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La GMS/Proxi, passe à table

27 Novembre 2016 - 589 vue(s)
Après avoir discrètement dressé le couvert au chevet d’une restauration à la diète, la distribution ne cache plus son appétit face à des consommateurs de plus en plus sensibles à son rayon snacking. Creuset d’innovations, ce pôle « Prêt à consommer » est autant un vecteur d’image qu’une arme de conquête de part d’estomac sur la RHD. On devine non sans mal la puissance de feu d’un bataillon de 34 000 magasins* en France qui décideraient de passer à l’action... 

Page 1 : Etat des lieux du marché

800 M€, c’est le gisement de croissance que la grande distribution aurait sous le pied, si elle consentait à plus d’attention envers son rayon traiteur frais et ses produits « snacking ». Ce constat dressé en préambule de la 4e journée Traiteurs frais, organisée par l’etf 1 en juin dernier, résume à lui seul les défis majeurs qui se posent aux acteurs de la GMS/Proxi qui dormiraient semble-t-il, sur une véritable pépite. Pour preuve, l’étude exclusive Iri/etf dévoilée à cette occasion confirme l’intérêt grandissant des « shoppers » pour ce rayon qu’ils souhaitent plus accessible, plus animé, plus attractif et plus rapide d’accès. « C’est un univers de produits auquel il convient d’apporter une attention toute particulière, car il crée du trafic additionnel sans cannibaliser d’autres rayons, il apporte du plaisir et de l’impulsion tout en influant aussi considérablement sur l’image du magasin », souligne Frédéric Nicolas, directeur Shopper Insight-Solutions et Innovations chez Iri Wordlwide. Et l’expert de préciser que 13 % des acheteurs viennent en magasin uniquement pour acheter du Traiteur et que 34 actes d’achats par an et par individu concernent uniquement le traiteur en libre-service avec 1 produit sur 2 consommé le jour même. C’est le rayon le plus dynamique des PGC (produits de grande consommation) en Hyper et Supermarché avec une croissance de son CA de 13 % en 4 ans contre 9 % pour les PGC. Un zoom sur la catégorie snacking immédiat (sandwich, salade, box, soupes et pâtes) permet de constater une famille de produits superformante qui a totalisé 672 M€ de CA 2 sur un an et a progressé de 9,8 %.

« Si le traiteur frais est en bonne santé, c’est qu’il a su s’inscrire dans de nouveaux instants de consommation et répondre à de nouveaux usages transversaux à toutes les populations. Le snacking évidemment mais aussi les apéritifs dînatoires », explique Patricia Rebillard, déléguée générale de etf.

Les barrières tombent

« Les gens courent après le temps. On a de plus en plus d’urbains pressés, de foyers monoparentaux, de personnes âgées, de jeunes en quête de solutions services pour manger rapidement ou répondre à une contrainte économique », explique Christophe Guigne, patron des enseignes de Proximité chez Système U qui a entamé une grande réflexion sur le modèle de demain de la proxi. Dans cette quête de solutions repas, il n’y a plus réellement de frontières entre les différents circuits alimentaires, a confirmé Maria Bertoch, Industry Manager FoodServicve chez NPD Group au dernier Congrès annuel du Snacking 3. Le consommateur raisonne non plus par circuit mais par usage. C’est un marché d’offre qui met à pied d’égalité les distributeurs, les boulangers, la restauration rapide traditionnelle au même titre que le congélateur d’un Picard. Pour le coup, le pôle snacking de la GMS/Proxi a bel et bien le vent en poupe avec près de 700 millions de visites en 2014, soit une visite sur 5 du total restauration rapide. Cette bonne audience trouve entre autres son explication dans le positionnement économique d’une offre qui n’a cessé de s’enrichir pour s’imposer comme une alternative plus que crédible à la restauration. Preuve en est 94 % des Français disent rechercher avant tout le rapport qualité-prix pour leur conso snacking, selon le dernier baromètre Paroles de Snackeurs établi par Food Service Vision. La GMS y apparaît comme le circuit le plus attractif aux yeux des Français (46 %). En termes de taux de pénétration snacking, il ressort à 44 %, en 4e position derrière les fast-foods (71 %), les boulangeries (59 %) et les chaînes de sandwicherie (56 %). C’est enfin l’un des circuits les plus économiques après la boulangerie avec des consommateurs qui déclarent y dépenser en moyenne 7,3 € en snacking vs 8,60 € pour la moyenne restauration rapide.

 

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Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Suivez Paul Fedèle sur Twitter @francesnacking
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