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Les Français auront besoin de manger plus sain demain...

6 Mai 2020 - 860 vue(s)
Le confinement a-t-il bouleversé les habitudes alimentaires et fait exploser la balance des Français ? À quelques jours du début de la phase 1 du déconfinement, une enquête de l'Ifop-Darwin Nutrition s’intéresse à l'impact que le huit clos imposé aux Français a eu sur leur corpulence, leur équilibre alimentaire et la manière d’appréhender la préparation des repas alors que 57 % des Français indiquent avoir pris du poids pendant le confinement. Avec quel impact pour demain ?

Les vidéos virales qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux durant le confinement et s’amusant des risques de prises de poids en cette période d’enfermement imposé étaient malheureusement bien fondées… En effet, sur les 3 045 Français et Françaises interrogés au sein de l’échantillon de l’enquête IFOP*, réalisée à l’initiative du site Darwin-Nutrition.fr, 57 % indiquent avoir pris du poids depuis la mise en place du confinement. 2,5 kilos en moyenne ! Et alors même que l'excès de poids affecte beaucoup plus la gent masculine (58 %) que féminine (41 %), le nombre de kilos pris durant le confinement s'avère sensiblement plus élevé chez les hommes (+ 2,7 kilos) que chez les femmes (+ 2,3 kilos). Cette prise de poids a particulièrement affecté les Français vivant en famille nombreuses, 64 % des Français confinés avec plus de 4 personnes indiquent en effet avoir pris du poids contre seulement 53 % de ceux confinés seuls. Le poids n'a heureusement pas évolué dans le même sens pour tous. 14 % des Français rapportent que leur poids « n'a strictement pas changé » et 29 % déclarent avoir perdu des kilos pendant cette période, notamment dans les rangs de ceux vivant seuls (33 %) et ayant pu faire du sport tous les jours (43 %). Ainsi, au global, après ces 7 semaines de huis clos, 54 % des Français se disent insatisfaits de leur poids actuel, 47 % des hommes et… 61 % des femmes alors même que la proportion de personnes en surpoids est sensiblement plus faible dans la gent féminine (46 % contre 59 % des hommes).

Les "bonnes résolutions" du déconfinement

Objective ou non, cette mésestime incite les Français à envisager de manger plus équilibré à partir du 11 mai : une majorité de Français (56 %) déclarent vouloir manger plus sain et équilibré lorsque le déconfinement aura lieu, sachant que cette proportion monte à 61% chez les personnes ayant pris du poids durant le confinement. Sensiblement plus fort chez les femmes (60 %) que chez les hommes (51 %), ce désir de « faire attention » tient donc moins à la corpulence réelle des individus -qui reste plus problématique dans la gente masculine que féminine - qu'à leur désir de correspondre aux normes de minceur en vigueur. Toutefois, la proportion de Français ayant l'intention de suivre un véritable régime alimentaire, c'est-à-dire exercer une surveillance particulière de leur alimentation, reste plus limitée (18 %) tout en restant assez genrée : 21 % des femmes en envisagent un, contre 15 % des hommes.

Des Français encore plus engagés sur l'alimentation...

Quoiqu’il en soit, cette période de confinement aura été propice au retour à la cuisine « faite maison ». 42 % d'entre eux consacrent plus de temps qu'avant à la préparation des repas, et 29 % font plus d'aliments maison, comme le pain et les yaourts. Par ailleurs, 21 % des Français déclarent avoir moins recourt aux livraisons à domicile. Consommer des produits locaux n'a jamais été aussi important : 35 % des sondés déclarent accorder plus d'importance au caractère local de leurs aliments depuis le 17 mars. Cette attention sera-t-elle durable ? On peut le penser lorsque 29 % des Français déclarent qu'ils accorderont plus d'importance à l'impact de leur alimentation sur l'environnement après le 11 mai. Sans surprise, les nouvelles générations sont particulièrement concernées : les jeunes, et notamment les étudiants, déclarent qu'ils accorderont plus d'importance à l'équilibre de leur alimentation post-confinement (42 % des étudiants contre 33 % toutes catégories confondues), et à l'impact de celle-ci sur l'environnement (37 % des étudiants contre 29 % toutes catégories confondues). « On constate que cette crise a permis aux Français de porter plus d'attention au contenu de leur assiette. Si les sujets tels que les circuits courts, le bio ou la production durable étaient déjà des enjeux importants avant le confinement, ils le seront encore d'avantage à l'avenir », pronostique Charlotte Jean, responsable de Darwin-Nutrition.fr.

... même si la cuisine reste majoritairement l'apanage des femmes

Globalement, le caractère équilibré de la nourriture à acheter ne semble pas avoir été un sujet de tensions important au sein des couples - à peine plus d'un tiers d'entre eux s'est disputé à ce sujet depuis le 11 mai - même s'il semble sensiblement plus conflictuel chez les jeunes (45 %) que chez les seniors (27 %). En revanche, le temps de préparation culinaire arrive en tête des sujets de tensions au sein des couples (42 %), en particulier dans les générations les plus jeunes : 53 % chez les personnes en couple de moins de 35 ans, contre 31 % chez les seniors. Même en période de confinement, l'égal temps de présence des hommes et femmes au domicile n'a pas équilibré le temps consacré à la préparation des repas... 71 % des femmes estiment que cette tâche leur incombe le plus souvent, contre 21 % qui considèrent que cette répartition est égalitaire entre les deux membres du couple et à peine 8 % que c'est leur conjoint qui en fait le plus. Et si les regards croisés entre femmes et hommes ne sont pas complètement symétriques (par exemple 22 % des hommes estiment qu'ils en font plus), il n'y en a pas moins une certaine convergence pour reconnaître que les femmes préparent davantage les repas au sein des foyers confinés. Relativement peu d'hommes vivant en couple participent d’ailleurs plus à l'élaboration des repas qu'avant le confinement : 21 %, soit moins que le nombre de femmes (25 %) mettant plus la main à la patte en période de confinement. « Contrairement à ce que l'on aurait pu espérer, le confinement est loin d'avoir allégé la charge mentale - et la charge tout court - des femmes en matière de préparation des repas », analyse Quentin Molinié, de Darwin-Nutrition.fr.

 

* Étude Ifop pour Darwin Nutrition réalisée par internet du 24 au 27 avril 2020 auprès d'un échantillon de 3 045 Français âgés de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine.

 

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