDLR dites fantômes) dédiées à la livraison comme Taster ou Dark Kitchen avec les différentes marques qu’ils proposent. Nous croyons aussi beaucoup à la place des chefs sur un marché de la livraison qui s’élargit et se démocratise. Nos différentes opérations aux côtés de Bureau d’étude gastronomique, avec des chefs comme récemment la Buvette des Chefs, l’Italie des Chefs mais aussi la Table des Chefs ou les Burgers des Chefs, fonctionnent très bien. Une manière d’apporter un panel de propositions encore plus ouvert tout en montrant à ces professionnels que d’autres canaux de vente sont possibles. Et d’ailleurs certains grands cuisiniers sont restés chez Uber Eats à l’issue d’une de ces opérations.

Uber eats

Et quid de la rentabilité ? On dit que les plateformes ne sont pas à l’équilibre. Le marché est-il appelé à se concentrer encore ?

Nous sommes une entreprise cotée sans problèmes de fonds propres et Uber sera à l’équilibre au 4e trimestre 2020. Nous investissons énormément sur l’activité livraison qui est en forte progression partout dans le monde et en particulier en France ; nos estimations à 5 ans sont de l’ordre de 5 à 7 md€ pour ce marché qui continue de progresser à deux chiffres dans l’Hexagone. Un rapport Deloitte évoque un chiffre de 4 % d’activité incrémentale de la livraison sur la totalité de la restauration commerciale. Chez Uber Eats, en moyenne, c’est + 20 % d’activité chez un restaurateur partenaire. Si notre objectif bien sûr, est de devenir très vite profitable et de rester l’un des moteurs de ce marché, je pense qu’il y a de la place pour 3 ou 4 acteurs après la concentration qui s’est produite ces dernières années. La livraison est un marché appelé encore à se transformer et à s’ouvrir. Preuve en est, le rachat par notre maison mère, de la startup chilienne spécialisée dans la livraison de courses à domicile Cornershop qui laisse augurer encore une évolution de nos propositions en France.

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Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Suivez Paul Fedèle sur Twitter @francesnacking
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