Snarr Umih GNI
Tendances 0

Le Snarr, aux côtés du GNI et de l’Umih, entendu par la commission économique du Sénat

10 Décembre 2020 - 912 vue(s)
Reçu le 9 décembre par la commission des affaires économiques du Sénat, le président du Snarr, Alexis Bourdon, a expliqué, aux côtés de Didier Chenet du GNI et Hervé Bécam de l’Umih, les impacts réels de la crise sur la branche. Il n’a pas manqué d’insister sur les implications sur l’emploi et la formation mais aussi sur la nécessité, outre de baisser les coûts fixes, de s'attaquer aux charges variables pour offrir plus de marge de manœuvre aux professionnels. En insistant sur une baisse de la TVA qui serait la bienvenue.

Présidée par Sophie Primas, la commission des affaires économiques du Sénat, qui se tenait le 9 décembre, avait réuni une trentaine de sénateurs pour écouter et interroger les représentants de la restauration face à la crise, les aides, les difficultés rencontrées et les perspectives envisagées post-confinement. Elle n'a pas manqué, dans son introduction, de préciser être bien consciente de la situation dramatique que ces fermetures entraînaient pour les professionnels concernés mais aussi pour les territoires, le dynamisme et l'attractivité des centres villes, l'emploi et l'apprentissage.

"Face à ces grandes difficultés, les aides sont probablement insiffusantes et certaines d'entre-elles prennent pour référence, la perte d'activité par rapport au mois de décembre 2019, lui même très handicapé à l'époque par la crise des gilets jaunes", Sophie Primas.

Aux côtés du président du Groupement national des indépendants (GNI) Didier Chenet et du vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), Hervé Bécam, le Snarr avait été convié en la personne de son président, Alexis Bourdon. Une occasion pour toutes les parties de saluer le soutien du gouvernement à la branche, de poser les nombreux problèmes rencontrés sur le terrain et de réaffirmer que la restauration n’était pas un secteur vecteur de transmission. Et qu’il fallait arrêter de la stigmatiser. Alors que de plus en plus de professionnels commencent à s’inquiéter et à douter sur une réouverture effective des restaurants le 20 janvier et qu’une manifestation « statique » est organisée le 14 décembre prochain par l’Umih, place des Invalides, les organisations professionnelles ont exprimé une colère grandissante dans leurs rangs. Ils ont surtout pointé du doigt un manque cruel de visibilité en évoquant même un brouillard absolu sur le chômage partiel ou autres mesures d'aides pour couvrir les 20 % de charges fixes au-delà du 31 décembre. 

200 000 emplois qui pourraient être perdus

Pour Didier Chenet, les traitements auxquels sont soumis les entreprises de l’industrie hôtelière sont parfois inadaptés à certains de ses métiers qui en sont parfois exclus. ll a notamment fait référence aux Traiteurs Organisateurs de réceptions, négligés dans les dispositifs d'aides plutôt destinés aux entreprises fermées administrativement. « On parle d’aides au sujet des PGE, qu’on apprécie d'ailleurs à leur juste valeur, mais il faudrait plutôt parler d’endettement », a souligné Hervé Bécam.

"Pendant 6 mois, nous avons brûlé nos PGE pour couvrir des charges dont on n’était pas responsables, nos entreprises ne pourront les rembourser, même avec les délais accordés. Emprunter, c’est pour investir pas pour couvrir des pertes accumulées", Didier Chenet.

Le président du GNI a également rappelé les résultats d’une enquête qui parle de 30 % de dépôts de bilan et d’arrêts d’activité l'an prochain. Hervé Bécam est revenu, sur le décalage entre les annonces politiques sur les aides et l’effectivité des mesures qui condamnent d’ores et déjà de nombreuses entreprises. Il a évoqué un vaste plan social silencieux qui menace et la crainte de voir disparaître près de 200 000 emplois si le gouvernement ne parvient pas à corriger rapidement cette situation. 

"Le compte n’y est pas", ont clamé les représentants de la profession en rappelant le « zéro recette, zéro charge, quoiqu’il en coûte", du Président de la République. En faisant part de leur profonde incompréhension et colère à l’égard notamment des assureurs et accessoirement des banques qui blacklistent la restauration actuellement, Didier Chenet n’a pas manqué de rappeler leur profond manque de soutien et leur cynisme notamment sur la prise en charge des pertes d’exploitation. Il est aussi revenu sur le compromis arraché difficilement sur les 10 jours de prise en charge des congés payés par l’Etat par rapport aux 16 millions de jours de CP dû aux salariés au titre du chômage partiel et sur le peu de temps laissé aux entreprises pour enclencher les mesures. 

Snarr Alexis Bourdon

Rouvrir dans un mode dégradé

Pour le président du Snarr, l’enjeu pour la totalité de la branche est de réfléchir collectivement à comment rouvrir dans un mode dégradé, en parvenant à réduire les charges fixes et variables. Et comment travailler à l’amélioration de la marge sur coût variable. Il a aussi évoqué les travers de certaines aides et les effets de seuils qui excluent des entreprises ou des groupes de certains dispositifs. Enfin, préserver les entreprises, c'est aussi préserver l'emploi et la capacité des restaurants à poursuivre sur la voie de l'intégration, la formation et l'apprentissage.

"Notre profession est constituée de nombreux petits établissements dont beaucoup ne résisteront pas. Quand on fera l’addition de ces restaurants qui vont disparaître, le résultat risque d’être une énorme catastrophe", Alexis Bourdon, président du Snarr.

Pour Alexis Bourdon, les aides actuelles sont indispensables pour survivre, mais il faut aussi s’attaquer au plus long terme, en dégageant très vite des marges de manœuvre pour retrouver de l’oxygène dès la reprise d’activité normale. Si, pour lui, la TVA à 5,5 % ne doit plus être un sujet tabou, de son côté Didier Chenet a rappelé ses divergences sur le sujet alors que son syndicat, dans ses priorités à moyens termes, défend plutôt une baisse des charges sociales. Le président du Snarr qui a rappelé le poids de la restauration rapide avec ses 27 000 points de vente et ses 175 000 salariés, a insisté également sur ce secteur, lui aussi durement touché par la crise malgré les tolérances accordées pour la livraison, la VAE et le drive. «  Si la livraison a été un vrai levier d’activité, pour autant, contrairement à ce que certains pensent, elle est davantage supportée par le restaurateur que par le client avec un commissionnement de 20 à 30 % sur les repas", a expliqué Alexis Bourdin aux Sénateurs, ce qui est de nature à contrarier sérieusement le modèle économique du secteur.

Vous avez aimé la lecture ? Faites-le nous savoir !
Commentaires (0)
Les concepts Snacking
décrypter

Dans la même thématique