La belle-iloise passe de la boîte à la Tablée. En décidant de jeter l’ancre en restauration, la Conserverie la belle-iloise tente l’exercice d’ouvrir à Nantes une échoppe à ses couleurs où snacking et cuisine, nourris aux poissons en conserves, frayent avec modernité, tradition et convivialité. Baptisé la Tablée, ce nouveau lieu protéiforme vit au rythme des différents moments de consommation de la journée du snacking à l’apéro jusqu’au dîner. Malin…
Les défis
- Faire vivre l’expérience La belle-iloise au travers la création d’un restaurant
- Créer une expérience de marque forte autour de l’art de vivre maison
- Imaginer un vrai lieu de vie qui fonctionne toute la journée mêlant convivialité, échange et partage
- Apprendre un nouveau métier et s’adapter aux attentes de la clientèle
Les réponses
-Une décoration, une mise en scène et des codes graphiques puisés dans le patrimoine familial
-Un restaurant dont l’offre et les modes de distribution évoluent suivant les moments de la journée
-Un service adapté aux attentes : vente au comptoir au déjeuner et un service à table au dîner
-Des recettes élaborées par des chefs cuisiniers dont Eric Guérin
Toutes les preuves en images du concept, de la cuisine à l'espace préparations, mais aussi, les produits emblématiques de l'enseigne. Vous ne ratez rien de l'innovation.
Décryptage du concept sous une vision marketing : Plats signatures, les offres, le parti-pris ambiance, le parti-pris service, le monitoring client et les réseaux sociaux utilisés.
Pas évident pour un groupe familial créé en 1932 à Quiberon dont la réputation s’est construite autour des conserves de sardines, maquereaux et thon, à la tête de 65 magasins dans le monde, d’investir la restauration. Pour se donner toutes les chances, Caroline Hilliet Le Branchi, PDG de l’entreprise et petite-fille du fondateur a choisi de faire les choses dans les règles de l’art pour imaginer un lieu à la hauteur du niveau de qualité et d’exigence que la marque s’impose pour tous ses produits. Esquissé il y a près de 10 ans, le projet a finalement mûri ces deux dernières années sous la houlette de Cécile Roudaut, responsable du développement stratégique de la belle-iloise, qui s’est entourée d’une équipe pluridisciplinaire d’experts, de cuisiniers et de communicants : Bernard Boutboul de Gira Conseil, Sébastien Ripari du Bureau d’Étude Gastronomique pour l’élaboration de la carte ou encore les agences 4uatre et Alcmea Architectes pour l’identité graphique et la décoration.
Un endroit évolutif
Le défi posé à tous, et attendu par la famille Hilliet était de réussir à faire vivre à travers un lieu l’expérience la belle-iloise autour des produits de la mer revisités mais surtout de cette relation clients si chère à l’entreprise. « Il s’agissait d’accueillir nos clients, comme si nous les recevions chez nous en leur proposant un instant de vie authentique de partage autour de produits de la conserverie sublimés par des cuisiniers ». Afin de viser juste et répondre aux mutations de la restauration, la Tablée installée rue Santeuil a construit une offre autour de 3 moments de consommation de la journée reliés à trois types de services : le midi avec un service au comptoir et de la vente à emporter, « l’after » avec une offre de tapas et enfin le dîner avec une cuisine plus raffinée, élaborée par un chef et portée par un service à table pour plus de convivialité et de détente. Au déjeuner, signalétique et servuction sont organisés pour aller bien et vite en permettant au client de gérer seul son temps de repas avec un service au comptoir, des plateaux, une vitrine de présentation des produits de snacking et des boissons en libre-service. Des écriteaux en partie haute du comptoir affichent les menus sur le pouce : des salades, des sandwichs, des quiches et même le burger du jour. Chaque référence est élaborée à partir de boîtes la belle-iloise et proposée des formules menus entre 7,50 et 11 € avec le dessert. En fin d’après-midi, les bannières « menus » sont retournées et la Tablée devient bar à tapas autour de 6 références de miniatures à déguster parmi lesquelles les madeleines signées Éric Guérin, le tout proposé entre 2,50 et 12,50 €. Enfin après 19h, l’endroit sort le grand jeu et passe à table.
Pour soigner le moment du dîner et faire de la Tablée un lieu de destination à part entière, une cuisine gourmande et conviviale a été imaginée par l’équipe de Sébastien Ripari, son chef Vincent Sitz mais aussi le chef étoilé Éric Guérin de la Mare aux Oiseaux qui a accepté de signer quelques plats en revisitant sardines, maquereau et thon à l’image de « La Rencontre Insolite entre un canard et une Sardine » (le plat le plus cher à 15 €). Car sinon, on retrouve aussi une tartelette de maquereau à 8 €, le tajine de sardines à 11 € ou encore le risotto de thon à 12 €. À la Tablée, pas de service guindé ou de déco « artificielle », ce lieu vivant et authentique a voulu refléter l’esprit breton. C’est en toute discrétion que le cadre puise dans l’histoire familiale et renvoie à ces notions de partage et de convivialité si chères à la famille fondatrice. La table d’hôtes centrale en est l’illustration tout comme le discours de marque directement inspiré du territoire narratif de la Conserverie. Résultat : le décor semble avoir toujours été là avec ses clichés empruntés à l’album de famille, ses clins d’œil discrets à l’entreprise comme ces plaques d’acier « imprimées » avant embossage pour fabriquer les boîtes de conserve, reprises en format tableaux, ces inserts dans les tables, clins d’œil aux codes de la marque mais aussi toute une somme de petits détails qui inscrivent le lieu dans sa région.
Si tous reconnaissent avoir réussi ce pari fou de faire sortir la belle-iloise de sa boîte dans le respect de ses valeurs, faut-il encore que les clients adhèrent ce principe plutôt novateur et évolutif de la Tablée. Caroline ne cache pas sa volonté d’amarrer l’enseigne à d’autres grandes villes françaises si le succès de début se confirme.
En chiffres
50 places assises + 15 à venir en terrasse?
93 m² de surface?
13-15 € de TM le midi, 30-35 € le soir?9 collaborateurs
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