Le tsunami burger aurait presque fait oublier que la France reste le pays du sandwich baguette. Une revendication que Matthieu Babinet et Guillaume de Murard ont souhaité porter haut et fort en consacrant un lieu 100 % au sandwich Gourmet fabriqué à la commande et qu’ils ont installé au 68, rue Lafayette à Paris.
Toutes les preuves en images du concept, de la cuisine à l'espace préparations, mais aussi, les produits emblématiques de l'enseigne. Vous ne ratez rien de l'innovation.
Décryptage du concept sous une vision marketing : Plats signatures, les offres, le parti-pris ambiance, le parti-pris service, le monitoring client et les réseaux sociaux utilisés.
Et si on revenait à l’essence même d’un bon sandwich avec du bon pain garni de bons produits et assemblé à la minute tout simplement. C’est en tout cas le sens du projet porté par Matthieu Babinet et Guillaume de Murard, deux amis d’enfance qui ont souhaité réhabiliter le sandwich baguette. « On rencontre trop souvent des produits à la qualité aléatoire, fabriqués tôt le matin et stockés pendant plusieurs heures au froid à 4 °C dans une vitrine. De quoi les assécher et les ramollir », explique Matthieu qui avec son associé a décidé de revenir à l’essence même du sandwich trop souvent banalisé pour faire de ce repas sur le pouce fonctionnel, un vrai moment plaisir.
En direct des producteurs
C’est une reconversion pour les deux compères. Matthieu a passé plus de 10 ans au sein d’une foncière dans le développement de centres commerciaux et Guillaume a sévi dans le conseil en ressources humaines. Leur projet s’est attaché à tout miser sur la qualité du produit : un pain baguette acheté chez le boulanger Landemaine et des ingrédients, viandes, charcuteries, fromages, produits laitiers, légumes, fruits et condiments en provenance directe des producteurs qu’ils ont sélectionnés un par un. Avec chacun, ils ont souhaité nouer une vraie relation pour associer à chaque aliment servi, une vraie histoire. Le jambon cru de montagne IGP provient par exemple de chez Lacaume, l’emmental de la fruitière savoyarde de chez Masson, le beurre de Pamplie de Toitou en Charentes, les fruits et légumes, sont issus de l’agriculture raisonnée… Et pour aider à s’y retrouver, chaque produit a son nom et/ou sa provenance épinglés à une grande carte de la France suspendue dans le restaurant.
Signifiant poitevin, Picto est un clin d’œil aux racines des deux fondateurs « c’est aussi une marque qu’on retient facilement comme un nom propre », indique Matthieu qui lui a néanmoins associé en façade la signature « sandwicherie artisanale » pour mieux poser la thématique du lieu. Car en vitrine pas le moindre sandwich présenté mais seulement des produits bruts exposés comme chez un artisan pour mieux rappeler l’origine de chaque garniture : une meule de fromage, une grosse pièce de charcuterie, une motte de beurre… jusqu’au panier avec des baguettes comme chez le boulanger. Normal, les sandwichs ne sont pas fabriqués à l’avance mais à la commande à partir d’ingrédients bruts ou cuisinés à l’avance et stockés dans une saladette. Au choix, on peut commander des « sandwiches comptoir » proposés entre 3,80 € et 5,80 € (entre 6 € et 9,30 € en formule menu) qui sont des classiques des zincs parisiens comme l’Emmental, le Rillettes, le Saucisson, le Mixte, l’Auvergnat ou encore le fameux Parisien avec jambon à l’os et son beurre aux cornichons. De l’autre, on trouve les « sandwiches Saison » composés à partir de recettes de chef avec fruits et légumes du mois dans un pain tradition (5,80 €) dont deux servis avec une garniture chaude comme « l’Œuf » qui est une omelette aux herbes avec poêlée de champignons et beurre noisette ou le « Poulet » avec cuisse de poulet fermier rôti, mayonnaise maison et chips de carotte. Des recettes toutes composées par un cuisinier de métier Mélinée Alavoine qui a travaillé notamment dans les brasseries Paul Bocuse et au Café Opéra. C’est dans le laboratoire au sous-sol, qu’elle fabrique aussi quotidiennement les salades, soupes et desserts maison réalisés toujours avec des fruits et légumes de saison.
Avec plus de 2 milliards de sandwichs consommés en France et un goût prononcé des Français pour ce classique du snacking hexagonal, Guillaume et Matthieu comptent bien démontrer que le sandwich est lui aussi prêt pour sa mutation. Et qu’ils ne comptent pas s’arrêter là.
175 k€ d’investissement
90 m² dont 45 m² de laboratoire
12 places + 8 en terrasse
8,50 € de TM
5,5 personnes dont les fondateurs
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