Après avoir tracé le sillon de la tendance food-truck avec le Camion qui Fume, Kristin Frederick a relevé le défi d’en faire autant avec la cuisine chinoise à Paris. Associée à Arnaud Hadida elle vient d’ouvrir Huabu, sa street cantine asiate au 67 rue du Faubourg Poissonnière.
Toutes les preuves en images du concept, de la cuisine à l'espace préparations, mais aussi, les produits emblématiques de l'enseigne. Vous ne ratez rien de l'innovation.
Décryptage du concept sous une vision marketing : Plats signatures, les offres, le parti-pris ambiance, le parti-pris service, le monitoring client et les réseaux sociaux utilisés.
« La cuisine chinoise doit sortir de l’image du traiteur chinois banalisée, réductrice et synonyme de qualité aléatoire pour se révéler telle qu’elle est vraiment, très riche », explique Kristin Frederick, la plus parisienne des Californiennes. Élevée par un beau-père chinois à Los Angeles, celle qui a réhabilité la cuisine de rue et qui a été formée à l’école Ferrandi pour devenir « cuisinière », veut aujourd’hui redonner ses lettres de noblesse à la vraie culture alimentaire du pays du milieu, clairement méconnue en France et privée d’expression en dehors de certains milieux avertis. D’où l’idée, comme elle l’a fait en 2012 avec le Street food, de lui redonner de la voix. En la codifiant sous le nom de Huabu qui signifie Chinatown en mandarin, elle entonne les paroles d’une cuisine qu’elle a souhaité authentique même si légèrement revisitée à la sauce européenne pour en faire demain elle l’espère, un tube à plusieurs exemplaires.
Contrairement à des chaînes internationales thématisées « Chinesefood » de type « Panda Express » aux US, Huabu a opté pour la transparence et la proximité, un esprit cantine qu’on ressent bien en entrant dans un décor de bois brut. Les produits frais du jour sont certes préparés et taillés en amont du service dans un petit labo au sous-sol, mais ils sont en revanche cuisinés le jour même à la minute face aux clients dans des wok à gaz par une équipe asiatique « qui maîtrise parfaitement la technique de la cuisine au wok et la gestion du service qui doit être rapide au déjeuner », explique Kristin. Volontairement, l’offre est courte pour jouer sur la fraîcheur : 4 entrées « en extra », 5 plats et 3 desserts. Pour le plat, il suffit de choisir sa base soit du riz sauté aux légumes soit des nouilles sautées auxquels est ajoutée la protéine qui peut être une recette à base de porc, de bœuf, de poulet, de poisson ou du tufu. Elles ont été choisies parmi les best-off de la cuisine chinoise dont le bœuf Gai Lan aux brocolis chinois, le porc Beng bang, le poulet général Tso ou Kung Pao, ou encore Tofu Douchi. Pour les entrées, la saveur des wontons vendus par 3, la soupe Sichuan sont aussi surprenantes que la légèreté du Baozi, cette brioche farcie au porc et poulet cuite à la vapeur ou encore le chou huabu servi en dessert. Et pour accompagner le tout, le bar à thés propose une dizaine de variétés, à moins que le choix ne se porte sur la bière Tsing Tao.
Un menu pour rassurer
Krisitin et son associé ont certes voulu conduire les Français sur le chemin du grand timonier, mais sans négliger les habitudes locales en packageant leur offre autour de deux formules, le bol huabu à 9,80 € avec une base. Il est à 11,70 € avec boisson. Pour donner plus de visibilité aux plats, ils sont servis, non pas dans des box comme traditionnellement aux US mais dans une vaisselle « écolo » de type bol en pulpe de canne fermé d’un couvercle. « Cette ouverture et cette transparence permettent de bien voir les produits », insiste Kristin pour qui la qualité et la fraîcheur sont les maîtres mots de ce nouveau concept dont les performances dépassent déjà largement les objectifs. Si bien que les créateurs sont déjà à la recherche d’un second emplacement. Paul Fedèle
150 k€ d’investissement
80 m² de TM
32 places assises
12 € de TM
6 salariés
700 k€ de CA prévisionnel
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