Entre boucherie et resto

PERSILLE

Après 13 mois de maturation, David Lebreton et Maxence de Warren l'ont enfin ouvert leur lieu hybride au carrefour de la boucherie de quartier et du restaurant. Les deux entrepreneurs livrent leur grille de lecture d'un commerce de proximité appelé à se renouveler dont l'avenir passe forcément par une forme de restauration. 

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Reportage en images

Toutes les preuves en images du concept, de la cuisine à l'espace préparations, mais aussi, les produits emblématiques de l'enseigne. Vous ne ratez rien de l'innovation.

  • Hampe
  • Mijoté
  • Burger
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Marketing et management

Décryptage du concept sous une vision marketing : Plats signatures, les offres, le parti-pris ambiance, le parti-pris service, le monitoring client et les réseaux sociaux utilisés.

L'HISTOIRE

Et si le futur de la boucherie passait par de nouveaux codes dont ceux du libre-service et de la restauration ! C’est en tout cas l’avis de David Lebreton et de Maxence de Warren qui ont inauguré Persillé, un lieu d’un nouveau genre au 66, rue du Chevaleret, dans le quartier de la grande bibliothèque à Paris. Pour les deux jeunes trentenaires ingénieurs agro, le constat était clair : face à la crise de vocation dans la branche, des consommateurs de plus en plus pressés et l’hégémonie de la grande distribution qui siphonne les candidats sortis d’école, il y a urgence à réinventer le boucher de quartier condamné à s’éteindre s’il ne se remet pas en cause. Un paradoxe à l’heure où les Français, s’ils mangent globalement moins de viande, lui consacrent tout de même 20 % de leur budget alimentaire et sont de plus en plus demandeurs de qualité à l’origine tracée. Aussi, ont-ils l’idée de mettre en commun leurs compétences pour imaginer ce qui pourrait être la boucherie urbaine de demain à mi-chemin avec un restaurant. À chacun son savoir-faire, Maxence est l’expert viande du binôme après un parcours d’acheteur, David est le pro de la restauration rapide avec 4 années chez Quick au développement produits.

Changer de posture

Leur parti pris, plutôt rupturiste, a été de bousculer les marqueurs de la boucherie classique en transformant l’étal horizontal du boucher caractérisé par des pièces de viandes brutes à découper par un étal vertical, une vitrine garnie de morceaux déjà piécées sous vide, grammés, bruts ou préparés et tarifés. « À toute heure, les clients, qu’ils soient solo, en couple ou en famille, retrouvent toutes les pièces du boucher dans différents grammages, avec une DLC de 12 jours », expliquent-les deux « restobouchers » qui ont érigé la qualité comme règle de base en s’appuyant sur 3 engagements : le 100 % origine France, l’élevage de plein air (porc fermier d’Auvergne…) et l’absence d’intermédiaires avec des approvisionnements en direct des éleveurs. « Avec un maximum de produits labellisés, nous voulons rassurer un client tout en leur apportant un service ». L’offre se distingue par la largeur et la profondeur de gamme pour toucher le plus grand nombre. Pour compenser le côté « aseptisé » des vitrines en inox et rappeler les codes identitaires du boucher, David et Maxence sous les conseils de l’agence Like Design ont scénarisé l’endroit : faïence blanche pour habiller le comptoir, porte de chambre froide traditionnelle en bois pour accéder aux sanitaires, parquet au sol, billots de boucher qui servent de table à l’intérieur ou encore la rôtisserie extérieure pour cuire des volailles. La fonction restauration est quant à elle suggérée par quelques détails comme les pieds de table bistrot tandis que la cuisine, par manque de place de plain-pied, a été implantée au sous-sol ouverte sur quelques tables. Un rideau transparent, façon chambre froide les sépare pour rester transparent sur la fabrication maison du chef Alexandre Gouiffes.

 

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L'OFFRE ET LA CARTE

Leur carte de restauration justement, ils l’ont souhaitée ouverte pour plaire à tous. Astucieusement, ils ont résolu le casse-tête du menu-board avec un système façon damier qui le rend très lisible : en abscisse les viandes (bœuf, volaille, agneau et porc), en ordonné la façon de le présenter : mijoté, sur le pouce, sélection, brochette… avec l’offre proposée à la croisée « Le mijoté est une formule intéressante que notre chef met aussi à profit pour cuisinier des viandes courtes en DLC. Ça évite le coulage et permet de faire tourner les produits ». Partis confiants et convaincus que le métier doit se renouveler, nos deux entrepreneurs ne comptent pas s’arrêter là et voient dans ce concept bicéphale, peut-être le salut pour la profession qui doit se diversifier, se réinventer en captant d’autres clientèles à d’autres moments de la journée. 

 

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EN CHIFFRES

200 k€ d’investissement hors fonds qu’ils ont créé

155 m² dont 80 m² en sous-sol

75 places assises dont 30 en terrasse et 20 au sous-sol

3 personnes dont les 2 créateurs

15 € de TM

 

 

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A NOTRE AVIS

On a aimé

  • La mixité des activités
  • Le professionnalisme des deux jeunes entrepreneurs
  • La présence d’un chef dans une cuisine ouverte en sous-sol
  • La qualité et la fraîcheur des burgers et plats du jour
  • La grande variété des viandes grammées, parées, voire préparées
  • Les mijotés qui permettent de travailler les produits courts en DLC

On aurait aimé

  • La fabrication aux yeux des clients près du comptoir
  • Plus de pièces de viandes brutes au comptoir

 

 

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